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Selon des experts, la mécanisation de l'agriculture en Afrique peut accroître la productivité et rendre l’emploi rural plus attrayant, assurant ainsi la croissance sur le continent et la réduction de la pauvreté.

Dans un rapport lancé au Malawi au mois de juillet dernier, les experts ont examiné sept pays - l'Éthiopie, le Mali, le Malawi, le Maroc, le Rwanda, la Tanzanie et la Zambie - à l'avant-garde de la mécanisation et comment leurs succès peuvent être reproduits ailleurs, Afrique.
Le rapport a été publié par le Panel Malabo Montpellier, un groupe de 17 experts en agriculture.

"L'Afrique est la région avec le système agricole le moins mécanisé au monde", indique le rapport. "Les agriculteurs africains disposent de dix fois moins d’outils mécanisés par exploitation que les agriculteurs d’autres régions en développement".

“Ce rapport fournit des preuves nécessaires pour façonner des stratégies réussies en matière de mécanisation et de partage d'expériences dans le contexte africain.”

Noble Banadda, Université de Makerere

Selon le rapport, les sept pays sélectionnés pour les études de cas avaient des taux de croissance annuels moyens de machinerie agricole allant de 2,73 à 3,12, alors que leurs taux de production agricole annuels moyens variaient de 4 à 8,5 entre 2005 et 2014.

Le gouvernement marocain dispose d'un département d'agronomie et de machines agricoles qui conçoit et développe des machines et des outils destinés aux agriculteurs marocains, tandis que le Rwanda dispose, entre autres, de centres de services de mécanisation à l'échelle du village, gérés par le gouvernement.

Noble Banadda, membre du panel et président du département d'ingénierie agricole et des biosystèmes de l'université de Makerere en Ouganda, a déclaré à SciDev.Net que plus de 70% de la population africaine vit avec moins de US$ 2 dollars (1131 Francs CFA) par jour, avec un taux de chômage élevé.

Le rapport formule sept recommandations, notamment la nécessité d’inclure les stratégies nationales d’investissement en matière de mécanisation agricole dans les plans nationaux de développement agricole, de concevoir des mécanismes de mécanisation socialement et politiquement viables et de donner priorité à la mécanisation de toute la chaîne de valeur agricole.

"Le Panel Malabo Montpellier cherche à fournir des recommandations concrètes aux décideurs africains sur la mécanisation agricole", a déclaré Noble Banadda. "Ce rapport fournit des preuves nécessaires pour façonner des stratégies réussies en matière de mécanisation et de partage d'expériences, dans le contexte africain."

Les experts ont examiné les politiques, les changements institutionnels et les interventions programmatiques de ces pays, ainsi que leur impact probable sur les chaînes de valeur alimentaires.

Selon Noble Banadda, la mécanisation est nécessaire, tout au long de la chaîne de valeur, y compris lors des étapes de la production, de la manutention après récolte, de la transformation, du transport et de la commercialisation.

"Les technologies rendent ces étapes plus efficaces et lucratives, en particulier pour les jeunes", note-t-il.

Noble Banadda ajoute que la mécanisation ne doit pas remplacer la main-d'œuvre mais peut fournir des millions d'emplois dans les secteurs de la transformation, de l'emballage, du marketing et du transport.

"De plus en plus d’Africains peuvent être employés sur le marché de l'alimentation", explique-t-il, évoquant la possibilité d’apporter une valeur ajoutée à l’Afrique, par exemple en transformant le cacao en chocolat ou le maïs en céréales.

Selon l'expert, la mécanisation de l’agriculture pour la rendre plus lucrative et à la pointe de la technologie encouragerait les jeunes à occuper des emplois agricoles. "Les start-ups et les développeurs d'applications tels que Hello Tractor, qui relie les propriétaires de tracteurs aux agriculteurs [nigérians], en sont un excellent exemple."

Nuhu Hatibu, chef des opérations régionales pour la Tanzanie, le Rwanda et l’Ouganda à l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, a pour sa part, déclaré qu’il était grand temps que l’Afrique mécanise l’agriculture pour réduire la pauvreté.

Selon lui, le continent doit adapter les technologies déjà existantes, telles que les petits moteurs abordables, pouvant fonctionner avec de l’énergie solaire et les rendre susceptibles d'être utilisés par les petits exploitants, au lieu d’utiliser des technologies coûteuses.

"Les planificateurs n'ont pas besoin d'être paralysés par les échecs passés et ils devraient demander des licences pour soutenir l'adaptation, renforcer les capacités locales et mécaniser l'ensemble de la chaîne de valeur agricole, y compris la valeur ajoutée des produits agricoles".

Références

Mécanisation : Transformer les chaînes de valeur de l’agriculture en Afrique (Panel Malabo Montpellier, 2018)