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Les scientifiques ont cartographié la propagation d'un arbre exotique envahissant et dévastateur dans la région de l'Afar du nord-est de l'Éthiopie.
 
Selon les chercheurs auteurs de la cartographie de l'arbre, appelé Prosopis juliflora, cette étude permettra d'identifier des stratégies de lutte telles que la gestion des impacts négatifs sur les petits exploitants dont les terres sont colonisées et rendues improductives par l'arbre.
 
L’Union internationale pour la conservation de la nature a classé cet arbre parmi les 100 espèces les moins recherchées au monde.
 
« Les pâturages sont envahis par l’invasion de l’arbre et les moyens de subsistance pastoraux sont énormément touchés », a déclaré Hailu Shiferaw, auteur principal de l'étude et doctorant au Centre de l'eau et des ressources foncières de l'Université d'Addis-Abeba, en Éthiopie.

“Les pâturages sont envahis par l’invasion de l’arbre. Les moyens de subsistance pastoraux sont énormément touchés.”

Hailu Shiferaw, Centre de l'eau et des ressources foncières

Hailu Shiferaw ajoute que cet arbre est originaire d’Amérique latine et a été importé en Éthiopie dans les années 1970 et 1980, mais l’invasion a commencé au début des années 1990.
 
Des chercheurs d'institutions comme l'Université de l'agriculture et des ressources naturelles du Botswana et le Centre pour l'agriculture et les Biosciences Internationales (CABI, l'organisation mère de SciDev.Net) ont cartographié la propagation de l'arbre, en sélectionnant des échantillons de 2.722 parcelles de terrain dans la région de l'Afar de l'Éthiopie, à partir de septembre 2016, jusqu'en mars 2017.
 
Environ 30% des parcelles accueillaient cet arbre et 80% avaient été échantillonnées de manière aléatoire.
 
Les chercheurs ont recouru à une technique statistique pour générer un nombre arbitraire de plantes et ont évalué les facteurs contribuant à augmenter la distribution de l'arbre depuis son introduction.
 
Les conclusions publiées dans la revue Scientific Reports au début de ce mois (7 février) montrent que l'arbre a envahi environ un million d'hectares de terres dans la région de l'Afar, en Éthiopie dans les 35 années qui ont suivi son introduction, et remplace rapidement de nombreuses espèces de plantes indigènes, notamment les graminées et les terres arbustives.
 
« Notre étude suggère que parmi les variables incluses dans l'analyse, les cours d'eau, les réseaux routiers et les environs des villages sont les principaux facteurs de l'invasion de Prosopis juliflora dans la région de l'Afar », ajoute l'étude.
 
Hailu Shiferaw explique que les mouvements de personnes, de biens et de bétail en plus des fleuves et des inondations, aident à transporter les graines de l’arbre vers de nouvelles régions.
 
L’arbre se trouve dans d’autres pays africains tels que Djibouti, l’Érythrée, le Kenya, la Somalie, l’Afrique du Sud et la Tanzanie. Il s’agit d’une question intersectorielle pour l’environnement et les moyens de subsistance en milieu rural.
 
« Cela implique qu'à l'avenir et même aujourd'hui, cet arbre envahissant aura un impact négatif sur les moyens de subsistance dans les basses terres », explique-t-il.
 
« Par exemple, environ 60% de la masse continentale de l'Afrique est constituée de terres arides et est donc susceptible de subir cette invasion dans un avenir proche, à moins que des mesures préventives ne soient prises avec la collaboration de plusieurs pays. »
 
Selon Hailu Shiferaw, empêcher l'extension des terres envahies et mettre en place une stratégie de réponse constituent des stratégies de gestion urgentes.
 
Michael Olendo, expert maritime et en matière de changement climatique à l'Initiative de renforcement des capacités pour la transparence (Kenya), explique que la cartographie de cette plante nuisible en Éthiopie met en évidence le problème et fournit les preuves empiriques permettant de déplacer la conversation vers le public et les décideurs.
 
« Les pays africains doivent s’attaquer sérieusement à la propagation des espèces envahissantes. Cela ne devrait pas être une préoccupation marginale », dit-il.
 
« Si la question n'est pas bien gérée, elle constitue une menace plus grave en termes de sécurité alimentaire et de santé humaine. Ils peuvent détruire de manière irrévocable les écosystèmes et les moyens de subsistance. »

Références

Hailu Shiferaw et autres - Modélisation de la couverture fractionnelle actuelle d'une plante exotique envahissante et des facteurs de son invasion dans un écosystème de terres arides (Scientific Reports, 7 Février 2019).