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L’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) du Gabon a décidé de procéder au marquage des éléphants par des colliers GPS [1], afin de renforcer la lutte contre le braconnage.
 
Les équipes de l’Agence vont ainsi parcourir la forêt équatoriale pendant 45 jours, avec une moyenne de 20 kilomètres par jour, pour fixer sur les pachydermes un collier GPS de 14 kilogrammes, tout en prélevant des indices morphologiques.
 
Pour l’ANPN, qui fonde des espoirs sur la réussite de ce projet, les braconniers auront désormais plus de difficultés pour capturer et abattre les éléphants.

“Avec ce collier GPS, on reçoit un pointage toutes les heures sur la position réelle des éléphants.”

Parfait Ndong

"Le centre d’opérations nous permet d’être en contact avec les équipes sur le terrain, de suivre les déplacements et les mouvements des éléphants", explique Parfait Ndong, ingénieur géomatique [2] au centre d’observation de la cellule scientifique de l’ANPN, à Libreville.
 
C’est en effet dans la capitale gabonaise, précisément dans le centre d’observations de l’ANPN, que les experts reçoivent les images satellites des éléphants en forêt.
 

Des agents de l'ANPN vérifiant le système de surveillance des éléphants




Les pachydermes marqués au GPS sont ainsi surveillés nuit et jour. Le centre d’observation reçoit également des informations sur le parcours, le rythme de déplacement, les zones habituelles d’alimentation, les habitudes et les attitudes des animaux.
 
Ce dispositif permet aussi d’avoir une connaissance précise des migrations saisonnières des bêtes ; et à partir de leur utilisation du territoire, les experts vont mettre en place des stratégies de surveillance adaptées pour mieux les protéger.
 
"Avec ce collier GPS, on reçoit un pointage toutes les heures sur la position réelle des éléphants", souligne Parfait Ndong.

Alertes

L'ingénieur gabonais ajoute que grâce au GPS, des alertes sont déclenchées chaque fois qu’un éléphant s’approche d’une habitation ou se retrouve face à un corps étranger, à l’instar d’un braconnier.
 
A en croire les explications de l’ANPN, cette alerte change de résonnance si le pachyderme reste longtemps immobile, ce qui met en mouvement les équipes de terrain "qui ne sont jamais très éloignées des bêtes en mouvement, de jour comme de nuit".
 
"En cas de cessation de mouvement du pachyderme, tracé à partir du GPS, une alerte est donnée au centre des opérations de l’ANPN à Libreville qui met aussitôt en mouvement les brigades afin de traquer les braconniers", précise Parfait Ndong.
 
Cette technologie nouvelle au Gabon permettra, selon l’ANPN, de lutter contre la grande criminalité faunique qui a fait beaucoup de dommages dans le pays.
 
"On s’est rendu compte qu’il y avait une pression de plus en plus forte sur les éléphants, notamment des pays asiatiques comme la Thaïlande, le Vietnam et la Chine, ce qui a causé la disparition d'un nombre d'éléphants estimé entre 10.000 et 15.000 dans le parc de Minkebe. C’est énorme par rapport à la population globale de cette espèce au Gabon", explique Jean-Baptiste Squarcini, chef du "Projet éléphants" à l’ANPN.
 

Trafic d'ivoire

D’après une étude publiée en 2017 dans la revue Current Biology, le Gabon, de manière globale, a perdu 25.000 éléphants entre 2004 et 2014.
 
Au parc naturel de Minkebe situé dans le Nord-ouest et qui possède l’une des colonies les plus importantes d’éléphants de forêt du pays, on estime à 15.000 le nombre de bêtes en moins.
 
Selon les autorités, cette situation est le fait de l’action des populations riveraines, victimes de la destruction de leurs plantations, et surtout des braconniers.
 
D’où la décision des autorités d’accentuer la lutte contre le braconnage et notamment le trafic de l’ivoire.
 
Piloté par la direction générale de la faune et des aires protégées, le projet de lutte contre la grande criminalité faunique par le système GPS est réalisé en partenariat avec l’Agence française de développement.

Références

[1] Global positioning System [Système mondial de positionnement, Géopositionnement par satellite].
[2] Le terme géomatique est une combinaison du mot grec Géo signifiant terre et matique venant d'informatique. Il désigne un domaine faisant appel aux technologies de l'information, aux technologies de mesure de la terre et aux sciences facilitant l'acquisition, le traitement et la diffusion des données sur le territoire.

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