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Selon une étude, les grands barrages qui devraient être achevés en 2030 en Afrique orientale et australe pourraient accroître le risque de perturbation de l'approvisionnement en électricité, du fait qu'ils seront concentrés dans des zones présentant des régimes pluviométriques semblables et vulnérables aux sécheresses.

L'étude, publiée dans le journal Nature Energy le mois dernier (8 décembre) montre que les barrages hydro-électriques couvrent une quantité importante et croissante de la production d'électricité dans les deux sous-régions.

"D'ici à 2030, 70% et 59% des capacités totales en énergie hydro-électrique seront situées dans un groupe de variabilité des précipitations en Afrique de l'Est et en Afrique australe, respectivement", notent les chercheurs.

Selon Declan Conway, auteur principal de l'étude et chercheur au Grantham Research Institute de la London School of Economics, les barrages hydro-électriques contribuent à hauteur de 90% à la production nationale d'électricité en Éthiopie, au Malawi, au Mozambique, en Namibie et en Zambie. L'expert évoque en particulier de nouveaux barrages commandés au cours de la dernière décennie, y compris le barrage de la Renaissance, sur le Nil Bleu.
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Credit: Nature Energy
Declan Conway ajoute que les chercheurs se sont "concentrés sur les barrages hydro-électriques parce que c'est une composante majeure de la production d'électricité dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne et parce que nous avions appris de manière anecdotique que plusieurs sécheresses avaient perturbé l'approvisionnement en électricité avec des conséquences sociales et économiques majeures."

Les chercheurs ont utilisé des données pluviométriques basées sur des mesures avec des pluviomètres et ont complété les résultats par des estimations satellitaires.

"Nous avons utilisé une technique statistique appelée analyse par grappes pour regrouper les zones ayant une variabilité pluviométrique similaire pour la période de 1956 à 2011", explique Declan Conway. "Nous avons trouvé trois modèles de précipitations différents (grappes) en Afrique de l'Est et sept en Afrique australe."

Ils ont constaté que les régimes de précipitations en Afrique orientale et australe sont susceptibles de devenir plus variables en raison du changement climatique. "Les débits des cours d'eau et l'eau stockée dans les réservoirs entraînent la production d'électricité et sont très sensibles aux fluctuations des précipitations, de sorte que le changement climatique risque d'exacerber les problèmes d'approvisionnement en électricité", poursuit Declan Conway.




D'après le chercheur, l'Afrique subsaharienne a connu un regain d'intérêt pour les barrages hydro-électriques après une interruption dans les années 1980 et 1990: "De nombreux pays ont été capables d'autofinancer des projets", explique-t-il encore, citant le financement et l'expertise de la Chine en tant que facteur facilitateur.

Mais les effets d'entraînement des délestages sont nombreux et pourraient avoir des conséquences sur les services, les entreprises et l'activité économique dans toute la société.

Alors que les mécanismes régionaux de partage de l'énergie connus sous le nom de "Power Pools" pourraient fournir un moyen d'amortir les variations du débit ou du stockage des réservoirs par le biais du négoce d'électricité, le commerce énergétique est limité dans les deux régions.

Il existe d'importants défis infrastructurels et politiques à ces systèmes de partage d'électricité. Le sous-investissement, les défaillances des monopoles d'État conduisant à l'inefficacité, le faible dynamisme technologique et les mauvaises prestations de services sont des caractéristiques des services d'électricité dans de nombreux pays africains.

"Des lignes directrices pour incorporer les risques climatiques dans la planification des infrastructures émergent maintenant. [Lors de la planification de la construction de barrages], les décideurs devraient prendre en compte l'emplacement des barrages et des régimes pluviométriques, et l'effet des variations de précipitation sur l'approvisionnement en électricité d'origine hydrique", explique-t-il à SciDev.Net.

"Nous nous sommes concentrés sur les barrages hydro-électriques parce que c'est une composante majeure de la capacité de production d'électricité dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne."

Declan Conway, London School of Economics

Elikana Kalumanga, experte en gestion des ressources naturelles à l'Institut pour l'Evaluation des Ressources de l'Université de Dar es-Salaam en Tanzanie, estime pour sa part que la plupart des centrales hydro-électriques d'Afrique orientale et australe dépendent largement de l'existence de montagnes boisées.

"Les sécheresses persistantes et extrêmes posent déjà un défi à la fourniture d'eau adéquate pour la production d'énergie hydro-électrique et, partant, à la fourniture fiable d'électricité", explique Elikana Kalumanga.

"L'engagement multipartite et les processus de collaboration sont nécessaires pour sauvegarder les bassins hydrographiques et maintenir les flux d'eau nécessaires pour produire de l'électricité à partir de diverses centrales hydro-électriques."

Elikana Kalumanga appelle à évaluer la contribution potentielle des barrages hydro-électriques aux objectifs de développement durable, tout en assurant la sécurité de l'eau utilisée pour les faire fonctionner.

Cet article a été rédigé par le desk Afrique anglophone de SciDev.Net

Références

Conway et autres - Hydropower plans in eastern and southern Africa increase risk of concurrent climate-related electricity supply disruption (Nature Energy, 8 décembre 2017).