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Un rapport de l'ONU prévient que la dégradation de l'environnement, due à des facteurs tels que l'urbanisation, la croissance démographique rapide, le développement économique et les transports, en particulier dans les pays du Sud, pourrait avoir de graves conséquences sur la santé de la population.
 
Le rapport met en garde contre le fait que des villes et des régions d'Afrique, d'Asie et du Moyen-Orient pourraient connaître des millions de décès prématurés d'ici le milieu du siècle et que les polluants présents dans les systèmes d'eau douce pourraient faire de la résistance antimicrobienne une cause majeure de mortalité d'ici à 2050, à l'échelle mondiale.

“La planète devient de plus en plus malsaine et le sud de la planète est le plus touché, en particulier par la pollution atmosphérique.”

Joyeeta Gupta, Institut d'Amsterdam pour la recherche en sciences sociales - Université d'Amsterdam

Les scientifiques et les experts auteurs du sixième rapport sur les perspectives mondiales en matière d'environnement, publié lors de l'Assemblée des Nations Unies pour l'environnement (11-15 mars) à Nairobi, appellent à des actions urgentes pour réduire la dégradation des sols et la pollution atmosphérique, freiner la perte de biodiversité, lutter contre les changements climatiques, améliorer la gestion de l'eau, prévenir et gérer les catastrophes.
 
« Celles-ci ont besoin de politiques solides, efficaces et intégrant des solutions telles que l’amélioration de la gestion des ressources », estime Paul Ekins, co-président du groupe de travail du rapport.
 
Selon le chercheur, une volonté politique plus forte de mettre en œuvre des politiques respectueuses de l'environnement telles que l'utilisation d'énergies renouvelables est essentielle pour préserver la santé de la population.
 
Le rapport, publié par le Programme des Nations Unies pour l'environnement, demande aux pays de limiter les facteurs de durabilité potentiellement négatifs de la population, du développement économique et du changement climatique.
 
Selon le document, rédigé par plus de 250 scientifiques et experts de plus de 70 pays du monde, la croissance démographique sera la plus élevée dans les pays très pauvres et comportera des inégalités dans l'accès à l'éducation et aux droits en matière de procréation sexuelle.
 
Les pays à faible empreinte carbone par habitant connaîtront également une croissance démographique accrue.
 
« Il est donc impératif d’assister à la manière dont les dynamiques de population clés telles que l’infertilité, le vieillissement de la population et les inégalités de genre interagissent et ont un impact sur la durabilité de l’environnement », indiquent les auteurs.
 
Toujours d'après le document, près de 90% de l'urbanisation aura pour théâtre l'Afrique et l'Asie, mais de graves problèmes environnementaux tels que les inondations, l'accès à une eau salubre et à l'assainissement restent irrésolus et menacent la santé des personnes.
 
Cependant, les chercheurs affirment qu'une urbanisation rapide, si elle est bien planifiée et gérée, pourrait être une opportunité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, grâce à un plan idoine pour éviter les inondations et à une gestion appropriée des déchets.
 
Ils estiment aussi que les activités de développement économique, telles que le commerce international de biens, représentent plus de 30% des émissions de carbone dans le monde.
 
« La planète devient de plus en plus malsaine et le sud de la planète est le plus touché, en particulier par la pollution atmosphérique », a déclaré Joyeeta Gupta, coprésidente du rapport et professeur en environnement et développement à l'institut de recherche en sciences sociales d'Amsterdam, une entité de l'université d'Amsterdam.
 
Dans une interview avec SciDev.Net, Joyeeta Gupta a déclaré que la santé était une question transversale qui nécessitait des mesures dans de nombreux domaines, notamment l'urbanisation et la croissance rapide de la population en Afrique et en Asie.
 
Selon elle, les solutions en matière de gestion et de réduction du gaspillage alimentaire devraient être améliorées, faute de quoi 9% des émissions de gaz à effet de serre pourraient en découler.
 
Elle ajoute que les données environnementales manquantes en matière de santé devraient être corrigées pour faciliter la prise de décision.
 
Selon elle, environ 100.000 produits chimiques utilisés aujourd'hui n'ont pas été analysés en ce qui concerne les impacts sur l'environnement, mais ils pourraient toutefois nuire à la santé des personnes.
 
La directrice exécutive par intérim d’ONU Environnement, Joyce Msuya, a pour sa part déclaré qu’il était nécessaire de garantir une gestion appropriée des déchets et un accès à une énergie propre pour tous.
 
« Si nous investissons dans la santé de la planète, nous accordons la priorité à la santé de la population », a déclaré Joyce Msuya.
 
La responsable onusienne conseille par ailleurs aux pays de modéliser leur développement durable sur leurs problèmes environnementaux clés tels que le changement climatique, les énergies propres, le gaspillage alimentaire, l'urbanisation et les transports.
 
Pour sa part, Babajide Alo, professeur de chimie et consultant en environnement auprès des services de conseil de l'Université de Lagos, a déclaré qu'il était nécessaire d'intensifier les interactions entre scientifiques, chercheurs et décideurs, afin que les données de recherche puissent être utilisées pour éclairer la prise de décision afin de réduire le fardeau des maladies en Afrique.
 
« L’Afrique semble prendre du retard dans la gestion des déchets, en particulier des déchets chimiques, qui présentent des risques pour la santé de la population », a-t-il ajouté.