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Une plante aquatique dangereuse se propage sur des plans d'eau d'Afrique australe et pourrait bientôt affecter des services vitaux, tels que la pêche.

Selon des experts, la plante, connue sous le nom de grenouillette Limnobium laevigatum se répand sur les masses d'eau d'Afrique australe et a le potentiel d'envahir d'autres plantes et d'affecter la biodiversité.

Les plantes ou les animaux non indigènes - également appelés espèces exotiques envahissantes - sont susceptibles de menacer les moyens de subsistance des petits exploitants.

Par exemple, une étude évaluant l'impact économique de cinq espèces envahissantes sur les moyens de subsistance des petits exploitants de six pays africains, dont le Malawi et la Tanzanie, a estimé qu'elles pourraient entraîner des pertes économiques annuelles combinées d'environ 1 milliard de dollars américains.

« Les répercussions risquent d’être dévastatrices. Toute plante aquatique qui recouvre complètement la surface d'un plan d'eau pourrait avoir de graves conséquences sur le fonctionnement et l'utilisation des écosystèmes », déclare Philip Weyl, chercheur au Centre pour l'agriculture et les biosciences internationales (CABI, l'organisation mère de SciDev.Net).

“Cette plante ressemble beaucoup à la jacinthe d’eau et aura probablement des impacts négatifs sur la biodiversité : la pêche, le transport de l’eau, l’hydroélectricité et les loisirs.”

Philip Weyl, Centre pour l'agriculture internationale et les biosciences (CABI)

Dans une interview accordée à SciDev.Net Philip Weyl a ajouté que la grenouillette Limnobium laevigatum est une herbe dangereuse qu’il ne faut pas sous-estimer, car elle présente un taux de croissance rapide et une incroyable capacité de dispersion.

Selon le chercheur, en Afrique subsaharienne, elle a été détectée pour la première fois au Zimbabwe au début des années 2000, mais s’est depuis déplacée vers le lac Kariba, le long de la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe, et vers le Zambèze, le quatrième plus long fleuve d’Afrique, qui borde des pays comme l’Angola, le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe.

En septembre 2018, lors de travaux de terrain, Fritz Kleinschroth et ses collègues de l'École polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse, ont aperçu l'espèce dans les plaines de Kafue, une vaste zone de lagune ouverte et marécageuse située dans les provinces du sud, du centre et de Lusaka, en Zambie.

« Cette plante est très similaire à la jacinthe d’eau et aura probablement des impacts négatifs sur la biodiversité : pêche, transport de l’eau, hydroélectricité et loisirs », explique encore Philip Weyl.

« Elle est également susceptible de fournir un habitat à de nombreux organismes aquatiques porteurs de maladies, tels que les moustiques et les escargots », poursuit-il.

Selon le chercheur, il n'y a actuellement aucun programme de lutte biologique dans le monde pour la grenouillette Limnobium laevigatum.

« Nous devons évaluer la zone de peuplement indigène pour trouver des ennemis naturels qui soient sûrs et qui pourraient réguler la population de ces mauvaises herbes dans la zone envahie. Ce processus implique de nombreuses recherches scientifiques sur la biologie et l'écologie des ennemis naturels, afin de sélectionner un agent de contrôle biologique classique sûr et efficace destiné à être utilisé en Afrique », a déclaré Philip Weyl à SciDev.Net.

Bernard Ngoru, chercheur principal au Kenya Wildlife Service, a pour sa part déclaré que les scientifiques et les décideurs devaient s'unir et utiliser toutes les méthodes disponibles, y compris des approches biologiques, chimiques et mécaniques, pour lutter contre les espèces envahissantes.

« Les scientifiques fournissent les connaissances et l'expertise nécessaires à ces efforts, tout en sensibilisant le public, y compris les écoles et les collèges, aux impacts des espèces envahissantes », a-t-il déclaré à SciDev.Net.

Les recherches et l'examen des politiques doivent être un processus continu visant à soutenir le contrôle des espèces problématiques, ajoute Bernard Ngoru.
 
Cet article a été rédigé par le desk Afrique anglophone de SciDev.Net.

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