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Quatre nouvelles variétés de riz viennent d’être mises au point par des chercheurs de l’Institut national de l’environnement et de recherches agricoles (INERA) au Burkina Faso.
 
Fruit de travaux qui ont duré environ trois années, elles sont respectivement baptisées Orylux6, TS2, FKR60N et FKR62N.
 
D’après les chercheurs qui les ont développées, ces nouvelles variétés de riz se caractérisent d’une manière générale par un cycle de production plus court variant entre 100 et 120 jours et un meilleur rendement allant de 5 à 7 tonnes à l’hectare (ha). 

“Nous avons sélectionné ces variétés pendant trois ans pour obtenir aujourd’hui une lignée plus stable et beaucoup plus rentable en termes de productivité”

Edgard Traoré, généticien, INERA

De façon spécifique, l’Orylux6 produit 6 à 7 tonnes à l’hectare, entre 100 à 105 jours. Quant au TS2, il a un cycle de 120 jours pour un rendement de l’ordre de 7 tonnes à l’hectare. Pour sa part, le FKR60N a un cycle compris entre 100 à 105 jours avec un rendement de 5 à 6 tonnes par hectare. De son côté, le FKR62N produit 7 tonnes à l’hectare pour un cycle de 115 à 120 jours.
 
« Nous avons sélectionné ces variétés pendant trois ans pour obtenir aujourd’hui une lignée plus stable et beaucoup plus rentable en termes de productivité », confie Edgard Traoré, généticien et spécialiste en amélioration variétale du riz à l’INERA.
 
Ce dernier explique en outre que contrairement à d’autres variétés de riz cultivées dans le pays, la production de ces quatre nouvelles variétés ne nécessite pas beaucoup d’eau ; parce que « la source de la gêne est de type pluvial ».
 
Les chercheurs ont également voulu que ces nouvelles variétés apportent une réponse aux maladies du riz et aux aléas climatiques qui occasionnent des pertes de récoltes pour des milliers de producteurs.
 
C’est ainsi qu’elles sont résistantes aux maladies telles que à la panachure jaune, appelée couramment « le sida du riz » et la pyriculariose du riz, causée par un champignon.
 
Les travaux ont consisté à neutraliser ces pathologies à travers l’amélioration variétale depuis la pépinière pour que les plants ne soient pas infectés.
 

Pertes de récoltes

« Ces maladies peuvent occasionner des pertes de récolte allant de 25 à 100% de la production. Car, si l’attaque est sévère et précoce, le producteur peut ne rien récolter ; surtout que la contamination au niveau du champ progresse très vite », indique Edgard Traoré.
 
Dans diverses localités du Burkina Faso, les producteurs manifestent d’ores et déjà leur intérêt pour ces nouvelles variétés améliorées de riz.
 
A Bagré au centre-est du pays, les producteurs sont régulièrement sensibilisés à l’utilisation de cette semence améliorée, souvent par des ONG comme Santé et promotion humaine (SAPHE) qui montre l’exemple sur une parcelle de 14 ha.
 
Ils ont été initiés aux nouvelles techniques agricoles qui portent sur le placement profond de l’urée qui est une nouvelle approche, la réduction de la quantité de semences à utiliser et la quantité des engrais, soutient Jules Somé, représentant pays de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, autre ONG impliquée dans la vulgarisation de ces nouvelles variétés de riz.
 
Kadidiata Korogo est une productrice de riz et mère de cinq enfants. 47 jours après les semis sur sa parcelle d’environ un hectare et demi, les plants sont au stade de montaison. De plus, l’état de son champ montre qu’il y a eu un labour profond du sol, si bien que le terrain a été rendu homogène.
 
« Grâce aux conseils des agents de l’agriculture, mon champ ne connaît pas d’attaques de chenilles », confie-t-elle tout sourire, caressant l’espoir de récolter environ sept tonnes de riz et de pouvoir en vendre une partie pour satisfaire les besoins de sa famille.
 

Importation

Selon son ministère du Commerce, le Burkina Faso consomme chaque année 650 000 tonnes de riz dont 400 000 tonnes viennent de l’importation. « Ce qui montre qu’il y a un marché très important et une opportunité à saisir pour les producteurs locaux », analyse Jules Somé.
 
Pour inverser la tendance, le pays veut miser sur les nouvelles variétés de riz à haut rendement. A terme, elles sont censées permettre d’assurer l’autosuffisance en matière de riz dans ce pays sahélien.
 
« Cela permettra également de renforcer la compétitivité du riz produit localement et de s’assurer qu’il répond aux attentes des consommateurs et reste compétitif face au riz importé », espère Rachid Simboro, technicien supérieur au programme riz et riziculture de l’INERA.
 
Au total, avec les résultats de cette recherche scientifique, le gouvernement burkinabè vise la production d’un million de tonnes de riz par an. Pour atteindre cet objectif, confie Salifou Ouédraogo, le ministre de l’Agriculture et des aménagements hydroagricoles, 50 000 hectares de terres irrigables doivent être aménagées.

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