Republier

Nous vous encourageons à reproduire cet article en ligne ou sur support papier. La reproduction est libre de droit, suivant les termes de notre licence Creative Commons. Nous vous prions cependant de suivre ces directives simples :
  1. Vous devez créditer nos auteurs.
  2. Vous devez créditer SciDev.Net — dans la mesure du possible, veuillez insérer notre logo, avec un rétrolien vers l’article originel.
  3. Vous pourriez aussi simplement publier les premières lignes de l’article et ajouter ensuite la mention: "Veuillez lire l’intégralité de l’article sur SciDev.Net", avec un lien vers l’article originel.
  4. Si vous souhaitez aussi reprendre les images publiées avec cet article, veuillez vérifier avec les détenteurs de droits d’auteur que vous êtes autorisés à les utiliser.
  5. Le moyen le plus facile de reproduire l’article sur votre site est d’intégrer le code ci-dessous. 
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre page media et nos conseils pour la reproduction.

The full article is available here as HTML.

Press Ctrl-C to copy

Avec le soutien de partenaires internationaux, le Mali s’apprête à fournir des semences améliorées à plus de 40 000 producteurs agricoles dans les régions de Sikasso, Koulikoro, Kayes et Ségou.
 
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet APSAN-Mali qui signifie « Améliorer la productivité des cultures et la résilience au climat pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali ».
 
Le projet est mis en œuvre par l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT[1]) en partenariat avec l’Institut d’économie rurale (IER) et certaines organisations paysannes. Il fait partie d’un programme de l’Union européenne dénommé « Développer une innovation intelligente grâce à la recherche en agriculture » (DeSIRA). 

“C’est une excellente idée de créer de nouvelles variétés, mais que ces variétés ne favorisent pas l’éclosion de nouvelles maladies des plantes et qu’elles n’appauvrissent pas nos sols”

Hamadoun A. Babana, microbiologiste, Faculté des sciences et techniques, de Bamako 

Interrogé par SciDev.Net, Baloua Nébié, chercheur sénior à l’ICRISAT et coordinateur du projet, affirme que « l’une de ses composantes est d’améliorer la tolérance à la sécheresse et les aspects de nutrition du sorgho, du mil, de l’arachide et du niébé ».
 
Selon ses explications, la plupart des producteurs au Mali utilisent toujours les variétés traditionnelles qui sont bien adaptées aux conditions de culture ; mais qui ont un faible rendement. Or, certaines de ces variétés sont très tardives et n’arrivent pas à boucler leur cycle en cas d’arrêt précoce des pluies.
 
Par conséquent, les sélectionneurs des cultures-cibles du projet seront amenés à développer de nouvelles variétés et hybrides dont les caractéristiques sont supérieures ou égales aux semences améliorées existantes.
 
L’autre composante du projet consiste à améliorer l’accès des populations à des variétés performantes mais encore peu connues. À en croire Baloua Nébié, ces variétés ont été créées au Mali en utilisant comme parents des variétés locales, qui ont des caractères intéressants et complémentaires.
 
Ainsi, l’on apprend que les variétés de sorgho et de mil créées ont un fourrage qui reste vert jusqu’à la récolte, un cycle court ou moyen allant de 70 à 110 jours et un rendement grain élevé dépassant deux tonnes à l’hectare.
 
Le fourrage est très apprécié des animaux et est plus digeste. Certaines variétés sont biofortifiées, donc riches en fer et zinc ce qui améliore la nutrition en réduisant les cas d’anémie, surtout chez les enfants et les femmes enceintes.
 
Pour l’arachide, les nouvelles variétés ont une haute teneur en huile et un faible niveau d’aflatoxine. Elles sont tolérantes à la sécheresse et ont un haut rendement et un fourrage de qualité. Les variétés de niébé quant à elles ont un fourrage de meilleure qualité et sont plus riches en protéines.

Résilience

Seydou Keita, conseiller technique au ministère de l’Agriculture, estime que « le projet APSAN-Mali va permettre non seulement d’améliorer la résilience des petits exploitants au changement climatique et à la vulnérabilité économique, mais aussi de faciliter les échanges de matériels génétiques et de données à l’échelle régionale, et à renforcer durablement les équipes de recherche en sélection de cultures au Mali. »
 
Surtout qu’un rapport du ministère de l’Agriculture précise que l’emploi de semences de qualité contribue dans une large mesure à l’augmentation des rendements des cultures de 30 à 40%.
 
De son coté, Olivier Lefay, chargé de programmes pour la Commission européenne au Mali, interpelle les acteurs du secteur agricole à fournir aux populations des semences respectant les normes.  « On ne produit pas uniquement pour faire du business mais on produit aussi pour que la santé des gens s’améliore », déclare-t-il.
 
Hamadoun A. Babana, microbiologiste, responsable du Laboratoire de microbiologie et de biotechnologie microbienne (LaboREM-Biotech) à la faculté des sciences et techniques de Bamako s’inquiète des effets néfastes que pourraient avoir les nouvelles variétés.
 
« C’est une excellente idée de créer de nouvelles variétés, mais que ces variétés ne favorisent pas l’éclosion de nouvelles maladies des plantes et qu’elles n’appauvrissent pas nos sols » se justifie-t-il.
 
Mais, le coordinateur du projet, quant à lui rassure : « ces variétés ne sont pas des variétés introduites de l’extérieur. Elles sont une copie améliorée des variétés locales et ont les mêmes exigences et tolérances. Elles produisent mieux que les variétés locales, que le sol soit riche ou pauvre. ».
 
D’ailleurs, apprend-on, toutes les variétés améliorées sont évaluées par les producteurs dans leurs champs et leurs avis sur le rendement, la résistance, l’adaptation des grains à la préparation des mets locaux, sont pris en compte.
 

Références


[1] International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics