Republier

Nous vous encourageons à reproduire cet article en ligne ou sur support papier. La reproduction est libre de droit, suivant les termes de notre licence Creative Commons. Nous vous prions cependant de suivre ces directives simples :
  1. Vous devez créditer nos auteurs.
  2. Vous devez créditer SciDev.Net — dans la mesure du possible, veuillez insérer notre logo, avec un rétrolien vers l’article originel.
  3. Vous pourriez aussi simplement publier les premières lignes de l’article et ajouter ensuite la mention: "Veuillez lire l’intégralité de l’article sur SciDev.Net", avec un lien vers l’article originel.
  4. Si vous souhaitez aussi reprendre les images publiées avec cet article, veuillez vérifier avec les détenteurs de droits d’auteur que vous êtes autorisés à les utiliser.
  5. Le moyen le plus facile de reproduire l’article sur votre site est d’intégrer le code ci-dessous. 
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre page media et nos conseils pour la reproduction.

The full article is available here as HTML.

Press Ctrl-C to copy

[YAOUNDÉ] Selon une étude, les changements climatiques ont provoqué la baisse des rendements de plantain et des taux de scolarisation au Cameroun, entre 1991 et 2011.
 
Les chercheurs estiment que l'Afrique centrale, où se situe le Cameroun, compte peu d'études sur les impacts sociaux du changement climatique.
 
Par conséquent, ils ont évalué les tendances de la température au Cameroun pour la période entre 1950 et 2013. Ils ont également lié l'impact de l'augmentation des changements de température à la production de banane plantain et à l'éducation, à l'aide de données gouvernementales dans les secteurs agricole et éducatif.
 
L'étude, publiée dans la revue Science of the Total Environment (1er janvier), a montré que la production de banane plantain au Cameroun a diminué de 43 % entre 1991 et 2011.
 
Trevon Fuller, chercheur principal et professeur assistant adjoint à l'Université de Californie à Los Angeles, aux États-Unis, explique à SciDev.Net que de 1950 à 2011, la température annuelle moyenne a augmenté d'un degré Celsius.
 

“Il y avait aussi une relation statistique significative entre la diminution de la scolarisation et la baisse de la productivité du bananier plantain.”

Trevon Fuller, Université de Californie, Los Angeles

 
"Les températures plus élevées s'accompagnent d'une sécheresse accrue de l'air, ce qui exerce un stress sur les plantes pendant le développement des fruits et réduit les rendements", explique Trevon Fuller.
 
A mesure que le rendement des plantains diminuait, le revenu des parents diminuait aussi au Cameroun et cela se traduisait par un ralentissement de la scolarisation.
 
"La moyenne des années d'études post-secondaires est passée de 2,76 années en 1991 à 2,22 années en 2011, soit une baisse de près de 20 %", soutient le chercheur.
 
Il y avait aussi une relation statistique significative entre la diminution de la scolarisation et la baisse de la productivité du plantain.
 
"Nous pensons que c'est parce que, à mesure que le rendement diminuait, le revenu des ménages s'amenuisait, parce qu'ils vendaient moins de bananes plantain. Par conséquent, les parents avaient moins de ressources pour investir dans les frais de scolarité et les fournitures scolaires de leurs enfants, comme les manuels scolaires et les uniformes, ce qui a entraîné une diminution de la scolarisation.
 
Richard Munang, coordinateur régional du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) sur les changements climatiques en Afrique, estime que plusieurs études corroborent et "rendent les résultats plausibles".
 
Le responsable onusien cite une étude de la Banque mondiale montrant qu'au Cameroun, où l'agriculture emploie jusqu'à 80% de la population et contribue à hauteur de 30% environ du produit intérieur brut (PIB), une augmentation de la température de plus de deux degrés Celsius pourrait entraîner une perte de recettes agricoles de 500 millions de dollars.
 
Selon un rapport du PNUE, l'Afrique centrale connaît déjà les températures moyennes annuelles les plus élevées jamais enregistrées dans l'histoire.
 
Richard Munang a souligné la nécessité pour les systèmes agricoles et alimentaires de l'Afrique de renforcer la productivité et de diversifier les opportunités de revenus.
 
Il ajoute que le PNUE soutient déjà le Cameroun et plusieurs pays africains comme le Bénin, le Ghana, le Kenya, le Malawi, le Mozambique, le Nigéria, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie, dans leurs efforts pour garantir la sécurité alimentaire, en utilisant un cadre encourageant les partenariats avec plusieurs secteurs liés à l'agriculture.
 
"Les approches utilisées pour produire de la nourriture [devraient] garantir des rendements croissants, même face au changement climatique", explique Richard Munang à SciDev.Net.
 
Pour Trevon Fuller, l'étude est importante pour les gouvernements et les décideurs, car elle peut servir d'appel à l'action pour des programmes visant à améliorer la banane plantain, grâce à des programmes d'amélioration génétique sélectifs pour produire des cultivars plus résilients aux températures plus élevées et aux parasites.
 
Cet article a été rédigé par le desk Afrique anglophone de SciDev.Net.

Références

Trevon L. Fuller et autres - Climate warming causes declines in crop yields and lowers school attendance rates in Central Africa (Science of the Total Environment, 1er Janvier 2018).