Republier

Nous vous encourageons à reproduire cet article en ligne ou sur support papier. La reproduction est libre de droit, suivant les termes de notre licence Creative Commons. Nous vous prions cependant de suivre ces directives simples :
  1. Vous devez créditer nos auteurs.
  2. Vous devez créditer SciDev.Net — dans la mesure du possible, veuillez insérer notre logo, avec un rétrolien vers l’article originel.
  3. Vous pourriez aussi simplement publier les premières lignes de l’article et ajouter ensuite la mention: "Veuillez lire l’intégralité de l’article sur SciDev.Net", avec un lien vers l’article originel.
  4. Si vous souhaitez aussi reprendre les images publiées avec cet article, veuillez vérifier avec les détenteurs de droits d’auteur que vous êtes autorisés à les utiliser.
  5. Le moyen le plus facile de reproduire l’article sur votre site est d’intégrer le code ci-dessous. 
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre page media et nos conseils pour la reproduction.

The full article is available here as HTML.

Press Ctrl-C to copy

[Accra] Des chercheurs ghanéens ont mis au point des perles multicolores pour permettre la détection précoce de la pneumonie et d'autres affections des voies respiratoires chez les nouveau-nés et les enfants.

Des chercheurs de l'Université des sciences et technologies Kwame Nkrumah (KNUST) et de l'hôpital universitaire Okomfo Anokye sont à l'origine de l'initiative, partant du constat que les problèmes respiratoires sont la principale cause des hospitalisations chez les nourrissons et les enfants de moins de cinq ans.

L'équipe a décidé de proposer une intervention de santé publique qui devrait aider les parents ou les soignants à obtenir rapidement des soins hospitaliers en se basant sur une détection précoce.

"Actuellement à l'hôpital universitaire Komfo Anokye, la pneumonie et les problèmes respiratoires sont la principale cause d'admission chez les enfants de moins de cinq ans, y compris les nouveau-nés", a déclaré à SciDev.Net Daniel Ansong, chercheur principal et doyen de l'école des sciences médicales.

Le doyen explique que le projet a été financé à hauteur de US$ 10.000 par l'agence danoise de coopération internationale, dans le cadre du programme "Building stronger universities" – Construire des universités plus solides.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la pneumonie représente 16% de tous les décès chez les enfants de moins de cinq ans.

L'OMS note en outre que, bien que la pneumonie causée par les bactéries puisse être traitée avec des antibiotiques, seul un tiers des enfants atteints de pneumonie reçoivent les antibiotiques dont ils ont besoin.

Daniel Ansong indique que les mères et les soignants peuvent facilement savoir quand leurs bébés développent de la toux, de la fièvre ou de la jaunisse, mais il leur est presque impossible de détecter les anomalies de la fréquence respiratoire du bébé, parce que cela arrive de manière graduelle, ne s'aggravant qu'en l'absence d'un contrôle régulier.

De plus, l'idée des perles a été d'autant plus facile à faire accepter, sur le plan culturel, qu'elles rappellent, dans un contexte local, les chapelets utilisés pour la prière chez les musulmans aussi bien que les chrétiens.

Fonctionnement

Avant l'utilisation des perles, la mère doit faire coucher le bébé, avec une partie de la poitrine exposée. Les perles sont ensuite comptées pendant une minute, en fonction de la fréquence respiratoire du bébé.

Elles sont conçues selon les couleurs du drapeau du Ghana : le rouge, le jaune et le vert ; ces couleurs sont également assimilables à celles de la signalisation routière, le jaune représentant un symbole d'attention, le rouge, le danger et le vert, l'absence de risque.

Si le décompte tombe sur une perle dans la section verte du chapelet après un décompte d'une minute, cela signifie que le bébé est en bonne santé. Si, en revanche, il tombe sur la zone jaune, cela signifie qu'il faut être prudent et vérifier. S'il tombe sur le rouge, cela suggère que le bébé est exposé à un risque et qu'il est nécessaire de consulter immédiatement un médecin.

Pour les mères ou les soignantes incapables de compter exactement une minute sur l'horloge, l'équipe a conçu une minuterie de sable pour rendre le processus de comptage moins fastidieux.

Cent femmes ont été formées sur la façon d'utiliser les perles pour une détection précoce, dans l'espoir d'étendre le projet à d'autres parties du pays.

"J'ai reçu les perles quand j'ai visité l'hôpital avec mon bébé ; c'est très bien, car elles me permettent de vérifier facilement et n'importe où, la fréquence respiratoire de mon bébé. De temps en temps, je prends les perles pour les utiliser sur d'autres bébés lorsque leurs mères visitent l'hôpital", a déclaré à SciDev.Net Bernice Konadu, infirmière à l'hôpital pour enfants de Pampaso, dans la région Ashanti du Ghana.

"Nous avons été formés aux causes de la pneumonie et à l'utilisation des perles pour détecter la fréquence respiratoire d'un bébé. Cela m'a vraiment aidé parce que chaque fois que je doute de la fréquence respiratoire de mon bébé, les perles me sont utiles et cela me soulage quand je découvre que le rythme est normal", a déclaré Esther Blankson.

Ishmael Turay, pédiatre à l'hôpital universitaire de Korle Bu, estime pour sa part que "cet appareil est une excellente idée qui sert de point de repère et serait utile pour les mères ayant un faible niveau d'éducation ou pour celles qui vivent dans des zones rurales éloignées de l'hôpital" pour compter et signaler rapidement aux professionnels de la santé des cas requérant une attention urgente.

Ccependant, Ishmael Turay a indiqué que les perles peuvent également être utilisées pour détecter d'autres affections cardiaques. Il a appelé à son adoption dans tout le Ghana et dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest.

Bien que cette intervention ait un fort potentiel de réduction du taux de mortalité infantile causée par les infections des voies respiratoires en Afrique, elle fait face à un revers majeur : le manque de financement.

"Le financement pour mener d'autres études est un défi, car nous voulons le faire évoluer d'un cran, ce qui nécessite de former des formateurs (sages-femmes), du matériel de formation, la traduction de documents de l'anglais vers les dialectes locaux et la production de nouvelles perles.