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Les participants à une conférence sur la pollution invitent le continent africain à s'attaquer de front au problème des déchets dangereux, en particulier ceux qui proviennent du monde développé.

Les délégués à la 2ème Conférence des Parties (CdP-2) à la Convention de Bamako ont convenu en Côte d'Ivoire la semaine dernière (du 30 janvier au 1er février) que le continent devait être protégé des déchets toxiques.

Négociée en 1991, la Convention de Bamako interdit l'importation en Afrique, dans ses océans et dans ses eaux intérieures, de déchets toxiques.

Elle est entrée en vigueur en 1998 et la première conférence des parties (COP-1) à la convention s'est tenue les 24 et 26 juin 2013 à Bamako, au Mali.

“Nous avons la responsabilité collective de protéger les communautés contre les conséquences environnementales et sanitaires du déversement de déchets dangereux.”

Ibrahim Thiaw, Programme des Nations Unies pour l'environnement

La convention a été ratifiée par 25 pays africains : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Tchad, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, République démocratique du Congo, Egypte, Ethiopie, Gabon, Gambie, Libye, Mali, Maurice, Mozambique, Niger, Sénégal, Soudan, Tanzanie, Togo, Tunisie, Ouganda et Zimbabwe.

Ibrahim Thiaw, directeur exécutif adjoint du Programme des Nations Unies pour l'environnement, a déclaré à la réunion de la CdP-2 que la Convention de Bamako avait vu le jour après de nombreux scandales liés au déversement de déchets toxiques en Afrique.

"Une affaire choquante s'est produite en 1998, lorsque de riches hommes d'affaires italiens ont expédié des milliers de conteneurs de déchets dangereux déguisés en matériaux de construction et les ont jetés dans le village de Koko, au Nigeria", a-t-il déclaré.

Alors que la santé d'environ 5000 personnes au Nigeria, dont certaines sont devenues aveugles, a été négativement affectée par ces déchets toxiques, les hommes d'affaires italiens derrière l'opération sont restés libres de leurs mouvements et seulement 94 de leurs victimes ont reçu chacune moins de 3.000 dollars (environ 1,6 million de Francs CFA) en compensation, a ajouté Ibrahim Thiaw.

"Chaque année, près de 50 millions de tonnes de produits électroniques sont illégalement déversés dans le monde", a poursuivi l'orateur.

"Que les montagnes de biens électroniques d'occasion qui finissent leur cycle de vie dans les écoles africaines sous forme de dons relèvent de la philanthropie ou soient juste destinés à être jetés, sans procédure de démantèlement et d'élimination appropriés, le résultat est le même : la pollution des sols, de l'eau, de la nourriture et de l'air."

Selon Ibrahim Thiaw, les pays africains ont l'opportunité de transformer la menace en une source d'emplois durables et de croissance économique, grâce au recyclage des biens et à la création d'emplois.

"Nous avons la responsabilité collective de protéger les communautés contre les conséquences environnementales et sanitaires du déversement de déchets dangereux", a-t-il insisté, ajoutant que cela nécessite des efforts concertés, car aucun pays ne peut régler le problème à lui seul.

Anne Désirée Oulotto, ministre ivoirienne de l'assainissement, de l'environnement et du développement durable, a pour sa part déclaré aux participants que les pays africains doivent rester fermes face à la transformation du continent en une réserve de déchets dangereux nocifs pour la santé, mais aussi l'écosystème et ses services de soutien à la vie.

"Nous ne voulons plus jamais entendre parler de l'Afrique comme d'une décharge de déchets toxiques", a déclaré Anne Desirée Oulotto, qui préside la COP-2 de la Convention de Bamako.

La responsable ivoirienne a ajouté que la Convention de Bamako est un instrument important qui démontre la volonté des Africains de protéger leur santé et leur environnement.

Cet article a été rédigé par le desk Afrique anglophone de SciDev.Net.