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  • Climate change could spread major coffee pest

[NAIROBI] Selon certains chercheurs, la production de café en Afrique de l'Est et en Amérique du Sud pourrait subir les effets des changements climatiques, à savoir une hausse du nombre et de la propagation d'un important parasite.

Des scientifiques de l'International Centre of Insect Physiology and Ecology (ICIPE), basé au Kenya, ont déclaré que leur étude a permis de cartographier pour la première fois la répartition du scolyte du fruit du caféier dans le monde.

Ces recherches, publiées le mois dernier (14 septembre) sur PLoS ONE, prévoient que, d'ici 2050, les conditions climatiques dans le sud-ouest de l'Éthiopie, connue pour ses précieuses espèces de café arabica, seront bien plus propices au développement de ce parasite.

Certains pays produisant du café, en particulier les pays de l'Afrique de l'Est tels que le Burundi, le Kenya, le Rwanda et l'Ouganda, enregistreront une baisse de leur production pouvant atteindre dix pour cent, ce qui n'aurait pas été le cas si le climat n'était pas en train de changer.

Les agriculteurs cherchant des conditions favorables pour cultiver du café arabica dans ces pays devront se déplacer vers des altitudes plus élevées ; ils devraient alors faire face à une pression démographique croissante ainsi qu'à l'exigence d'exploiter des terres arables pour cultiver de la nourriture.

De plus, il se peut que les conditions du sol que l'on trouve à des altitudes plus élevées ne conviennent pas à la production de café.

Juliana Jaramillo, premier auteur et chercheuse à l'ICIPE, a refusé de répondre à des questions relatives à cette étude.

Selon Africano Kangire, directeur du Coffee Research Centre (COREC) qui se situe en Ouganda, le réchauffement climatique constitue une importante source d'inquiétude pour l'industrie mondiale du café, et d'autres variétés de café seraient également menacées.

"L'intérêt de ce travail est immense car, selon des estimations fournies par des études précédentes, neuf pour cent du potentiel annuel de production de café Robusta en Ouganda serait perdu à cause du scolyte du fruit du caféier".

A. Kangire a ajouté que les cartes qui sont réalisées, peuvent guider les agriculteurs qui souhaiteraient adopter des stratégies d'adaptation.

Selon Peter Laderach, chercheur et spécialiste du changement climatique au Centre international d'agriculture tropicale (CIAT), il est probable que le scolyte du fruit du caféier ne soit pas le seul parasite contre lequel les cultivateurs de café auront à lutter à mesure que le climat change, étant donné que les scientifiques doivent encore estimer l'impact que le changement climatique a sur d'autres parasites.

Pour contrôler l'effet du scolyte du fruit du caféier, P. Laderach a suggéré que les agriculteurs adoptent une pratique consistant à cultiver le café à l'ombre d'arbres larges, car elle permet de rafraichir les plantations et de créer des conditions plus favorables pour les prédateurs de parasites.

A. Kangire a de même encouragé les producteurs de café à intercaler des plantations de bananes, qui ont pour effet notoire de stimuler les récoltes de café, afin de réduire l'impact du scolyte.

Il a ajouté que les chercheurs tentaient actuellement de sélectionner des plants de café robusta qui résisteraient aux sécheresses, et qu'ils allaient également se pencher sur la tolérance et la résistance aux parasites.

Lien vers l'étude complète sur PLoS ONE (en anglais)

References

PLoS ONE doi:10.1371/journal.pone.0024528 (2011)