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Flickr/Pere Tubert Juhé
Le Maroc compte appuyer la recherche scientifique en renforçant les infrastructures scientifiques et octroyant plus de pouvoir aux universités.
Le premier ministre marocain Abbas El Fassi a annoncé cette initiative lors d'une réunion au Centre national pour la Recherche scientifique et technique le mois dernier (5 mai).
Le pays rénovera les laboratoires existants et en construira des nouveaux ; le programme comptera aussi un volet de formation en gestion financière des activités de recherche scientifique.
Les universités seront rendues financièrement autonomes du gouvernement, dans le but de les rendre plus sensibles aux besoins de la recherche et plus à même de forger des liens avec le secteur privé. L'un des résultats escomptés est l'émergence d'une culture d'entreprenariat au sein de la communauté universitaire.
Dans le cadre de cette nouvelle initiative, les investissements scientifiques et technologiques s'élèveront au total à 69 millions de dirhams marocains (US$ 8,5 millions) en 2009 - soit une augmentation de US$ 620,000 sur 2008.
Le gouvernement espère que le secteur privé apportera 25 pour cent des financements pour la recherche considérée comme une priorité pour le développement du Maroc. Le niveau actuel de ce co-financement ne dépasse pas 12 pour cent.
Parmi les priorités de la recherche figureront l'environnement, la gestion de l'eau, l'énergie, la transformation des aliments, les plantes médicinales et aromatiques, la pisciculture, l'exploitation minière et l'agriculture.
La nouvelle initiative prévoit également de cibler les étudiants avec un programme de bourses pour la recherche scientifique supérieure. Les sociétés qui financent la science et la technologie bénéficieront par ailleurs de mesures incitatives, comme l'accès aux résultats scientifiques aux applications commerciales.
En outre, dans le cadre de l'actuel Plan d'urgence pour l'éducation et la formation (PUEF) qui couvre la période 2009-2012, environ US$ 23 millions seront investis dans la recherche scientifique. Le PUEF vise à donner un nouvel élan aux réformes en matière d'éducation et de formation dans le but d'atteindre les objectifs de développement du millénaire dans le domaine de la réduction de la pauvreté.
Hassan Hamdi, un professeur de sciences physiques à la Faculté des Sciences de Semlalia, Université de Cadi Ayyad, au Maroc, qualifie l'initiative de "un nouveau souffle".
Selon lui, les mesures stimuleront le développement économique fondé sur les connaissances au Maroc, "en incitant les étudiants brillants à poursuivre leurs études au niveau du doctorat, en contournant la bureaucratie, en encourageant la recherche scientifique dans des domaines appropriés pour le développement et en créant des synergies positives entre l'enseignement supérieur, les centres de recherche et le secteur industriel".
Hamdi prévient toutefois que les nouveaux fonds ainsi disponibles devront marcher de pair avec une restructuration des universités, afin qu'elles puissent répondre avec flexibilité aux évolutions rapides dans le domaine des sciences, et à l'utilisation croissante des technologies de l'information.
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