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Flickr/MikeBlyth
Selon Twalib Ngoma, si les soins contre le cancer en Afrique sont confrontés aux mêmes défis que les autres problèmes sanitaires, traiter et prévenir la maladie sur le continent passe obligatoirement par la collecte de données locales et l’adoption de solutions ciblées.
Les pays africains sont confrontés à de nombreux défis en matière de fourniture de soins de santé en général, et de soins aux personnes atteintes de cancer en particulier. Les contraintes financières constituent une barrière évidente. Mais beaucoup d’autres obstacles existent et doivent être pris en compte par toute personne cherchant à améliorer la situation.
Ainsi, tous les pays africains souffrent d’une insuffisance d’informations scientifiques et épidémiologiques (requises pour orienter la planification des ressources), et d’une pénurie de professionnels formés pour assurer les soins cliniques nécessaires.
En outre, de nombreux pays sont confrontés à des priorités sanitaires et à d’autres priorités sociales concurrentes, ainsi qu’à une insécurité politique et parfois même à des guerres, qui peuvent, chacun, détourner l’attention des questions de soins de santé à long terme. Enfin, les facteurs sociaux et culturels entravent fréquemment l’offre opportune et efficace des soins.
Tous ces obstacles jalonnent la voie menant aux soins de santé. D’autres encore sont spécifiques au cancer. En particulier, les idées fausses au sujet du cancer peuvent entraver les efforts visant à une détection précoce et rendre les malades peu enthousiastes ou peu disposés à chercher à se faire soigner à l’apparition des premiers symptômes.
En conséquence, les affectations de ressources financières pour les soins de santé sont principalement motivées par la gestion de telle ou telle crise - plutôt que par une planification à long ou même à moyen terme.
Pour couronner le tout, les pays africains sont confrontés au problème de l’affectation de ressources sur la base de procédures bureaucratiques ou d’objectifs politiques, et non d’une politique de santé publique cohérente.
Ainsi, il est pratiquement impossible pour les malades — en particulier les cancéreux — de recevoir des soins appropriés de façon opportune, quand les composantes principales des infrastructures de soins de santé ainsi que les ressources nécessaires pour améliorer la qualité des soins, font défaut.
En outre, dans beaucoup de pays africains, le cancer n’est pas une priorité claire dans les dépenses de soins de santé, et la sensibilisation sur cette maladie est très faible. Pour combattre ce fléau, les hommes politiques africains devront reconnaître que cette maladie est problème majeur de santé publique.
L’absence d’informations sur l’incidence et de données sur la mortalité est l’une des raisons pour lesquelles le danger que le cancer représente est sous-évalué en Afrique.
On se fie trop aux données provenant de l’Occident. Ces données sont trop souvent inutiles pour toute tentative de publication d’un guide factuel indiscutable sur la meilleure manière d’aborder le cancer dans les pays africains.
La situation s’aggrave quand les professionnels des soins de santé migrent des zones rurales vers les zones urbaines, quittent le secteur public pour le secteur privé, et émigrent de l’Afrique vers des pays plus riches. L’Afrique doit trouver des solutions à cette fuite des cerveaux si elle veut améliorer ses services de cancérologie.
Même ceux qui acceptent une nomination peuvent par la suite se sentir frustrés et désabusés devant l’absence des infrastructures dont ils ont besoin pour l’exercice de leur profession. Ainsi, plus de 20 pays africains ne disposent pas d’installations de traitement par radiothérapie, en dépit de leur rôle central dans le traitement du cancer.
Pour la recherche épidémiologique, l’Afrique a besoin de registres de données sur le cancer, que ce soit de vastes registres régionaux ou nationaux, ou des registres plus limités spécifiques aux études et destinés à mesurer les résultats et les effets d’interventions particulières.
L’Afrique a également besoin d’une meilleure évaluation des besoins au sein de la population et de la communauté médicale. Il faut demander respectivement au public et aux professionnels des soins de santé quels sont leurs besoins et quels sont les problèmes auxquels ils sont confrontés.
L’évaluation des besoins est essentielle pour l’adaptation des traitements à des cadres spécifiques de soins de santé. Il est important de relever que la majorité des cancers vus en Afrique ont des causes, un comportement épidémiologique et biologique différents de ceux observés dans le monde occidental. L’Afrique ne peut donc pas simplement extrapoler les connaissances et l’expérience venant de l’Occident.
L’Afrique a plutôt besoin d’une recherche locale, efficace et durable. Cette recherche s’avérant peu utile aux pays riches, il est peut-être irréaliste de s’attendre à ce qu’elle soit financée par ces bailleurs.
La bonne nouvelle est que les cancers les plus courants en Afrique sont causés par des virus, contre lesquels de nouvelles interventions — à savoir des vaccins — sont en cours de développement. Mais, les coûts élevés de ces vaccins font que la majorité des pays africains n’auront pas les moyens d’en acheter.
La mobilisation des donateurs et de la communauté internationale sera nécessaire pour rendre ces vaccins accessibles aux africains qui en ont le plus besoin.
Si les obstacles devaient être surmontés de manière appropriée, l’Afrique pourrait améliorer ses services de traitement du cancer, même sans financement supplémentaire venant du reste du monde.
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3 juin 2012