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Les semences pour les secours en cas de catastrophe 'doivent être plus diversifiées'

George Achia

6 juillet 2011 | EN | FR

Cowpea seedling

Des agriculteurs font un commerce de semences de niébé avec leurs amis et leur famille

Flickr/IITA Image Library

[NAIROBI] D'après une étude, les agriculteurs africains qui perdent leurs semences à cause des inondations et des sécheresses, pourraient restaurer la biodiversité de leurs cultures plus rapidement en commercialisant sur le marché les variétés de semences locales et grâce à des liens sociaux informels, plutôt qu'en recevant des semences par les programmes d'assistance.

La diversité génétique des cultures permet aux espèces végétales de s'adapter aux changements environnementaux et elle fournit les matières premières nécessaires aux programmes d'amélioration des cultures. Elle est fondamentale pour garantir la sécurité alimentaire grâce au système de culture africain traditionnel.

Les programmes d'assistance consécutifs aux catastrophes naturelles risqueraient cependant de ne pas parvenir à fournir des semences suffisamment variées.

"Les catastrophes, de même que les activités d'assistance et de rétablissement, ont un impact considérable sur la biodiversité agricole, notamment sur la diversité et la variété des cultures dans une exploitation", a déclaré Morag Ferguson, chercheur à l'International Institute of Tropical Agriculture de Nairobi et premier auteur de cette étude.

D'après cette étude publiée dans Disasters (31 mai), les organisations humanitaires fournissent des semences qu'elles trouvent chez les distributeurs de semences qui sont fréquemment basés dans des pays voisins. Il est toutefois probable que ces semences étrangères ne parviennent pas à restaurer la biodiversité locale et qu'elles mettent même en danger les exploitations agricoles traditionnelles qui s'appuient sur la diversité.

Cette étude a examiné la diversité du niébé (Vigna unguiculata) dans la Province de Gaza, au Mozambique, à la suite des inondations de 2000 et des sécheresses de 2001, à cause desquelles certains agriculteurs ont perdu leurs semences.

Les chercheurs ont constaté un rétrécissement de la base génétique, avec des allèles (formes alternatives d'un gène) moins nombreux, même si la quasi-totalité de la biodiversité était retrouvée au bout de deux ans et demi.

La plupart des agriculteurs obtenaient de nouvelles semences dans des marchés locaux, mais elles provenaient essentiellement des programmes d'assistance et contribuaient faiblement à la restauration de la diversité. Près d'un tiers les obtenaient auprès d'amis et de parents vivant dans des zones n'ayant pas été touchées par les inondations.

"Il apparaît que la diversité était retrouvée avant tout grâce aux réseaux sociaux, sous la forme de semences prêtées ou offertes par des amis ou des parents", a déclaré M. Ferguson à SciDev.Net.

Cette étude préconise qu'à l'avenir les efforts de distribution de semences ciblent les réseaux sociaux et approvisionnent davantage le marché de semences locales.

Shem Wandiga, Directeur du Centre for Science and Technology Innovation de Nairobi, rattaché à l'UNESCO, recommande de stocker les semences des cultures importantes afin d'accroître la diversité génétique à la suite des catastrophes naturelles.

Selon lui, "pour empêcher la perte de la biodiversité, la manière la plus sûre d'éviter la perte totale de certaines espèces est de récolter le germoplasme de plusieurs plantes et de le stocker pour une utilisation future". Mais le meilleur moyen d'empêcher la perte de la biodiversité est de créer des zones protégées dans lesquelles l'activité humaine et l'exploitation des ressources sont limitées, a-t-il ajouté.

Lien vers un résumé de l'article publié dans Disasters (en anglais)

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