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Un centre africain de biotechnologies pour la sécurité alimentaire et la lutte contre les maladies

Emeka Johnkingsley

20 septembre 2011 | EN | FR

Biotech researcher in a lab

Le centre assurera enseignement et recherche en biotechnologie

Flickr/ILRI

[ABUJA] Le gouvernement nigérian s'apprête à signer un accord avec l'UNESCO (l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) pour la création d'un centre international de biotechnologie dont les activités devraient démarrer en 2012.

La sécurité alimentaire, la recherche sur les maladies tropicales et la conservation des ressources biologiques sont autant de domaines que le centre espère renforcer, non seulement au Nigeria mais dans toute l'Afrique, par le biais de collaborations et d'initiatives de formation.

Le Centre international de biotechnologie, dont les bâtiments sont presque déjà achevés, sera hébergé par l'Université du Nigéria, Nsukka, et sera un établissement de 2ème catégorie, placé sous les auspices de l'UNESCO.

Ses infrastructures permettront aux chercheurs d'effectuer des recherches de pointe en biotechnologie et de collaborer au niveau international. Parmi plusieurs programmes de troisième cycle prévus figurera une maîtrise internationale en biotechnologie axée sur le monde industriel et les politiques publiques, à l'intention des décideurs publics.

Le Conseil exécutif de l'UNESCO a approuvé la création du centre en mai dernier (13-19 mai). Un accord formel devrait être signé lors de la 36è session de la Conférence générale de l'UNESCO, qui débute le mois prochain (25 octobre-10 novembre).

L'UNESCO n'a pas prévu de financer le centre, mais estime néanmoins qu'il jouera un rôle de catalyseur pour la coopération internationale et le renforcement des capacités. L'agence des Nations unies aura un représentant au sein du conseil d'administration du nouveau centre.

Le gouvernement nigérian supporte le financement de l'institution, avec un engagement financier de US$ 2 millions par an pour couvrir les programmes de recherche et de formation, ainsi que l'acquisition de locaux, de matériels et d'infrastructures.

Pour Lucy Hoareau, spécialiste de programme à la division des sciences fondamentales et de l'ingénierie de l'UNESCO, "les pays d'Afrique sub-saharienne continuent à accuser du retard en matière de capacité d'exploitation des procédés biotechnologiques. Le financement des secteurs public et privé est faible, et un manque d'infrastructures de qualité supérieure pour appuyer la recherche et la formation de pointe en biotechnologie se fait sentir".

"La fuite des cerveaux de la région aggrave la situation".

Elle affirme que le centre s'impliquera également dans la 'constitution d'une banque' de matériel biologique et la mise au point de méthodes rapides d'analyse des plantes médicinales indigènes, ainsi que des techniques de multiplication massive d'espèces végétales, des techniques de culture in vitro et des plus récentes méthodes de production et de transformation des aliments.

Le centre pourrait devenir un atout régional pour les biosciences ouest-africaines, selon Marcel Nwalozie, directeur du Réseau ouest-africain de biosciences, basé au Sénégal.

"Le fait qu'il soit établi au sein d'une université confère à ce centre un mandat spécial en matière de formation d'étudiants et de praticiens en biotechnologie de pointe", a-t-il souligné.

Pour Bartho Okolo, vice-chancelier de l'Université du Nigéria, Nsukka, "le centre jouera un grand rôle dans la production de la prochaine génération de biotechnologistes qui appliqueront des technologies de pointe pour s'attaquer aux problèmes réels qui entravent notre développement en tant que continent".

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