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L’exploration de la mousson d’Afrique prolongée

Carol Campbell

11 septembre 2009 | EN | FR

Des chercheurs s’activent pour améliorer l’exactitude de la prédiction de la mousson

Flickr/tgraham

Un programme de recherche septennal approfondissant les connaissances sur les mécanismes de la mousson d’Afrique sera prolongé pour une autre décennie.

Les Analyses multidisciplinaires portant sur la Mousson africaine (African Monsoon Multidisciplinary Analyses ou AMMA), programme initié en 2002, étaient supposées prendre fin cette année.

Des chercheurs africains, européens, et américains de l’AMMA, ont dévoilé hier (10 septembre) à Paris les résultats de leurs recherches sur la mousson d’Afrique, la période d’intenses précipitations concentrant une grande partie des pluies qui tombent en Afrique de l’Ouest.

La mousson survient en été, des changements de température déplaçant les vents chargés d’humidité de l’Océan atlantique vers la terre. Elle dépend d’une relation complexe régissant les interactions entre la température, la pression et l’humidité des océans, de la terre et de l’atmosphère.

Les chercheurs ont découvert que le début de la mousson – un moment déterminant pour les agriculteurs, sonnant le début des cultures – semble suivre la formation d’une ‘langue’ d’eau froide dans le Golfe de Guinée.

Ce phénomène pourrait permettre de prédire la mousson avec plus d’exactitude, et aider les scientifiques à mieux comprendre le rôle joué par l’Océan atlantique dans sa formation.
Jean-Luc Redelsperger, président du Comité directeur scientifique international de l’AMMA, a déclaré au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net) que l’AMMA continuerait à analyser ce genre d’activité dans le Golfe de Guinée, et renforcerait les travaux prévus sur les prévisions météorologiques et climatiques et les systèmes d’alerte rapide.

Par ailleurs, les chercheurs ont découvert qu’en dépit des pluies décroissantes dans l’ouest du Sahel, la région dispose de d’avantage d’eau, dans des situations spécifiques. Les bassins de drainage et les étangs utilisés par les éleveurs concentrent ainsi plus d’eaux d’écoulement, la végétation poussant moins pendant les périodes de sècheresse.

“On comprend mieux à présent les conditions météorologiques dans la Méditerranée et au nord de l’Océan indien, ainsi que la variabilité et la retraite de la mousson", ajoute Redelsperger.
Le défi auquel les scientifiques sont actuellement confrontés, poursuit-il, consiste à “transformer et approfondir” les nouvelles connaissances et à améliorer les prévisions saisonnières et intrasaisonnières.

L’AMMA espère que les résultats seront utilisés par les pays de l’Afrique de l’Ouest pour des projets de sécurité alimentaire, d’eau, de logement, de santé et de croissance économique.

Redelsperger poursuit en ces termes : "Ce qu’il faut faire maintenant, c’est faire en sorte que les connaissances et les informations scientifiques de l’AMMA parviennent jusqu’au public, aux responsables de l’élaboration des politiques publiques, aux étudiants et aux chercheurs”.

Les résultats de cette recherche ont été présentés initialement à la troisième conférence annuelle de l’AMMA, au Burkina Faso (20-24 juillet). Plus de 500 chercheurs ont participé à la conférence, présentant 460 abstracts, ajoute Redelsperger. Quarante pour cent des participants étaient africains.

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