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Lidwine Bagnima, présidente d’une association gabonaise de lutte contre la dépigmentation.

Lidwine Bagnima, présidente d’une association gabonaise de lutte contre la dépigmentation.
Crédit image: SciDev.Net/Julien Chongwang

Lecture rapide

  • Les motifs qui poussent les gens à se dépigmenter la peau sont multiples

  • Le complexe d’infériorité du teint noir n’a aucune raison d’être

  • La femme noire est belle dans sa teinture naturelle

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Lidwine Bagnima, présidente d’une association de lutte contre la dépigmentation au Gabon, explique pourquoi il faut garder son teint.

En attendant des programmes gouvernementaux, des associations se sont spontanément créées dans certains pays pour sensibiliser les populations contre les méfaits de la dépigmentation de la peau.

C’est le cas de l’ONG dénommée Lutte contre la dépigmentation de la peau (LCDP) basée à Libreville au Gabon.

Lidwine Bagnima, sa présidente partage, ici les axes du combat que mène cette organisation.
 
 
Quelles sont les raisons qui poussent les gens à se dépigmenter la peau au Gabon ?

Les raisons sont multiples. L’on peut citer le complexe qui fait croire qu’une personne qui a la peau claire est supérieure.

L’envie de plaire associée à ce complexe pousse de nombreuses personnes à se dépigmenter la peau.

Il y a le suivisme qui amène les gens à vouloir ressembler aux stars ou à des artistes.

Et vu sous cet angle, l’influence des médias n’est pas à négliger ; car, ils mettent souvent en avant des personnes au teint clair.

L’on peut également citer l’inconscience par rapport aux conséquences d’une telle pratique sur la peau et sur la santé d’une manière générale.


Comment reconnaît-on qu’une personne doit son teint clair à la dépigmentation artificielle de sa peau ?

On reconnaît ces personnes par la fragilité de leur peau.

Bien souvent, leur le teint tend vers le jaune-banane et les veines sous leur peau sont généralement plus visibles ; sans oublier qu’elles ont parfois de grossières taches noires sur la peau, etc.


Au regard de l’expérience de votre association, que peut-on faire pour renforcer la lutte contre la dépigmentation de la peau en Afrique ?

“Nous encourageons les Africains à ne pas se laisser influencer par un complexe ou un sentiment d’infériorité qui n’a aucune raison d’être.”

Lidwine Bagnima


Nous pensons qu’il est très important que les gouvernements protègent les populations à travers une réglementation sur la commercialisation des produits qui sont utilisés pour le blanchiment de la peau.

Par exemple en votant des lois et en les faisant appliquer. Il ne faudra pas non plus négliger le volet sensibilisation.


Parce que vous pensez qu’il est possible de se dépigmenter la peau sans le savoir et sans le vouloir ?

Oui, il est possible de se blanchir la peau involontairement en utilisant des crèmes ou des laits de beauté éclaircissants par ignorance, et de ne constater leur effet dépigmentant sur votre peau que plus tard.


Dans le cadre des actions de votre association, quels messages adressez-vous aux populations au sujet de la dépigmentation de la peau ?

Nous essayons de leur faire comprendre que préserver sa peau, c’est d’abord préserver son identité culturelle.

Nous les encourageons à ne pas se laisser influencer par un complexe ou un sentiment d’infériorité qui n’a aucune raison d’être ; car, personne au monde ne choisit son lieu de naissance, ses parents biologiques ou la couleur de sa peau.

Nous leur disons aussi qu’il faut revendiquer la fierté d’être noirs.

Et aux femmes en particulier, nous disons que la femme africaine est belle dans sa teinture naturelle, ainsi que Senghor en faisait l’éloge.

Nous invitons par conséquent les parents, les enseignant, les leaders religieux à apprendre aux Noirs à s’aimer tels qu’ils sont.

Les Questions-Réponses sont révisées par souci de clarté et de concision.

Cet article est une partie du Dossier sur la dépigmentation de la peau.


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