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Le casse-tête des motos bon marché en Ouganda
  • Regard sur la pauvreté:
  • Le casse-tête des motos bon marché en Ouganda

Crédit image: buhugu.org

Lecture rapide

  • Un objectif de réduction des coûts de production peut aussi nuire à la sécurité des véhicules

  • Les motos-taxis appelés boda-bodas sont populaires en Ouganda parce Mais les accidents les impliquant peuvent engloutir jusqu’à 62 pour cent du budget chirurgie d’un hôpital.

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Le Nano est un petit véhicule bon marché fabriqué par la multinationale indienne Tata. Vendu à environ US$2.000, il offre aux Indiens un moyen de transport individuel jusqu’alors hors de portée. Si cette promesse est tenue, le mois dernier, le quotidien The Guardian a révélé que le Nano n’a obtenu aucune étoile au test de résistance aux chocs réalisés par Global NCAP, un organisme de surveillance de la sécurité des véhicules, basé en Grande-Bretagne. [1]
 
L’article impute les mauvais résultats du Nano à sa "conception austère". Avec cette approche visant à réduire les coûts, le véhicule n’est pas équipé d’airbags et son "intégrité structurale est médiocre".
 
Joseph Magoola, étudiant en mastère de santé publique à l’Université de Makerere en Ouganda, écrit un blog sur la sécurité routière dans son pays. Il affirme que les véhicules bon marché mais mal conçus sont la cause de décès et de détresse dans son pays. Mais ce ne sont pas les voitures, mais les taxis-motos appelés boda-bodas en Ouganda, qui suscitent son inquiétude.
 

“Nous savons ce qu’il faut faire : prendre des mesures comme construire des dos d’âne, porter le casque et séparer les piétons des motocyclistes.”

Joseph Magoola, Université de Makerere, Kampala 

Les gens ont recours aux motos parce qu’elles sont conçues pour être abordables, économiques en carburant et du fait qu’elles facilitent les déplacements dans les embouteillages en ville, explique Magoola. Mais peu d’attention est accordée à leur sécurité, ni par les concepteurs lors du design, ni par la police ou le gouvernement, lors de l’élaboration de mesures de sécurité, regrette-t-il.
 
"Elles n’offrent aucune sécurité", poursuit-il.  "Les motocyclistes sont imprudents. Ils n’ont pas reçu la moindre formation de conduite. Personne ne les contrôle, par conséquent, toute personne capable de s’acheter une moto peut l’utiliser sur les routes". 
 
Les boda-bodas deviennent la principale cause des accidents de la circulation à Kampala, soutient Magooda. Il cite une étude montrant que plus de 62 pour cent du budget de chirurgie à l’hôpital de Mulago est consacré aux soins prodigués aux personnes impliquées dans des accidents de boda-bodas [2].
 
Selon Magoola, plusieurs campagnes de sécurité politiquement motivées ont été organisées au cours ces dernières années, mais aucune n’est soutenue par ce qu’il appelle une ‘politique adéquate, de long terme’.
 
‘Nous savons ce qu’il faut faire : prendre des mesures comme construire des dos d’âne, porter le casque et séparer les piétons des motocyclistes’, insiste-t-il. Pourtant, à ce jour, le milieu politique n’a pas toujours élaboré une stratégie formelle pour mettre en œuvre ces mesures.
 
Pour leur mettre la pression, Magooda se met régulièrement à son clavier. "Mon intention  avec ce blog, c’est de m’en servir comme outil de sensibilisation", dit-il.

Références

[1] Philip Oltermann and Paige McClanahan Tata Nano safety under scrutiny after dire crash test results (The Guardian, 31 January 2014)
 
[2] J. Kigera and others The Impact of bodaboda motor crashes on the budget for clinical services at Mulago hospital, Kampala (East and Central African Journal of Surgery, March/April 2010)
 
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