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Le Mali identifie les abonnés du téléphone mobile

Lecture rapide

  • Certains abonnés achètent jusqu’à 10 cartes SIM par mois sans identification

  • 22 millions de cartes SIM sont en circulation pour 15 millions d’habitants

  • Un attentat en mars 2015 a révélé le danger des cartes SIM non identifiées

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Le Mali a lancé le 15 juin 2015 une campagne d’identification des abonnés au téléphone mobile.

Cette campagne d'identification des abonnés de la téléphonie mobile se décline en 3 mois de sensibilisation avant l’interdiction de la vente de nouvelles puces.

Et dès le 9 avril 2016, tout utilisateur qui ne se sera pas identifié verra son numéro d’appel suspendu.

Cette opération qui concerne aussi les utilisateurs d’internet sur différents terminaux, comme les clés 3G, résulte d’un décret pris en avril 2015.

Cette mesure du gouvernement est une réponse à l’anarchie qui a accompagné le boom des téléphones portables ; faisant peser une grande menace sur la sécurité déjà fragile de l’Etat et de ses citoyens.

"Avec des cartes puce non identifiées, des individus peuvent commettre des crimes de tout genre et leur indentification va être beaucoup plus difficile. C’est en ce sens que les aspects sécuritaires sont importants", explique Choguel Kokalla Maïga, ministre de l’économie numérique, de l’information et de la communication, à Scidev.Net.

Après quelques cas par le passé, c’est l’attentat perpétré dans le restaurant "La Terrasse" de Bamako en mars 2015 qui a mis en évidence les menaces liées à l’utilisation des puces non identifiées.

En effet, les enquêteurs avaient retrouvé de nombreuses cartes SIM chez un présumé complice de l’attaque.

Ces outils ont permis de remonter le fil de la préparation de l’acte criminel.

"Ils ont tout planifié au téléphone avant d’enlever les puces que nous avons retrouvées derrière eux. Et on ne savait pas qu’ils pouvaient avoir des dizaines de puces non identifiées", a indiqué une source proche de l’enquête.

“Avec des cartes puce non identifiées, des individus peuvent commettre des crimes de tout genre et leur indentification va être beaucoup plus difficile. C’est en ce sens que les aspects sécuritaires sont importants.”

Choguel Kokalla Maïga, ministre de l'économie numérique, de l'information et de la communication, Mali

"Cela nous complique la tâche d’autant plus qu’ils n’utilisent pas les cartes SIM dans les mêmes téléphones et les jettent immédiatement quelque part après usage. Donc, la traçabilité est impossible avec notre niveau de développement technologique", a précisé cette source qui est en service à la police scientifique.

 
Sécurité

 
Les témoignages des consommateurs viennent confirmer cette facilité d’obtention de cartes SIM sans contrôle.

"Moi je paie environ 10 puces par mois. Personne ne me demande qui je suis, qu’est-ce que j’en fais ? J’en utilise les crédits et les jette ensuite", explique Mamadou Samaké, un tailleur.

"Je ne sais pas combien de puces j’ai. Plutôt que d’acheter une carte de recharge à 1 000 FCFA, il vaut mieux payer des cartes SIM au même prix et bénéficier des crédits promotionnels qu’elles comportent et qui vont souvent jusqu’à 6 000 FCFA.

Les nouvelles puces, c’est ma vie et je les consomme comme de petits pains", renchérit Assitan Diarra, une aide-comptable.

D’ailleurs, le chiffre de 22 millions d’abonnés contre 15 millions de Maliens atteste le surplus de cartes SIM sur le marché.

Aussi, "les dispositions que nous venons de prendre viennent renforcer ce qui existe déjà. C’est pour dire que c’est pour la sécurité au sens large du terme que l’application de ces décrets est utile pour le pays" rassure le ministre Choguel Kokalla Maïga.

Du côté des opérateurs de téléphonie mobile, c’est la même préoccupation.

Boubacar Sacko, en charge de l’indentification des abonnées à Malitel, un des deux opérateurs de la place, confie que "déjà dans notre pratique commerciale de tous les jours, nous identifions un certain nombre d’abonnés. Mais il faut reconnaître qu’avec l’essor de la téléphonie mobile, il est arrivé un moment où beaucoup d’abonnés n’étaient pas répertoriés."

"Nous n’avions pas de répertoire fiable. Avec cette exigence du régulateur, nous allons avoir une base de données plus fiable. Car, quand on connaît ses clients, on sait où ils se trouvent et on sait qui est derrière chaque numéro", ajoute-t-il.

Au Mali, le principe de l’identification des abonnés existe depuis le début des années 2000, quand la téléphonie mobile est arrivée ; mais, dans la réalité, les cartes SIM non identifiées restent majoritaires.

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