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Le Sud devrait tirer parti d’un outil de planification des projets TIC
  • Le Sud devrait tirer parti d’un outil de planification des projets TIC

Crédit image: Flickr/World Bank Photo Library

Lecture rapide

  • Les pays en développement manquent d’expérience dans la planification et la mise en œuvre des projets TIC

  • SPACE est un outil qui devrait contribuer à remédier la situation, ainsi qu’à la formation et au renforcement des compétences

  • Il associe les connaissances sectorielles à la technologie

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[GENEVE] Il a été révélé à l’occasion d’une conférence qu’un outil en ligne susceptible d’aider les pays en développement dans la planification et la mise en œuvre de projets dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC) pourrait réduire le taux d’échec, ainsi que les coûts, de l’ordre de 80 pour cent.
 
D’après Amjad Umar, directeur général de GNE Solutions, l’entreprise qui a développé cette plateforme dénommée Strategic Planning, Architecture, Control and Education (SPACE), qui fait actuellement l‘objet d’un « test bêta », établit des plans d’activités et de gestion spécifiques à chaque pays, et émet des recommandations administratives, technologiques et juridiques. Elle permet en outre de réduire la durée du processus de planification des projets de quelques mois à quelques heures.

Dans un entretien accordé à SciDev.Net à Genève lors d’une réunion de haut niveau du Conseil économique et social de l’ONU, Amjad Umar a estimé que dans les pays en développement, les gouvernements et les individus n’ont pas souvent les compétences nécessaires pour la planification des projets dans le domaine des TIC.
 
« Dans les pays en développement, le taux d’échec est très élevé – environ 85 pour cent –, en partie à cause du manque de savoir-faire pour la planification et la gestion des projets TIC », explique-t-il.
 
Les honoraires élevés exigés par les consultants en TIC privent souvent une bonne partie de la population, y compris les gouvernements, de l’expertise nécessaire pour éviter ces échecs, poursuit-il.
 
SPACE est une plateforme d’accès libre dotée d’une base de connaissances combinant l’information sur des secteurs tels que l’éducation, les soins de santé, l’agriculture et le développement économique et des stratégies de construction de systèmes TIC comme l’accès au haut débit, l’informatique mobile et les réseaux sociaux pour ces secteurs. Elle tient également compte de considérations particulières à 150 pays.
 
Le système fournit également des conseils pour la gestion des projets, des simulations d’entreprise et, sur la base d’un répertoire d’expériences, se propose de constituer une base de données d’exemples de bonnes pratiques.
 
En précisant les exigences et les objectifs de leur projet avec des instructions étape après étape, les utilisateurs peuvent très vite générer un plan de mise en œuvre, explique Umar.
 
Il relèvent que quelques outils semblables existent, mais ils mettent l’accent sur les diverses étapes de la planification et ne comportent pas de connaissances sectorielles. 
 
SPACE est adapté à de grands ou de petits projets du secteur public ou du secteur privé. A titre d’illustration, on peut citer un centre de formation aux TIC au Nigéria, un « village TIC » au Népal et un entrepreneur du Sud Soudan qui a pu créer son propre cabinet-conseil. 
 
En faisant du plan d’action le point de départ, SPACE veut également établir un lien entre les utilisateurs et les partenaires locaux, nationaux et internationaux pour les aider à mener leurs projets à terme.
 
Umar collabore avec plusieurs universités africaines, notamment la Carnegie Mellon University au Rwanda, et avec deux initiatives des Nations Unies dans le domaine des TIC, à savoir l’Observatoire pour la communication culturelle et audiovisuelle (OCCAM) et Infopoverty – en qualité de conseiller.
 
Umar ajoute que dans 12 pays, vingt autres projets utilisent cet outil, et avec l’initiative « Conseils en TIC sans frontières » qui sera bientôt lancée, probablement en septembre, il espère que ce nombre va augmenter.
 
Selon Sarbuland Khan, ancien secrétaire exécutif de l’Alliance mondiale pour les TIC au service du développement, première agence onusienne à développer le concept SPACE, la force du système réside également dans sa neutralité.
 
Mais les pays en développement doivent renforcer leurs capacités afin de suivre les projets dans le domaine des TIC et garantir ainsi que le résultat final est celui recherché, recommande Khan.
 
Ulf Larsson, chef de projet au Programme suédois pour les TIC dans les pays en développement (Spider), prévient que la réussite de cette plateforme dépend de la prise en compte du contexte culturel.
 
Si cette plateforme veut améliorer ses chances de produire des projets de développement efficaces, elle doit intégrer une analyse de la culture de la communauté cible dans le processus de conception, conclut-il.
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