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Le GPS et les téléphones pour la cartographie des maladies négligées
  • Le GPS et les téléphones pour la cartographie des maladies négligées

Crédit image: WHO/TDR/Crump

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  • Les pays d’Afrique subsaharienne vont utiliser les SIG et les téléphones pour cartographier les « cinq grandes » maladies tropicales négligées

  • Ces programmes recueilleront les données sur les vers intestinaux, le trachome, l’éléphantiasis, la cécité des rivières et la bilharziose

  • L’opération sera lancée plus tard cette année

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[NAIROBI] Plus tard cette année, les pays d’Afrique sub-saharienne commenceront à utiliser les technologies les plus récentes pour cartographier et collecter les données sur la répartition géographique des maladies tropicales négligées (MTN).
 
Les responsables des programmes de lutte contre les MTN seront formés à l’utilisation des tout derniers outils de cartographie, notamment les systèmes d’information géographique (SIG), les systèmes de positionnement géographique (GPS) et les smartphones pour dresser des cartes et collecter des données, et contribuer ainsi à une « lutte dynamique » contre ces maladies dont continuent de souffrir des millions de personnes sur le continent.
 
Bien qu’elles figurent parmi les maladies les plus faciles à soigner, les MTN continuent à décimer la population sur tout le continent.
 
« Les responsables des programmes nationaux de lutte contre ces maladies seront formés à l’utilisation des outils les plus modernes pour localiser ces maladies, collecter et analyser les données pour une lutte peu coûteuse », explique Simon Brooker, professeur d’épidémiologie à la London School of Tropical Medicine, au Royaume-Uni.
 
C’est la première fois que des programmes gouvernementaux africains vont déployer ce type de technologies pour la surveillance des MTN.
 
« Les données exactes et fiables sur les MTN ne sont pas disponibles dans les pays africains et les chercheurs étrangers et quelques ONG sont seuls à avoir utilisé les technologies satellitaires et pourraient ne pas forcément être prêts à partager les résultats de leurs travaux avec les gouvernements », affirme Brooker.
 
Les cinq MTN les plus répandues sur le continent seront ciblées, à savoir les vers intestinaux, le trachome, l’éléphantiasis (filariose lymphatique), la cécité des rivières et la bilharziose.
 
La formation de responsables venus du Kenya, d’Ethiopie, du Ghana, du Mozambique, du Nigéria et de la Zambie a débuté le mois dernier (mai) à l’Institut de recherches médicales du Kenya (KEMRI), à Nairobi. Après cette formation, ces responsables vont entamer la cartographie des MTN dans leurs pays respectifs.
 
« L’objectif visé à travers le recours à ces technologies pour la cartographie des MTN est d’établir les répartitions géographiques, orienter les traitements vers les zones nécessiteuses, estimer les besoins en médicaments et en ressources des populations affectées et obtenir des informations claires pour les besoins de suivi et de contrôle », affirme Sammy Njenga, directeur du Centre international de lutte contre les parasites en Afrique de l’Est et en Afrique australe (ESASIPAC).
 
« Les MTN ont une répartition géographique ‘focale’, c’est-à-dire que même dans les localités où elles existent, elles se manifestent en poches – d’où la nécessité d’utiliser ces technologies pour établir leur répartition ».
 
Erick Khamala, spécialiste de la télédétection au Centre régional de cartographie des ressources pour le développement à Nairobi, soutient que l’utilisation des technologies satellitaires pour la cartographie des maladies est le moyen  le plus efficace pour comprendre leur répartition afin de mieux cibler les interventions.
 
« La collecte des données peut être assurée par quelques personnes et le logiciel nécessaire est téléchargeable gratuitement sur Internet », ajoute-t-il.
 
Au Kenya, quelque quatre millions de personnes sont menacées par les vers intestinaux, six millions d’autres sont exposées à la bilharziose, et environ 3,2 millions risquent de souffrir de l’éléphantiasis. Toutes ces maladies peuvent être combattues avec des médicaments, mais uniquement là où des données et ressources adéquates sont disponibles.
 
Cette initiative est le fruit d’une collaboration entre le Centre des maladies tropicales négligées de la Liverpool School of Tropical Medicine, au Royaume-Uni et l’ESASIPAC. Elle est financée par la Fondation Bill et Melinda Gates.

Cet article est une production de la rédaction Afrique subsaharienne de SciDev.Net.
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