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La maladie de Chagas est l’une des 15 pathologies tropicales que la puce peut diagnostiquer.
  • Une puce à $100 US pour le diagnostic de 15 maladies tropicales

La maladie de Chagas est l’une des 15 pathologies tropicales que la puce peut diagnostiquer.
Crédit image: Flickr/Argonne National Laboratory

Lecture rapide

  • La puce VereTrop peut identifier 26 microbes et diagnostiquer 15 maladies différentes

  • Sa polyvalence et sa facilité d’utilisation pourraient modifier la procédure de diagnostic dans les zones reculées

  • Mais des doutes subsistent sur le coût de cette puce à usage unique, 100 US$

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[MANILLE] Une micro-puce pouvant tester un seul échantillon de sang pour 15 maladies tropicales majeures vient d’être mise sur le marché avec pour objectif de faciliter le diagnostic des pathologies comme le paludisme et la fièvre de la dengue.

Selon Lisa F.P. Ng, virologue en chef du projet et maître de conférences à l’Agence pour la science, la technologie et la recherche de Singapour (A*STAR), plusieurs maladies tropicales que l’on trouve en Asie du Sud-Est présentent des symptômes similaires, comme la fièvre, rendant difficile leur diagnostic exact à un stade précoce.

D’après Ng, la bio-puce VereTrop, dont le processus de développement a nécessité trois années, peut détecter et identifier 26 différents types de microbes responsables de 15 maladies à partir d’échantillons de sang total ou de sérum.

En plus du paludisme et de la fièvre de la dengue, la puce peut aussi diagnostiquer la maladie de Chagas, la maladie du sommeil, la fièvre typhoïde, la fièvre jaune, la fièvre du Nil occidental, la leptospirose, la mélioïdose, la fièvre du Chikungunya, la fièvre aphteuse, l’encéphalite japonaise, le syndrome pulmonaire à hantavirus et la fièvre hémorragique à syndrome rénal.

Ce kit a été mis sur le marché le mois dernier à Singapour (25 avril) par A*STAR et les laboratoires Veredus, qui fabriquent des outils de diagnostic moléculaire.

Sarah Chang, responsable de la division de la communication à A*STAR, affirme que la précision de la puce est de 85 à 98 pour cent, en fonction de la maladie qu’on essaie de diagnostiquer.

François Nosten, directeur de l’Unité de recherche sur le paludisme Shokloà Mae Sot,en Thaïlande, affirme que «cette technologie ouvre de nouvelles possibilités pour un diagnostic précis et rapide de maladies infectieuses majeures qui demeurent les principales causes de pathologies dans les régions tropicales. Sa polyvalence et sa facilité d’utilisation vont changer la manière de poser des diagnostics en marge du système de santé ».

Rosemary Tan, Directrice générale des laboratoires Veredus, assure que la puce est désormais prête à être distribuée dans le monde entier.

Toutefois, chacune de ces bio-puces à usage unique coûte 100 dollars US.

Jaime Monteya, Directeur exécutif du Conseil pour la recherche et le développement du secteur de la santé aux Philippines pense que ce prix est trop élevé pour de nombreux pays en développement.

Dans certains pays, la puce pourrait s’avérer inutile pour certaines maladies qu’elle est capable de dépister dans la mesure où ces maladies en sont absentes, mais cela ne ferait qu’augmenter son coût.

Il ajoute que malgré le montant de l’investissement initial, ces pays feraient mieux de développer eux-mêmes des puces similaires, surtout si cela peut contribuer à réduire son prix.

Article rédigé par la rédaction Asie du Sud-Est & Pacifique de SciDev.Net.

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