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Un patch anti-moustiques bientôt à l'essai en Ouganda
  • Un patch anti-moustiques bientôt à l'essai en Ouganda

Crédit image: Hugh Sturrock, Wellcome Images

Lecture rapide

  • Les patchs empêchent les moustiques de détecter l'air expiré et l'odeur humaine

  • Des fonds pour des essais sur le terrain en Afrique sont en train d’être récoltés sur un site de financement communautaire

  • Une question clé consiste à savoir si les moustiques deviennent résistants à ces patchs

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Un patch conçu pour rendre les gens «invisibles» aux moustiques vecteurs de la transmission du paludisme pourrait bientôt faire l’objet d’essais sur le terrain en Ouganda.

Le Patch Kite est un petit autocollant pour vêtements dont le principe de fonctionnement consiste à brouiller la capacité des moustiques de détecter l’air expiré, ainsi que le dioxyde de carbone (CO2) et l'odeur humaine - les principales voies connues par lesquelles l'insecte identifie des êtres humains et les mord.

Un seul patch est conçu pour fournir une protection pendant deux jours et pour être efficace contre toutes les espèces de moustiques.

Comme le mécanisme de détection de CO2 est commun à toutes les espèces de moustiques, le patch devrait être efficace contre tous, estime Michelle Brown, directrice scientifique des Laboratoires Olfactor, aux États-Unis, qui ont développé le patch.

Après avoir subi des tests préliminaires en laboratoire, le patch est maintenant prêt pour une production à grande échelle, de même que pour des essais sur le terrain, et la société a lancé une campagne de financement communautaire pour recueillir des fonds et évaluer l’efficacité du patch en Ouganda.
 
"L'Ouganda fait partie des pays à plus fort taux d'infection par le paludisme, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans", explique Grey Frandsen, chef du projet Kite Patch.

«Ce pays va nous permettre de tester notre technologie en couvrant une gamme de paramètres différents", a-t-il ajouté.

Avec les essais sur le terrain prévus pour l’année 2013, Frandsen et son équipe visent à évaluer la capacité d'adaptation du patch et s'attendent à recueillir plus de six millions d'heures de données pour analyse.
 
«Nous sommes à la recherche de l'efficacité. Nous savons que notre technologie fonctionne, la question est la suivante: cela marche-t-il sur une chemise qui n'a pas été lavée depuis trois jours ou dans des endroits où des huttes ont été construites avec de la bouse de vache», explique encore Frandsen.

Les essais sur le terrain en Ouganda seront financés grâce à une campagne de financement communautaire de quarante-cinq jours, hébergée par le site spécialisé Indiegogo.

“Ce pays va nous permettre de tester notre technologie en couvrant une gamme de paramètres différents.”

Grey Frandsen, chef du projet Kite Patch


Dans les quatre premiers jours du lancement, la campagne a dépassé l’objectif initial de 75.000 dollars (37 millions de Francs CFA).

Les chercheurs visent maintenant à recueillir la somme de 600.000 US $ (environ 300 millions de Francs CFA) et le dernier pointage fait état d’un montant de 527.000 US $ recueillis, soit un peu plus de 258 millions de Francs CFA.

Selon Frandsen, les organisateurs voulaient "impliquer un grand nombre de personnes dans le processus d'élaboration de la version finale de la technologie et dans le cadre des efforts en vue de la mise sur le marché".

Les laboratoires Olfactor ont déposé un brevet sur le patch et collaborent avec des ONG pour le rendre disponible dans le monde entier.

Frandsen explique que le coût du patch n’a pas encore été fixé. Mais, estime-t-il, le patch est susceptible d'être subventionné, dans le but d’en amoindrir le coût, comparativement aux répulsifs existants et de rendre possible son utilisation quotidienne.

Le patch contient des composés non toxiques approuvés par la Food and Drug Administration américaine, et "rien de tel n’existe sur le marché aujourd'hui", explique Frandsen.

L'équipe de recherche de Patch Kite se penche également sur la façon dont les moustiques réagissent à une nouvelle exposition aux produits chimiques dans les patchs et veut évaluer la capacité des moustiques à développer une résistance.

Mais selon Michelle Brown, "en ce moment, nous ne voyons aucune indication d’une éventuelle résistance à nos composés".

Bernard Nahlen, coordinateur adjoint de l'Initiative présidentielle contre le paludisme, sous la houlette de l'Agence Américaine pour le Développement International (USAID), déclare: «Les résultats des essais sur le terrain en Ouganda seront essentiels pour déterminer [son] potentiel ultime. En outre, comme le patch repousse les moustiques pendant 48 heures seulement, il y a encore beaucoup de travail à faire pour comprendre comment il pourrait faire partie de la boîte à outils de lutte antipaludique ».

Visionner ci-dessous une vidéo sur le patch:

Kite Patch Source: SPARKHOUSE sur Vimeo.

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