Rapprocher la science et le développement

  • Les ministres promettent une décennie de la science africaine

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La décision, prise à la clôture d'une réunion du Conseil des Ministres africains de la Science et de la Technologie (AMCOST) la semaine dernière (du 7 au 10 mars), vise à maintenir la science et la technologie parmi les priorités de l'agenda politique du continent.

Cette décision marque une prise de conscience des "défis auxquels les pays de l'Union africaine (UA) font face dans la mise en œuvre de la science et de la technologie (S&T) pour le développement socio-économique et de la nécessité de sensibiliser la communauté africaine et d'impliquer les dirigeants de l'UA dans les questions de S&T".

Pour Maged Al-Sherbiny, vice-ministre égyptien de la recherche scientifique, l'initiative va s'inspirer d'un programme mis en œuvre depuis quelques années par l'Egypte pour stimuler la science et la technologie (voir Egypt gets serious about science with 12-year strategy).

Le bureau AMCOST sera chargé de la conduite de cette initiative, avec l'appui de la Commission de l'Union africaine (CUA) et du Nouveau partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD). "Cela garantira un fonctionnement harmonieux", estime Al-Sharbiny.

Elu lors de la réunion égyptienne, le bureau de l'AMCOST composé de cinq membres dont le mandat s'étale sur les deux prochaines années, comprend l'Egypte et l'Afrique du Sud, les deux pays les plus puissants du continent, qui en assurent respectivement la présidence et la vice-présidence.

Selon les observateurs, ce puissant leadership pourrait donner un nouveau souffle aux réunions de l'AMCOST, critiquées précédemment pour la faible participation et l'absence de direction politique.

Pour Umar Bindir, Directeur général de l'Office nigérian pour l'Acquisition et la Promotion des Technologies, " les pays membres commencent désormais à comprendre les enjeux. Je pense que les prochaines réunions de l'AMCOST seront plus intéressantes et mieux orientées". 

La réunion ministérielle est également venue soutenir la candidature de l'Afrique du Sud pour accueillir le futur radiotélescope international baptisé Square Kilometre Array (voir South Africa grooms students for astrophysics), et a débouché sur un accord en vue de la mise sur pied d'un groupe de travail à l'échelle continentale sur les science de l'espace, afin de répondre à l'intérêt croissant porté à ce domaine en Afrique (voir Lancer son propre satellite —avantages et inconvénients).

Le projet de résolution adopté à l'issue de la réunion appelle les Etats membres à consacrer davantage de ressources, notamment en personnel, au Département ressources humaines, science et technologie de la CUA, qui peine à mettre en œuvre ses propres programmes en raison d'une insuffisance de moyens financiers.

La Libye a proposé d'organiser un atelier rassemblant les pays membres africains et les représentants des pays donateurs et autres bailleurs de fonds pour discuter des stratégies de mobilisation des moyens financiers supplémentaires pour les programmes scientifiques continentaux.

Pour Ahmed Hamdy, chef de la Division de la science, de la technologie et des TICs au Secrétariat de la CUA, les pays africains doivent s'engager à financer les programmes continentaux.

"Beaucoup d'Etats membres attendent que quelqu'un d'autre prennent les devants.  Nous espérons pouvoir être bientôt en mesure d'annoncer la disponibilité de fonds, contribués par l'Afrique, pour l'Afrique."

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