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  • Le Nord et le Sud unis sur des mesures d'adaptation climatique

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[BONN] Les délégués participant à la plus récente réunion sur les changements climatiques n'ont pas pu s'entendre sur la nécessité ou non d'obliger les pays en développement à tenir un registre des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Pour certains pays en développement, notamment le Brésil et l'Inde, la participation d'un pays du Sud à la tenue d'un registre d'atténuation doit rester une démarche volontaire.

Le Japon et la Norvège, parmi d'autres pays développés, ne partagent pas cet avis. Ils prônent des actions d'atténuation menées au niveau national "mesurables, notifiables et vérifiables" (mesurable, reportable and verifiable ou MRV) et souhaitent que la tenue de ce registre soit obligatoire pour tous les pays.

Le désaccord fut vocalisé lors d'une réunion de la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques (CCNUCC) tenue à Bonn en Allemagne le mois dernier (du 28 mars au 9 avril). Elle s'inscrit dans le cadre des préparatifs pour la réunion de la CCNUCC prévue à Copenhague en décembre prochain, au cours de laquelle un nouvel accord international allant au-delà des objectifs du Protocole de Kyoto - dont la première période d'engagement s'achèvera en 2012 – devrait voir le jour.                  .

Dans le cadre de la 'feuille de route de Bali' de 2007, un plan d'action de deux ans qui s'achèvera avec la conférence de Copenhague, les pays en développement sont appelés à prendre des "mesures d'atténuation appropriées au plan national" (nationally appropriate mitigation actions, ou NAMA). Ces mesures exigeront du soutien de la part des pays développés, au niveau financier ou du transfert des technologies par exemple.

Il est prévu à cet effet la tenue d'un registre où seront consignées les NAMA des pays en vue de leur évaluation par la communauté internationale. Ces mesures pourraient comprendre des objectifs d'atténuation au sens large, ainsi que des politiques et initiatives spécifiques prises par les pays, telle que la réduction des émissions émanant de la déforestation et de la dégradation (REDD) des forêts tropicales, des normes d'efficacité énergétique, et un ratio des énergies renouvelables dans l'offre d'énergie.

Les délégués de l'Inde ont insisté pour que ce registre soit une simple compilation des NAMA volontairement proposées par les pays en développement, et précisé que la mise en oeuvre de telles actions dépendra du déblocage des moyens par les pays développés.

Pour la Chine, les NAMA seront des initiatives menées par les pays, et les pays en développement devront accorder la priorité à la croissance économique et à l'éradication de la pauvreté.

Saleemul Huq, responsable des changements climatiques à l'Institut international pour l'Environnement et le Développement, estime qu'un consensus se dégage peu à peu entre pays en développement sur la nécessité d'un tel registre.

"La question est de savoir si l'adoption de ce répertoire doit être volontaire ou obligatoire et cela dépendra du niveau de l'aide (financière et technologique) que les pays du Sud recevront dans le cadre de ces mesures", a t-il déclaré au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net).

L'application concrète d'un tel registre sera débattue lors de la prochaine réunion de la CCNUCC qui aura lieu à Bonn au mois juin prochain.

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