Rapprocher la science et le développement

  • Avis de risque de sécheresse dans la Corne de l'Afrique, l'an dernier

[LONDRES] Selon les prvisionnistes, les systmes de prvention ont commenc ds lanne dernire lancer des alertes concernant une grave scheresse dans la Corne de lAfrique, mais les alertes ont t largement ignores en raison des problmes de communication entre les scientifiques et les lgislateurs.

Les alertes relatives la scheresse, qui est la pire des 60 dernires annes daprs les Nations Unies, ont t mises en aot dernier, lorsque le Famine Early Warning Systems Network (FEWS NET) a publi un communiqu sur la scurit alimentaire en Afrique du Sud, suite la dclaration dun vnement de La Nia, un refroidissement de la surface de leau dans lOcan pacifique connu pour affecter le temps en Afrique.

Nous tions particulirement srs que les prcipitations allaient tre faibles entre octobre et dcembre, a dclar SciDev.Net Chris Hillbruner, spcialiste des alertes prcoces concernant la scurit alimentaire, rattach au FEWS NET. La probabilit tait encore plus forte que les prcipitations entre mars et mai allaient tre tout aussi faibles.

Lorsque les prvisions pour octobre-dcembre se sont avres vraies, lagence a commenc mettre des alertes de scurit alimentaire pour la rgion, en novembre, en fvrier, en mai et en juin, mais aussi organiser des rencontres entre les agences Nairobi, en fvrier, mars et mai.

La scheresse affecte actuellement dix millions de personnes Djibouti, en thiopie, au Kenya, en Somalie et en Ouganda.

Selon Chris Funk, climatologue rattach au FEWS NET, les experts des organisations ont t un peu frustrs par le fait que nous ayons fourni ces informations assez tt mais ils nen a pas suffisamment t fait bon usage.

La technologie a dpass les systmes de raction, a-t-il dclar. Nous sommes encore en train dapprendre ragir rapidement autour de cela.

C. Hillbruner a de mme ajout: Au niveau technique, nous nous sommes entendus sur la situation des cinq derniers mois.

Ce que nous avons dmontr sur le temps, mais particulirement au cours de lanne dernire, cest que les systmes sont arrivs un point o ils peuvent avertir de faon assez fiable et prcocement dans un dlai qui permet de ragir.

Randolph Kent, Directeur du Humanitarian Futures Program du Kings College de Londres, au Royaume-Uni, a indiqu que la raction face la scheresse soulevait des questions concernant la manire dont les organisations humanitaires transformaient les informations scientifiques et les prvisions incertaines en dcisions pour ragir, en particulier dans les rgions agites.

Ses commentaires ont t soutenus par Molly Hellmuth, chercheuse lInternational Research Institute for Climate and Society, lUniversit de Columbia, aux tats-Unis, qui a codit un rapport sur lattnuation des catastrophes climatologiques, publi le mois dernier dans Climate and Society.

Selon M. Hellmuth, il est ncessaire de disposer de prvisions claires qui puissent tre adresses aux autorits, et quelles soient accompagnes de conseils sur les tapes suivre, en prcisant quel niveau et quel type dactions constitueraient une raction raisonnable.

Selon elle, certaines actions sans regrets, qui nauraient aucun effet ngatif si les prvisions savrant fausses, pourraient tre encourages, notamment un repositionnement des produits alimentaires et un renforcement des capacits.

C. Hillbruner a convenu que les incertitudes des prvisions entravaient leur exploitation: Pour exploiter plus efficacement les informations relatives aux alertes prcoces, cette incertitudene doit pas poser de problmes aux lgislateurs, et il est difficile quelle nen pose pas.

C. Funk a cependant ajout que les systmes de surveillance utiliss pour les prvisions jouaient actuellement un rle important dans la considrable raction humanitaire en cours, et quils permettaient de ragir plus efficacement que dans le cadre de la famine qui a frapp lthiopie en 1984-85.

Simon Mason, qui travaille avec M. Hellmuth, a indiqu que ses recherches avaient montr quaussi bien les prvisionnistes que les utilisateurs finaux craignaient dtre souponns tre dans lerreur et que, par consquent, tous les acteurs affaiblissent leurs prvisions et leurs actions.

Au cours dune rcente valuation des systmes dalerte prcoce, qui nincluait pas les prvisions du FEWS NET pour la scheresse dans la Corne de lAfrique, S. Mason a constat que les prvisionnistes jouent la sret, ils sont trs rticents lide dmettre de fortes alertes de graves vnements climatiques lorsque leurs modles suggrent des risques de conditions encore plus extrmes.

C. Hillbruner a cependant ni le fait que cela avait t le cas pour les prvisions de la scheresse dans la Corne de lAfrique.

Pour ce qui est des organisations humanitaires, Andrew Collodel, coordinateur de programmes durgence pour lagence HelpAge International, a convenu que des prvisions avaient t faites et communiques. HelpAge avait cout les alertes prcoces et travaill dans la rgion pour se prparer contre la scheresse, mais elle ntait pas parvenue recueillir assez de fonds avant la crise.

Les donateurs ont t confronts des problmes dconcertants tels que la situation financire mondiale, lagitation des politiques locales comme la situation chaotique en Somalie, et dautres crises majeures rcentes qui ont enram leurs ressources, comme celle ayant suivi le tremblement de terre Hati et le tsunami au Japon.

Le problme ne vient pas des systmes dalerte prcoce mais de nos ractions face ceux-ci, a-t-il dclar SciDev.Net.

Lien vers le premier communiqu de FEWS NET en aot 2010 sur la scurit alimentaire en Afrique de lEst (en anglais)

Lien versA Better Climate for Disasters Risk Management (en anglais)

Republier
Nous vous encourageons à reproduire cet article en ligne ou sur support papier. La reproduction est libre de droit, suivant les termes de notre licence Creative Commons. Nous vous prions cependant de suivre ces directives simples :
  1. Vous devez créditer nos auteurs.
  2. Vous devez créditer SciDev.Net — dans la mesure du possible, veuillez insérer notre logo, avec un rétrolien vers l’article originel.
  3. Vous pourriez aussi simplement publier les premières lignes de l’article et ajouter ensuite la mention: "Veuillez lire l’intégralité de l’article sur SciDev.Net", avec un lien vers l’article originel.
  4. Si vous souhaitez aussi reprendre les images publiées avec cet article, veuillez vérifier avec les détenteurs de droits d’auteur que vous êtes autorisés à les utiliser.
  5. Le moyen le plus facile de reproduire l’article sur votre site est d’intégrer le code ci-dessous. 
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre page media et nos conseils pour la reproduction.