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  • Moyen-Orient: Un modèle de vulnérabilité aux séismes réduirait les risques

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[LE CAIRE] Une base de données détaillée des failles sismiques actives au Moyen-Orient ainsi qu'un modèle de cartographie des risques de séisme et d'évaluation des stratégies d'atténuation de ces risques, ont été représentés par des scientifiques lors du colloque annuel de la Seismological Society of America qui s'est tenu la semaine dernière (13–15 avril).

Les experts ont toutefois signalé que ce modèle ne sera d'utilité que si les décideurs politiques souhaitent exploiter les données qu'il produit.

L'Earthquake Model of the Middle East Region (EMME) (Modèle de vulnérabilité aux séismes au Moyen-Orient) vise à améliorer l'évaluation de la vulnérabilité et du risque de dommages, de victimes et de pertes économiques que les séismes peuvent entraîner dans l'une des "régions du monde les plus vulnérables aux séismes", a déclaré à SciDev.Net Levent Gülen, coordinateur du projet.

La vulnérabilité de la région découle de la forte probabilité que des séismes se produisent, ainsi que de l'accroissement de la population, des faibles normes de construction ainsi que du manque de stratégies d'atténuation, a indiqué L. Gülen, qui dirige le Département de géophysique à l'Université Sakarya, en Turquie.

La finalisation de la première base de données détaillée des failles sismiques dans la région indique que le projet EMME est à la moitié de son échéance, après avoir commencé en 2009 comme l'un des programmes régionaux du Global Earthquake Model (GEM).

Les chercheurs, appartenant à diverses institutions en Arménie, en Azerbaïdjan, à Chypre, en Géorgie, en Iran, en Jordanie, au Liban, au Pakistan, en Syrie et en Turquie, espèrent achever la collecte des données et travailler sur le modèle final d'ici fin 2013.

D'après Rasheed Jaradat, Professeur de Sciences de la terre et environnementales à l'Université Yarmouk, en Jordanie, les décideurs politiques pourront s'appuyer sur les entrées du modèle pour prévoir un plan d'atténuation des risques sismiques dans leurs villes.

"Les utilisateurs et les bénéficiaires du projet EMME seront nombreux", a-t-il déclaré lors d'une rencontre de l'EMME qui s'est tenue à Amman, en Jordanie, le mois dernier (31 mars). "Parmi ceux-là figureront tous ceux qui prennent des décisions en s'appuyant sur les risques sismiques : les agences sismiques, les ingénieurs et les praticiens, les autorités gouvernementales, les industries d'assurance et de finance, les urgentistes, les professionnels du risques, les propriétaires, les investisseurs, et la population en général".

Abuo El-Ela Amin Mohamed, qui dirige le Département de sismologie au National Research Institute of Astronomy and Geophysics (NRIAG), au Caire, a toutefois indiqué à SciDev.Net que "la manière dont les décideurs politiques du Moyen-Orient exploitent les données de ce modèle, auxquelles ils ont accès, constitue la barrière principale pour faire bon usage des résultats obtenus par l'EMME".

Il a par exemple indiqué que le NRIAG travaillait en collaboration avec le projet de système d'alerte sismique précoce pour l'Europe (Seismic eArly Warning for EuRope) pour estimer les risques de séismes au Caire et dans les villes du delta du Nil, après avoir constaté qu'elles étaient très vulnérables en raison de la fragilité des constructions.

Toutefois, "aucune décision politique n'a été prise en s'appuyant sur les résultats obtenus par le projet et sur ses recommandations… alors qu'un fort séisme dans la région risquerait d'entraîner des destructions massives", a-t-il ajouté.

Nicole Keller, porte-parole du GEM a cependant déclaré : "Nous sommes convaincus que des projets régionaux tels que l'EMME ont plus de chances que jamais d'être pris en considération par les décideurs politiques et par les politiciens, précisément car ils font partie intégrante de cette initiative mondiale".

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