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Le Sahel se mobilise contre la désertification
  • Le Sahel se mobilise contre la désertification

Crédit image: Stevano Vicigor

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  • Trois chefs d'Etat africains appellent à agir contre l'avancée du désert

  • Au nombre des projets prometteurs se trouve la Grande muraille verte

  • Mais les scientifiques peinent à s'entendre sur son efficacité

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Les chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont lancé jeudi à Ouagadougou, un appel à la mobilisation générale pour contrer l’avancée désert.

Ce cri du coeur a eu pour cadre un colloque organisé dans la capitale burkinabè sur le thème de la journée mondiale contre la désertification : "Notre terre. Notre maison. Notre futur."

Selon des chiffres du gouvernement burkinabè, le pays perd, chaque année, près de 100 000 hectares cultivables du fait de la désertification.

Il est donc plus que temps d’agir "vite et efficacement", selon les participants à cette rencontre de haut niveau.

Les participants ont aussi lancé un "appel de Ouagadougou" pour la préservation de la terre, "la maison commune."

Les conséquences néfastes de la désertification sur la vie des populations dans le sahel sont une réalité, a noté le président burkinabè.

"Chaque année, douze millions d’hectares de terres productives sont perdues à l’échelle mondiale, avec, entre autres, le déplacement de familles vers des régions plus humides, les migrations, le chômage des jeunes, le terrorisme et j’en passe", a déclaré Roch Marc Christian Kaboré.

Le ministre burkinabè de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Nestor Bassière, a pour sa part invité le monde à "promouvoir des partenariats afin de réhabiliter 10 millions d’hectares de terres dégradées et créer 2 millions d’emplois liés à l’exploitation durable des terres pour les jeunes, les femmes et les migrants d’ici à 2020."

Plusieurs initiatives ont déjà été lancées pour contrer la désertification en Afrique. L’un des projets les plus importants est la Grande muraille verte. Il doit permettre l’aménagement d’une grande barrière de végétation, longue de 7000 km de long sur 15 km de large, du Sénégal à Djibouti.

Ce programme de restauration des terres dégradées doit également générer  des activités agro-pastorales, sources de revenus pour les populations locales touchées par la sécheresse. Mais depuis son lancement en 2007, le constat est que les bailleurs de fonds ne se bousculent pas au portillon et ils ne sont pas les seuls.

En effet, certains scientifiques ne font pas mystère de leur scepticisme.

Marc Bied-Charreton, président du comité scientifique français de la désertification, a ainsi déclaré : "L’idée de créer une muraille contre le désert est totalement incongrue et la grande majorité des scientifiques s’y opposent. En vérité, il est faux de dire que le désert avance et qu’il faut l’arrêter. Ce qui progresse, c’est la dévégétalisation des sols. Il faut donc protéger l’ensemble des sols et non pas construire des barrières de ce type qui sont vouées à l’échec."

Loin de ces polémiques et des projets pharaoniques, des initiatives à échelle réduite contre la désertification font leur petit bonhomme de chemin. Un paysan, dans le Nord du Burkina, est ainsi devenu une célébrité avec la méthode dite de régénération naturelle assistée (RNA) des sols.

Dans son village de Gourga, Yacouba Sawadogo a fait surgir une forêt de 40 hectares, grâce à un investissement entamé depuis les années 1970 dans l’agroforesterie. La RNA consiste à conserver dans les champs certaines plantes pour qu’elles servent à la reconstitution du couvert ligneux qui aide à réduire l’érosion des champs.

Au sortir du colloque de Ouagadougou, la secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies pour la Lutte Contre la Désertification se veut confiante : l’appel à l’action lancé lors de ce rendez-vous de la capitale burkinabè "démontre une volonté politique forte afin de rendre viables les terres et la vie des communautés rurales en particulier pour les jeunes", a souligné Monique Barbut.


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