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  • Le centre satellitaire namibien, outil contre les risques de catastrophe

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[WINDHOEK] Un nouveau centre d'observation par satellite aidera les agriculteurs namibiens à se préparer contre les sécheresses, les inondations, les incendies et les parasites.

L'Earth Observation and Satellite Applications Research and Training Centre (EOSA-RTC), a été inauguré ce mois-ci (6 juillet) en collaboration avec le Monitoring of the Environment for Sustainable Development programme (AMESD). Ce centre, situé à l'École Polytechnique de la Namibie, est composé d'une station de réception des données satellitaires et d'un centre de données, qui fournit des informations utiles pour l'agriculture.

Ces données, qui seront transmises gratuitement aux associations d'agriculteurs et aux ministères, incluront des indices d'eau, des estimations de précipitations, et des cartes de la teneur en humidité du sol.

Il est essentiel de disposer de données fiables pour se préparer contre les catastrophes naturelles. Cette année, la Namibie a été frappée par des inondations record, alors que les précipitations y sont généralement rares. Au vu de la saison sèche actuelle, les incendies risquent fortement de causer des ravages.

"La pluie est importante pour la Namibie. Les erreurs dues à de mauvaises informations peuvent avoir de lourdes conséquences. Pour les agriculteurs qui produisent le minimum vital, cela peut signifier avoir de quoi se nourrir ou non", a déclaré Marina Coetzee, chercheur à l'EOSA-RTC et Professeur à l'École polytechnique.

Selon elle, "nous utiliserons le satellite pour détecter et cartographier les petits plans d'eau inconnus. Nous allons également enregistrer 'les indices de végétation normalisés (NDVI)' [qui permettent de mesurer la couverture végétale sur le sol] puis les transformer en divers produits à valeur ajoutée, ce qui nous permettra de renforcer les données afin d'aider la population à comprendre et à interpréter les informations".

Étant donné que tous les végétaux n'ont pas de feuilles, le fait qu'ils aient l'air d'être verts ne signifie pas nécessairement qu'il n'y a aucun problème. Par conséquent, la télédétection peut être utilisée comme système d'alerte précoce pour les mauvaises récoltes, a déclaré Celeste Esbach, chercheuse à l'École polytechnique.

M. Coetzee a ajouté que : "nous sommes en mesure de prévoir l'endroit où les problèmes surgissent, notamment pour ce qui est des incendies, de l'état des pâturages pour le bétail, du manque d'eau, ou de la viabilité des cultures".

Les chercheurs namibiens ont déjà commencé à évaluer les données brutes qui sont obtenues directement par les satellites. Ce nouveau centre fournira désormais des indices spécifiques et utiles issus de ces données, ce qui en facilitera l'interprétation.

Le centre reçoit des images satellites de basse et de moyenne résolution du service international de données, Eumetcast, lequel diffuse les données météorologiques récoltées par divers satellites tels que le satellite Meteosat situé au dessus de l'équateur.

Dès le mois prochain, la Namibie sera associée au programme AMESD qui assure la circulation d'un éventail de données et de cartes géographiques concernant les cultures, les sécheresses et les incendies dans les pays de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).

Selon Johan le Roux, Directeur du Centre national de télédétection, ils disposeront désormais des informations ayant été traitées par le centre au lieu de dépendre directement des satellites, ce qui facilitera l'utilisation des logiciels et des produits de télédétection.

L'École polytechnique coopère également avec la Cape Peninsula University of Technology (CPUT), en Afrique du Sud, pour mener des recherches, construire de petits satellites et concevoir des applications pour l'imagerie satellite.

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