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  • Les médias jouent un rôle vital dans le combat mondial pour la santé

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Les medias jouent un rôle vital dans la lutte mondiale pour la santé, agissant comme un système d’alerte pour les mauvaises pratiques et comme chantres des bons travaux de recherche.

Le Forum Ministériel mondial pour la Recherche en Santé qui se tiendra la semaine prochaine à Bamako, au Mali, (du 17 au 19 novembre) va réunir des hommes politiques, des autorités publiques, des chercheurs et des conseillers politiques du monde entier pour débattre de la meilleure stratégie de lutte contre les maladies, surtout dans les pays en développement.

Au cours des dernières années, des progrès significatifs ont été accomplis, grâce à l’utilisation de moustiquaires imprégnés dans la lutte contre le paludisme, ou l’utilisation des antirétroviraux contre le VIH/sida. Toutefois, plusieurs demeurent aussi importants qu’ils l’étaient quatre ans plus tôt à Mexico, lors de la dernière conférence ministérielle, en raison de l’émergence de nouvelles épidémies et du changement climatique.

La bonne nouvelle est l’augmentation rapide du financement de la lutte contre les principales maladies qui touchent le monde en développement, grâce en partie à des organisations telles que la Fondation Bill et Melinda Gates, et à l’intérêt accru des organisations humanitaires internationales et des entreprisses pharmaceutiques.

Selon un rapport de la Fondation Kaiser, basée aux Etats-Unis, le financement de la recherche médicale par les bailleurs de fonds dans les pays à faibles revenus et les pays à revenus intermédiaires est passé de US$ 30 millions en 2001 à US$ 560 millions en 2006. Cette hausse est une réponse aux statistiques très médiatisées selon lesquelles 90 pour cent des investissements dans la recherche médicale à travers le monde sont orientés vers les besoins de 10 pour cent de la population mondiale. Ce constat a été établit au début de cette décennie par le Forum mondial pour la Recherche en Santé, l’un des principaux organisateurs de la rencontre de Bamako.

Des exposés cruciaux

Mais comme le confirment la plupart des communications qui seront faites durant la réunion de la semaine prochaine, l’augmentation du financement de la recherche ne constitue qu’une première étape. L’un des plus grands défis consiste à garantir l’orientation de la recherche médicale vers les besoins les plus urgents, et l’utilisation efficace de ses résultats.

Les mass médias ont un grand rôle à jouer dans ces efforts. Ils peuvent contribuer à établir des canaux de communication entre les chercheurs, les décideurs politiques et le grand public.

Il est particulièrement important de fournir des informations fiables sur la recherche, comme les essais réussis de nouveaux vaccins et traitements.

Concernant les recherches menées par des pays en développement, la couverture médiatique de retombées positives peut également renforcer la demande de recyclage des compétences, ce qui représente un facteur essentiel pour les succès à venir.

Un rôle de surveillance

Mais le rôle des medias dans la promotion de l’amélioration des soins de santé ne se limite pas aux relations publiques. Il est tout aussi important que le public s’implique dans les débats sur la conception et la mise en œuvre des systèmes de santé.

Les médias ont toujours pleinement joué leur rôle de surveillant, soit en parlant des pratiques médicales frauduleuses telles que les traitements non éprouvés du VIH/sida, le contrôle des procédures des essais cliniques, ou en attirant l’attention sur les infrastructures sanitaires de mauvaise qualité et sur la législation en matière de propriété intellectuelle, qui peut représenter une entrave à l’accès à des traitements abordables.

Ce rôle restera essentiel aussi longtemps que l’importance des systèmes de santé au sein de la société ira croissant.

Le rôle des journalistes dans la démonstartion de l’échec des agences gouvernementales et internationales à faire la preuve des succès des travaux de recherche et de leurs applications est tout aussi important, bien que plus difficile.

Les causes de ces échecs peuvent varier, depuis une définition erronée des priorités (avec peu d’attention accordée aux maladies chroniques moins ‘fascinantes’), au manque de coordination entre les responsables du secteur de la santé, en passant par l’incompétence pure et simple.

Quels qu’ils soient, plus les médias parlent des mauvais résultats, plus la pression du public s’accroît sur les hommes politiques afin qu’ils trouvent des solutions.

Comprendre les deux parties

L’efficacité du travail des journalistes nécessite une bonne formation professionnelle : il doit non seulement avoir des compétences en matière journalistique, mais il lui fait aussi acquérir les aptitudes nécessaires pour couvrir la recherche médicale.

Il s’agit, entre autres, de comprendre le processus d’évaluation par les pairs (essentiel pour la compréhension des raisons pour lesquelles certains traitements sont plus efficaces que d’autres), et s’informer sur les procédures de consentement éclairé pour les tests cliniques.

Les chercheurs en biomédecine doivent également comprendre que des journalistes bien formés peuvent les aider à mettre en pratique les résultats de leurs travaux de recherche.

Beaucoup se méfient de la presse, parfois à cause d’expériences personnelles malheureuses. Mais la solution ne consiste pas à se réfugier dans des tours d’ivoire académiques, ou encore de discuter avec les décideurs politiques loin du regard du public.

Au contraire, il faut rechercher les voies de construction d’une culture de communication ouverte, et impliquer le grand public dans les débats sur les soins de santé. La transparence totale est indispensable dans l’application des résultats de la recherche en matière de santé. Les médias peuvent contribuer à établir cette transparence.

David Dickson,
Directeur du Réseau Sciences et Développement

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