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  • Les défis posés par la malnutrition : faits et chiffres

Pour une alimentation équilibrée, il faut bien plus qu'un simple apport en calories. La malnutrition touche une personne sur trois dans le monde
Crédit image: Flickr/World Bank Photo Collection

Pour une alimentation quilibre, il faut bien plus quun simple apport en calories. Priya Shetty value les consquences dune mauvaise nutrition, ainsi que ltendue des dfis relever.

La faim, un terme motif pour designer la sous-nutrition. Le mot voque des images de famine et de privation de nourriture dans le monde en dveloppement. Techniquement, la sous-nutrition est la consquence dune alimentation insuffisante et de maladies infectieuses rcurrentes. La sous-nutrition inclue une grave insuffisance pondrale ou le fait dtre dangereusement maigre (marasme), dtre trop petit (stunted) et de manquer de vitamines et de sels minraux.

Mais les problmes alimentaires dans le monde sont de loin plus complexes et gnraliss que la simple sous-nutrition.

Certes, de nombreuses personnes nont simplement pas de quoi manger et chaque anne, environ 1,5 million denfants meurent suite une maciation due une sous-nutrition grave. Mais la plupart des personnes vivant dans les pays en dveloppement ne font jamais face une privation totale de nourriture.Pour eux, la malnutrition est le plus souvent la consquence dune alimentation non quilibre ou inadapte.

Certaines populations dpendent ainsi daliments forte teneur calorique comme le mas ou le riz. Mais une bonne alimentation ne se rsume pas seulement la consommation de calories en quantit suffisante. Il faut galement des protines et des micronutriments quon ne peut obtenir quen salimentant de faon quilibre. Quand les gens ne mangent ou ne peuvent manger une varit suffisante daliments, ils tombent dans la malnutrition. Ils peuvent survivre, mais ils ne spanouissent pas.

Garantir la scurit nutritionnelle fait dj partie des priorits des pays en dveloppement, notamment en assurant laccs la nourriture. Mais il devient de plus en plus clair que cela ne suffit pas. Pour protger les populations vulnrables, les gouvernements doivent garantir leur scurit nutritionnelle.

A cet effet, il leur faudra tourner vers des interventions efficaces sachant apporter des solutions la malnutrition et la prvenir court terme, tout en sattaquant, plus longue chelle, ses causes sous-jacentes, notamment la pauvret, linsuffisance de la production agricole, labsence de sensibilisation, et des soins de sant et une hygine insuffisants.

Le fardeau de la malnutrition

En lan 2000, lOMS a estim quune personne sur trois dans le monde souffrait de malnutrition. [1] En 2009, lOrganisation des Nations Unies pour lAlimentation et lAgriculture (FAO) chiffre le nombre de personnes souffrant de la sous-nutrition svre plus dun milliard. [2]

Ces chiffres impressionnants sont en partie le rsultat dune augmentation lente mais constante du nombre de personnes souffrant de la malnutrition au cours de la dernire dcennie. Les difficults conomiques sont en partie responsables.Avec les crises alimentaire et nergtique qui ont svi entre 2006 et 2008, des millions de personnes ont perdu leur capacit daccs aux denres alimentaires essentielles. Et la crise financire de lan dernier a entran, selon les estimations, 100 millions de personnes supplmentaires dans la malnutrition. [2]

Le fardeau de la malnutrition tombe presque entirement au monde en dveloppement, avec lAsie du Sud et lAfrique sub-saharienne parmi les rgions les plus touches (Voir Figure 1).

La malnutrition peut avoir de graves consquences (voir Encadr 1). Mme le manque de micronutriments dont ltre humain na besoin quen trs petites quantits peut tre une cause de dcs, parce que sans ces micronutriments, le corps ne peut produire les enzymes et les hormones essentielles pour la croissance et le dveloppement.

La malnutrition infantile

Dficiences en micronutriments

La surnutrition

Adapts de statistiques publies par lOMS et le Programme alimentaire mondial.

Nutrition et maladie

Les chercheurs constatent quil existe des interactions entre la nutrition et le traitement de la plupart des maladies, quelles soient infectieuses ou chroniques.La lutte contre ces maladies ncessite donc une amlioration de lalimentation.

La malnutrition et linfection forment un cercle vicieux, et souvent mortel. La malnutrition affaiblit le systme immunitaire, aggravant la susceptibilit linfection. Linfection, son tour, puise le stock de nutriments et dnergie, compromettant le traitement et aggravant les dgts causs par les maladies infectieuses (voir Encadr 2).

Si le traitement mdical du VIH a enregistr des progrs rapides au cours de dernires dcennies, un des paramtres essentiels du traitement de la maladie, savoir une bonne alimentation, reste souvent nglig.

Les systmes immunitaires des personnes souffrant de sous-nutrition sont affaiblis, les rendant plus vulnrables linfection au VIH. Linfection au VIH, quant elle, complique lassimilation des nutriments contenus dans les aliments cause des diarrhes frquentes. La sropositivit perturbe aussi lassimilation des lipides et des vitamines lipo-solubes, ce qui aggrave les carences en nutriments.

Le virus augmente galement les dpenses dnergie au repos, ce qui implique que les personnes infectes doivent consommer plus de protines que dhabitude. Chez les enfants infects par le VIH, les besoins en nergie peuvent tre multiplis par deux.

Les consquences sont la fois sociales et cliniques. La faim peut pousser les gens adopter des comportements risque, proposer par exemple des rapports sexuels en change dargent ou de nourriture, augmentant ainsi leur risque dinfection par le VIH.

Les spcialistes du VIH et les nutritionnistes prnent de plus en plus la mise en place dinterventions conjointes (voir La nutrition primordiale pour faire baisser les taux dinfections), en orientant par exemple laide alimentaire vers les sropositifs, afin de soutenir la thrapie antirtrovirale.

Mais la nutrition ne saurait tre un substitut aux antirtroviraux, comme en tmoigne lexprience sud-africaine.

Selon les estimations des chercheurs de Harvard, entre 2000 et 2005, 330.000 sud-africains sont dcds du VIH/sida, et 35.000 enfants sont ns sropositifs, cause de linaction du gouvernement et de la non fourniture des antirtroviraux. [4]

Il y a environ cinq ans, un mdecin allemand, Matthias Rath, sest rendu en Afrique du Sud pour dnoncer les antirtroviraux comme toxiques et inutiles, prtendant que ses pilules de vitamines elles seules pouvaient venir bout du VIH. Hlas, il a bnfici du soutien de Manto Tshabalala-Msimang, alors ministre de la sant.

Avec lentre en fonction dun nouveau gouvernement et dun nouveau ministre de la sant, le ngationnisme VIH semble avoir vcu son heure (voir South African court bans trial of vitamin HIV cure).

Mais intgrer nutrition et VIH reste difficile. A ce jour, ainsi, peu de donnes sont disponibles sur la meilleure forme dintervention nutritionnelle ou sur lefficacit-cots des interventions nutritionnelles dans le traitement du VIH dans les pays pauvres.

Tant que ces problmes ne seront pas rsolus, lefficacit des antirtroviraux risque dtre jamais compromise.

Les enfants, principales victimes

La malnutrition peut affecter toutes les couches de la population, mais les enfants sont sans aucun doute les plus durement touchs. Selon les estimations de lOMS, plus du tiers des dcs denfants sont causs par la sous-nutrition. [5]

Les scientifiques insistent sur limportance de la nutrition au cours des premires annes de vie. La malnutrition du ftus peut causer un faible poids de naissance, des malformations et de faibles taux de survie des nouveaux ns.Elle aggrave aussi le risque de maladies chroniques comme le diabte et lobsit, lge adulte.

Les carences en micronutriments peuvent avoir de graves consquences. Chaque anne, jusqu un demi million denfants qui ont une carence en vitamine A perdent la vue, dont la moiti meurt au cours de lanne suivant la perte de la vue; et la carence en fera des effets nfastes sur le dveloppement mental chez 40 60 pour cent des enfants dans les pays en dveloppement.

Plus inquitant encore, les dgts causs par la sous-nutrition au cours des premires annes seraient, selon des preuves croissantes, irrversibles aprs lge de deux ans. [6]

La malnutrition des enfants peut causer des dommages dont les squelles persistent pendant toute la vie en freinant le dveloppement intellectuel et la productivit la recherche le montre clairement. Une tude mene au Zimbabwe a tabli que les enfants souffrant de stunting commencent lcole sept aprs les enfants non affects.

Dautres tudes menes travers le monde en dveloppement ont galement tabli un lien entre la sous-nutrition au cours des premires annes de vie et le faible taux de scolarit, la baisse du taux de productivit conomique, la petite taille lge adulte, et la faiblesse du poids des enfants la naissance. [7]

Et des tudes de long terme menes au Guatemala suggrent que les interventions nutritionnelles ont des effets persistants sur la scolarit et la productivit conomique. [8] Ainsi, on a constat que les garons qui lon donne rgulirement de supplments alimentaires trs nutritifs avant lge de trois ans ont une capacit de lecture, de comprhension et une aptitude cognitive non verbale suprieures, et gagnent des salaires horaires de 46 pour cent plus levs.

Paradoxalement, la sous-nutrition au cours des premires annes de vie peut prdisposer les gens aux maladies chroniques souvent associes la suralimentation, tels que le diabte et lobsit, lge adulte.

Privilgier la qualit et non la quantit

Toutefois, une augmentation de loffre de denres alimentaires ne se traduit pas ncessairement par une amlioration de la nutrition.

En effet, la transition nutritionnelle en cours dans certains pays en dveloppement en forte croissance et qui saccompagne de labandon par les populations des rgimes alimentaires traditionnels et ladoption de modes de vie plus sdentaires, est loin dtre anodine. Des tudes suggrent que les populations ayant accs des aliments trs caloriques tirent lessentiel de leurs calories de lipides et de sucre. De mme, la consommation de fculents et daliments riches en micronutriments comme les fruits et les lgumes reste faible. [9]

La progression rapide de lobsit cre de nouvelles sous-couches de la population qui font face des problmes de sant lis la surcharge pondrale, tout en souffrant dune carence en nutriments essentiels dont elles ont besoin pour tre en bonne sant.

Dans de beaucoup de pays, le nombre de personnes obses dpasse de loin celui des personnes en insuffisance pondrale, et ce mme dans les rgions rurales les plus pauvres (voir Figure 2). Au Mexique, par exemple, prs de 60 pour cent de la population est en surcharge pondrale, contre moins de 10 pour cent en insuffisance pondrale.

La Chine fait galement face une pidmie dobsit (Voir China too must confront obesity). Le pays compte 215 millions de personnes en surcharge pondrale, et seuls lAustralie et la Grande-Bretagne affichent un taux similaire de progression annuelle de lobsit.[10]

Des solutions gntiques

Et si nous pouvions rsoudre les problmes nutritionnels en modifiant lgrement notre constitution gntique? Lide selon laquelle nos gnes conditionnent la faon dont nous assimilons les micronutriments a donn naissance un domaine de recherche dnomm nutrignomique. [11]

Parfois, le lien entre la gntique et les nutriments se manifeste assez simplement, sous la forme dallergies ou dintolrances alimentaires (par exemple, lintolrance au lactose est rpandue en Asie du Sud-Est et en Afrique australe)

Dans dautres cas, ce lien est plus complexe. Par exemple, la modification du rgime alimentaire des malades souffrant dune cardiopathie ou de cancer aura des rsultats trs varis, en fonction de la personne et de sa constitution gntique.

Comprendre linteraction entre gnes et nutriments chez des individus ou des groupes de population pourrait contribuer au dveloppement dinterventions adaptes, susceptibles damliorer la situation nutritionnelle dans le monde en dveloppement (voir Mettre la gntique contribution dans la lutte contre la malnutrition). Mais la recherche en nutrignomique est encore un stade prcoce et demeure peu susceptible de produire des solutions pragmatiques dans un avenir proche.

Quen est-il de la modification gntique des aliments ? Les aliments transgniques sont un moyen dassurer une production de denres dans un contexte de changements climatiques (voirLes cultures peuvent-elles rsister au changement climatique ?).La technologie GM permet aussi le dveloppement daliments biofortifis comme le riz dor enrichi en vitamine A, aujourdhui de notorit publique. Mais la mise au point daliments gntiquement modifis reste sujet polmique: est-ce justifi?est-ce possible? (voir Les cultures GM peuvent-elles nourrir les pauvres ?)

Efficacit avre

Il existe plusieurs autres interventions nutritionnelles lefficacit avre qui pourraient contribuer lallgement de lincidence de la malnutrition dans le monde, condition dtre adoptes grande chelle. Il sagit notamment de la supplmentation en micronutriments, et la fortification des aliments.

Les supplments de micronutriments sont largement recommands et se sont montrs efficaces dans la rduction des problmes lies la malnutrition. Selon les estimations de lOMS, 1,25 million de dcs ont t vits depuis 1998 grce aux supplments de vitamine A. Et la supplmentation en fer au Nicaragua a permis de rduire dun tiers lincidence de lanmie chez les femmes enceintes. [12]

Le sel iod est laliment fortifi le plus rpandu et selon lOMS, les carences en iode ont t significativement rduites depuis le lancement de la campagne mondiale diodation universelle du sel en 1993. Prs des deux tiers des mnages du monde en dveloppement ont aujourdhui accs au sel iod et le nombre de pays o la carence en iode est un problme de sant publique a t diminu de moiti au cours de la dernire dcennie.

Plusieurs organismes internationaux recommandent galement lenrichissement des denres alimentaires comme le sucre et la farine de bl. En outre, 58 pays, dont de nombreux pays en dveloppement, se sont maintenant dots dune lgislation qui impose lenrichissement de la farine avec de liode ou lacide folique.

Les sprinkles, des micronutriments en poudre conditionns en paquets de dose unique verser sur les aliments, se sont avrs efficaces dans la rduction de lanmie dans plusieurs pays en dveloppement en Amrique latine, en Asie du Sud et en Afrique sub-saharienne.

La sensibilisation et le suivi de la croissance sont galement essentiels pour lamlioration de lalimentation. Le suivi de la croissance aide identifier les premiers signes de malnutrition et, dans les cas o lintervention saccompagne dune sensibilisation efficace au changement des comportements, elle peut galement rduit la prvalence du stunting. [12] Parmi les recommandations figurent lallaitement des nourrissons et des jeunes enfants, la poursuite de lallaitement maternel accompagn de sels de rhydratation orale en cas de diarrhe.

Par ailleurs, des programmes de protection sociale peuvent servir de filet de scurit nutritionnelle court ou moyen terme, surtout en priode de crise (voir La scurit nutritionnelle en question). Il peut sagir de programmes travail contre nourriture, de tickets dalimentation, de repas scolaires et dargent vers en change dune frquentation rgulire des coles ou des centres de sant par les enfants. [2]

Les causes profondes

Mais tout effort visant sauvegarder la nutrition long terme doit sattaquer aux causes profondes de la malnutrition, savoir la pauvret, linscurit alimentaire, le faible niveau dducation, linsuffisance des soins de sant et la mauvaise hygine.

Linvestissement dans lagronomie en vue daccrotre les qualits nutritives des aliments a galement un rle cl jouer. Et les changements climatiques en font une mesure importante double titre. Lvolution du climat pourrait mme rendre les cultures actuelles moins nutritives en altrant la teneur relative en protines des denres alimentaires de base (voir La faim cache cause par les changements climatiques).

Mais une simple augmentation de la productivit agricole en vue de garantir la disponibilit des aliments devrait nanmoins tre lune des grandes priorits pour les pays en dveloppement. Et plusieurs organismes, notamment la FAO et lInstitut international de Recherches sur les Politiques alimentaires (IFPRI) en conviennent.

La journaliste Priya Shetty est une spcialiste des problmes du monde en dveloppement, dont la sant, les changements climatiques et les droits humains. Elle a travaill comme directrice de linformation New Scientist, rdactrice adjointe The Lancet et ditorialiste SciDev.Net.

Références

[1] Turning the Tide of Malnutrition: Responding to the challenge of the 21st century. WHO, Geneva (2000)

[2] The State of Food Insecurity in the World: Economic crisis — impacts and lessons learned. FAO, Rome (2009)

[3] The State of Food Insecurity in the World 2006: Eradicating world hunger — taking stock ten years after the World Food Summit. FAO, Rome (2006)

[4] Chigwedere, P. et al. Estimating the lost benefits of antriretroviral drug use in South Africa. Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes 49, 410–415 (2008)

[5] 10 Facts on Nutrition. WHO, Geneva (2008)

[6] Ruel, M. & Hoddinott, J. Investing in Early Childhood Nutrition. IFPRI, Washington, United States (2008)

[7] Victora, C. G. et al. Maternal and child undernutrition: consequences for adult health and human capital. The Lancet 371, 340–357 (2008)

[8] Hoddinott, J. et al. Effect of a nutrition intervention during early childhood on economic productivity in Guatemalan adults. The Lancet 371, 411–416 (2008)

[9] Eckhardt, C. L. Micronutrient Malnutrition, Obesity, and Chronic Disease in Countries Undergoing the Nutrition Transition: Potential Links and Program/Policy Implications. IFPRI, Washington, United States (2006)

[10] Popkin, B. M. Global nutrition dynamics: the world is shifting rapidly toward a diet linked with noncommunicable diseases. American Journal of Clinical Nutrition 84, 289–98 (2006)

[11] Mutch, D. M., Wahli, W., Williamson, G. Nutrigenomics and nutrigenetics: the emerging faces of nutrition. Federation of American Societies for Experimental Biology Journal 19, 1602–1616 (2005)

[12] Levinson, F. J. & Bassett L. Malnutrition is Still a Major Contributor to Child Deaths. Population Reference Bureau (2007)

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