Rapprocher la science et le développement

  • Une micro-puce pour la détection des médicaments de mauvaise qualité

Shares

Selon des scientifiques américains, une micro-puce qu'ils ont mise au point apporte une solution peu onéreuse et mobile pour la détection des médicaments de mauvaise qualité dans le monde en développement.

Une micro-puce conçue pour détecter un ingrédient actif spécifique dans un médicament et dont la production ne coûte que quelques centimes de dollar américain pourrait contribuer aux efforts de détection des médicaments contrefaits et de mauvaise qualité dans le monde en développement, affirment certains chercheurs.

La micro-puce remplaçable se présente sous la forme d'un dispositif portable, de la taille d'une boîte à chaussures, connu sous le nom 'PharmaCheck'. Elle est munie d'une sonde fluorescente qui se lie à un principe actif dans un échantillon de médicaments et son degré de luminescence indique la qualité et la quantité d'un ingrédient spécifique.

Pour Muhammad Zaman, professeur agrégé de génie biomédical à l'Université de Boston, aux Etats-Unis, et chef de l'équipe à l'origine de la puce, "c'est comme une ampoule électrique qu'on allume ou dont la luminosité augmente, et cela peut être mesuré par quelque chose d'aussi simple qu'un iPhone". Des essais de terrain devraient être bouclés au cours des deux prochaines années, et l'outil devrait coûter 20 pour cent de moins que les technologies utilisées actuellement pour la détection de médicaments de mauvaise qualité.

Zaman affirme que la nouvelle approche s'avère préférable à une stratégie uniformisée, parce que les sondes pour chaque type de médicament sont plus précises, plus sensibles et plus fiables, et les puces possèdent de multiples canaux pour tester différents ingrédients. Elles pourraient ainsi être utilisées pour tester des polythérapies courantes dans le traitement du paludisme.

Il est également possible de répéter les tests et de confirmer les résultats sur le terrain, sans avoir à les envoyer à un laboratoire suffisamment équipé, loin des communautés rurales.

Contrairement aux technologies actuelles de laboratoire mobile, la technique permet de mesurer non seulement la façon dont un médicament se lie à la sonde – afin de s'assurer qu'il n'est,ni toxique ni inactif -- mais aussi la concentration du principe actif.

Dans de nombreux pays en développement, des médicaments produit en toute légitimité peuvent perdre leur qualité en raison de défaillances de fabrication, du mauvais état des installations de stockage, de l'exposition au soleil ou de la dégradation, explique Zaman.

L'Université de Boston travaille sur le nouveau produit en collaboration avec le programme 'Promouvoir la qualité des médicaments (PQM)' financé par le gouvernement américain, initiative qui fournit une assistance technique aux pays en développement en vue d'assurer l'innocuité des médicaments, et mis en œuvre par la US Pharmacopeial Convention (USP).

"Notre but est de faire avancer la technologie actuelle jusqu'au niveau supérieur", affirme Kennedy Chibwe, un conseiller principal en programmes à l'USP. "Pour le moment, nous ne disposons que des données qualitatives sur la qualité des médicaments ; nous ne connaissons pas la quantité exacte de molécule contenue dans les médicaments".

Dès le début du projet, l'équipe de PharmaCheck s'est assurée que la technologie soit appropriée pour être mise en œuvre dans le monde en développement, notamment par rapport à son coût, son accessibilité, sa mobilité et sa disponibilité, se félicité Zaman. "La majorité des technologies concurrentes ne remplissent pas un ou plusieurs de ces critères".

Toutefois, Zaman a averti que "le problème ne sera pas une question de technologie – parce que la technologie fonctionne - mais sera plutôt au point d'utilisation, comme le niveau de formation requis ou le degré de fragilité de la puce".

Pour Jamie Barras, chercheur universitaire au King's College de Londres, la formation des praticiens sera essentielle pour s'assurer qu'un échantillon soit préparé en respectant des protocoles très stricts, pour assurer sa fiabilité.*

Cet article fut modifié le 14 août 2012 pour supprimer l'intervention d'un commentateur, sur sa demande.

Republier
Nous vous encourageons à reproduire cet article en ligne ou sur support papier. La reproduction est libre de droit, suivant les termes de notre licence Creative Commons. Nous vous prions cependant de suivre ces directives simples :
  1. Vous devez créditer nos auteurs.
  2. Vous devez créditer SciDev.Net — dans la mesure du possible, veuillez insérer notre logo, avec un rétrolien vers l’article originel.
  3. Vous pourriez aussi simplement publier les premières lignes de l’article et ajouter ensuite la mention: "Veuillez lire l’intégralité de l’article sur SciDev.Net", avec un lien vers l’article originel.
  4. Si vous souhaitez aussi reprendre les images publiées avec cet article, veuillez vérifier avec les détenteurs de droits d’auteur que vous êtes autorisés à les utiliser.
  5. Le moyen le plus facile de reproduire l’article sur votre site est d’intégrer le code ci-dessous. 
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre page media et nos conseils pour la reproduction.