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  • Un nouveau test de terrain facilite le diagnostic de la fièvre Ébola

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Des chercheurs ont développé un test de terrain rapide, fiable et peu onéreux pour détecter deux souches du virus de l’Ebola.

L’étude, réalisée par des scientifiques allemands, canadiens, congolais, gabonais et néerlandais, a été publiée le 15 novembre dans le Journal of Infectious Diseases.

En 30 minutes, grâce à une technique d’immunofiltration, le test détecte la présence des protéines virales des souches du Zaïre et du Soudan du virus de l’Ebola dans des échantillons d’urine et de sérum. Les échantillons sont inactivés chimiquement afin d’éviter toute infection parmi ceux qui les manipulent.

A l’origine, les chercheurs souhaitaient créer un test qui détecte toutes les souches du virus, mais leur technique n’est sensible qu’aux souches du Zaïre et du Soudan.

Ils ont testé leur méthode sur le terrain avec des échantillons obtenus lors d’une éclosion de fièvre hémorragique Ebola à Mbomo et à Mbanza en République du Congo en décembre 2003.

"Grâce à son prix relativement faible et au fait qu’aucun équipement technique n’est nécessaire, ce test pourrait aider les pays en développement à obtenir des diagnostiques précoces lors d’éclosions du virus de l’Ebola," a déclaré le chercheur principal de cette étude Andreas Lucht, de l’Institut de Microbiologie Bundeswehr, en Allemagne, au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net).

"Il pourrait surtout se révéler utile dans les régions endémiques où les analyses pourraient être effectuées immédiatement, sur place," a ajouté Lucht.

Selon Lucht, le test a déjà été utilisé en coopération avec l’Organisation mondiale de la Santé et le Ministère de la Santé de la République du Congo, et le personnel local a été formé pour l’utiliser dans des régions sans électricité ni eau courante.

L’équipe s’atèle désormais au développement d’une version plus sophistiquée du test, capable de détecter les anticorps contre le virus présents à des stades plus avancés de l’infection.

"Les éclosions précédentes nous montrent que certain patients se présentent à l’hôpital ou au centre de santé plusieurs jours après l’apparition des premiers symptômes. Aux stades plus avancés de la maladie, il peut être impossible de détecter la [protéine] virale," explique Lucht.

Morad Ahmed, un professeur de médicine à l’Université de Tanta, en Egypte, affirme "qu’un tel outil diagnostique longtemps attendu, jouera un rôle important dans la gestion des prochaines éclosions du virus de l’Ebola. Utilisable sur un échantillon d’urine, ce test est plus sûr que ceux qui utilisent des échantillons de sang, en plus d’être acceptable d’un point de vue culturel pour les communautés africaines."

"Le développement de ce nouveau test pourrait être considéré comme modèle idéal d’une coopération scientifique Nord-Sud", a déclaré Daniel Okenu, un scientifique nigérien à l’Ecole de Médecine Morehouse aux Etats-Unis, au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net).

Lien vers le résumé de l’article dans le Journal of Infectious Diseases

Références

Référence : Journal of Infectious Diseases 196, S184 (2007) doi 10.1086/520593

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