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Un meilleur suivi des praticiens réduit la mortalité maternelle de 15%
  • Un meilleur suivi des praticiens réduit la mortalité maternelle de 15%

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  • Selon une étude, des actions spécifiques peuvent permettre de réduire la mortalité maternelle de 15% en Afrique de l’Ouest

  • La recherche a été menée pendant quatre ans et a concerné quarante-six centres de santé communautaire du Mali et du Sénégal

  • Mais selon certains chercheurs, des études additionnelles doivent être menées pour évaluer l’impact de ce type d’interventions dans des centres de santé de niveau supérieur

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[Bamako] Une étude réalisée par des chercheurs français, canadiens et maliens, a montré que la mortalité maternelle peut être réduite de près de 15 % dans les hôpitaux d’Afrique de l’Ouest, avec une combinaison d’actions de formation initiale du personnel de santé et de supervision régulière des équipes obstétricales.

Les résultats des travaux des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) de l’Université de Montréal (Canada) et de l’Unité de recherche et de formation en santé de la mère et de l’enfant (URFOSAME, Mali) ont été publiés courant juillet dans la revue scientifique « The Lancet».

“Le risque pour une femme de mourir en donnant la vie est de 1 sur 16 en Afrique, contre 1 sur 4.000 dans les pays développés.”

 Mamadou Traoré, coordinateur de l’URFOSAME


Selon le coordinateur de l’URFOSAME, Mamadou Traoré, sur environ 529.000 décès enregistrés par an, 99 % surviennent dans les pays en développement, notamment ceux du continent africain.

« Le risque pour une femme de mourir en donnant la vie est de 1 sur 16 en Afrique, contre 1 sur 4.000 dans les pays développés », explique Mamadou Traoré.

Le scientifique malien indique que l’étude s’est déroulée entre 2007 et 2011 et porte sur 46 centres de santé communautaire du Sénégal et du Mali.

« Le personnel médical a eu droit à une formation initiale de 6 jours, laquelle visait à renforcer leurs connaissances et leurs pratiques de soins obstétricaux. La formation initiale a été complétée par des visites de terrains des instructeurs nationaux et internationaux », explique encore M. Traoré.

Ainsi, durant les trois années d’études, ce sont au total 1067 professionnels de santé et 191.167 patientes qui ont participé au programme. 

« Les 191.167 patientes ont été prises en charge, dont 95.931 dans le groupe d’intervention et 95.236 dans le groupe témoin », précise le coordinateur de l’URFOSAME.

Les chercheurs ont constaté une réduction de la mortalité maternelle dans les deux groupes, mais supérieure à 15% dans le groupe d’intervention. 

L’autre observation, c’est la réduction importante de la mortalité néonatale dans le groupe d’intervention par rapport au groupe contrôle (26 % de réduction).

Des conclusions qui confirment l’efficacité du dispositif d’intervention pour renforcer les connaissances et les pratiques du personnel de santé. 

Pour Fanta Dembélé, médecin au centre de santé de référence de la Commune V du district de Bamako, la méthode de combinaison entre la formation initiale du personnel de santé complétée par la supervision régulière des équipes obstétricales, peut être un outil efficace pour améliorer la santé maternelle en Afrique de l’Ouest.

Pour Marie-Angèle Sepamio, de l’Université Cheick Anta Diop de Dakar, les résultats de cette étude constituent un grand pas dans la lutte contre la mortalité néonatale.

Cependant, Mme Sepamio souhaite que d’autres études soient menées « afin de déterminer si les bénéfices de ce type d’intervention peuvent être appliqués aux centres de santé de second niveau. Il s’agit des centres régionaux de santé de plus grande taille.»


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