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Gilles Clémençon lors du test aux HUG.
  • Santé
  • Q&R : L’expérience d’un volontaire au test du vaccin anti-Ebola

Gilles Clémençon lors du test aux HUG.
Crédit image: Gilles Clémençon

Lecture rapide

  • Le volontaire subit au préalable un check-up complet et un test de motivation

  • L’essai ne permet pas de savoir si l’on reçoit du vaccin ou un simple placebo

  • Les effets n’ont pas été violents, mais suffisants pour perturber le quotidien.

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Les hôpitaux universitaires de Genève (HUG) en Suisse ont publié le 1er avril dernier les premiers résultats des tests qu’ils venaient d’effectuer sur 158 volontaires en vue d’évaluer l’efficacité du VSV-Zebov, un candidat vaccin contre le virus Ebola.

L’opération consistait à injecter chez certains une dose de vaccin et chez d’autre un simple placebo.

Au final, ces essais ont révélé que ce candidat vaccin entraînait effectivement la production par l’organisme d’anticorps pouvant neutraliser le virus Ebola ; et que le nombre d’anticorps produits était proportionnel à la dose de vaccin injectée.

Toutefois, le VSV-Zebov a provoqué chez les volontaires de nombreux effets secondaires allant de la fièvre à des dermatites en passant par des douleurs articulaires et des vésicules sur la peau ; des effets "bénins" qui, d’après les HUG, ont disparu au bout de quelques jours ou de quelques semaines.

De toutes les façons, selon les HUG, seuls les essais qui ont commencé en Guinée fin mars 2015 permettront de se faire une idée définitive de l’efficacité de ce vaccin ; étant donné que ces essais vont se faire sur environ 10 000 personnes susceptibles d’être en contact avec des individus déjà malades.

En attendant les résultats de ces tests en Guinée, SciDev.Net a sollicité et obtenu le témoignage de l’un des 158 volontaires concernés par les tests des HUG.

Journaliste à la Radiotélévision suisse (RTS), Gilles Clémençon fait part de ses motivations à se porter candidat pour un tel exercice et rapporte la réaction de son organisme.
 

Qu'est-ce qui vous a motivé à vous porter volontaire pour le test du vaccin anti-Ebola effectué par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG)?

Un mélange d’intérêt personnel, de curiosité et d’intérêt professionnel. L’envie aussi d’apporter, à ma petite échelle, ma pierre à l’édifice.

Professionnellement, ça me paraissait être la meilleure façon de pouvoir expliquer, de façon précise et de l’intérieur, comme le montre le reportage diffusé sur la Radiotélévision suisse (RTS), comment se passe un test de vaccin.

D’autant plus qu’il s’agissait-là d’un test réalisé dans des conditions particulières.


Comment s’est déroulé concrètement votre suivi de la part de l'équipe des médecins des HUG?

“Ce n’était pas spécialement violent, mais suffisamment important pour m’empêcher de vivre normalement.”

Gilles Clémençon

 
Il y a d’abord eu un premier rendez-vous, pour s’assurer de ma motivation, puis un check-up complet.

Ce qui est assez stressant : mon passé médical a été fouillé et on s’imagine toujours qu’on va peut-être découvrir qu’on est porteur de telle ou telle maladie.

Le jour de la vaccination, la motivation du volontaire est encore testée, puis il faut rester en observation à l’hôpital après l’injection, en cas de réaction allergique, ce qui est assez rare.

Le suivi est important juste après la vaccination, avec plusieurs rendez-vous, de très nombreuses prises de sang qui permettent aux Hôpitaux universitaires genevois de réaliser diverses analyses.


Veuillez nous décrire dans les détails ce que vous avez ressenti pendant les heures et les jours qui ont suivi l'administration du vaccin.

Au moment de répondre à cette interview, je précise que je ne sais toujours pas si l’on m’a administré une dose de vaccin ou un placebo. Mais les symptômes ressentis sont conformes  à ceux observés par d’autres volontaires.

J’ai ressenti une légère douleur au bras, vers le site de l’injection et un peu plus de 24 heures après l’injection, quelques frissons et des courbatures, ainsi qu’un peu de fièvre.

Des symptômes qui ont disparu après quelques heures et puis plus rien.

Plus personnellement, j’étais surtout curieux de voir ce qui allait m’arriver. Au final, c’était plutôt "light".


Dans quelle mesure ces symptômes ont-ils influencé votre vie quotidienne?

Le jour où j’ai ressenti les symptômes évoqués ci-dessus, j’ai dû me coucher quelques heures, le temps que les frissons, les courbatures et la fièvre tombent.

Ce n’était pas spécialement violent, mais suffisamment important pour m’empêcher de vivre normalement.


Avez-vous eu recours à d'autres médicaments pour traiter ces symptômes?

J’ai pris quelques antidouleurs pendant la période des symptômes.
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