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Net recul de l’épidémie de méningite au Niger
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  • Net recul de l’épidémie de méningite au Niger

Crédit image: Flickr/Gates Foundation

Lecture rapide

  • Les services de santé notent un fort recul du nombre de cas de méningite à l'échelle du pays

  • La virulence de l'épidémie tient au fait que le Niger est confronté à la souche C de la méningite, réputée la plus violente

  • Les autorités envisagent une concertation sous-régionale pour prévenir de futures épidémies

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Le ministre de la Santé publique du Niger, Mano Aghali, a confirmé à SciDev.Net un fort déclin de l’épidémie de méningite dans le pays.
 
"Nous avons enregistré une baisse substantielle du nombre de cas de méningite dans les districts affectés”, a déclaré Mano Aghali, faisant écho au constat de l’organisation caritative Médecins Sans Frontières (MSF) et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
 
“Dans la région de Tilabéri, où il y avait deux à trois cas signalés chaque semaine, il n’y a aujourd’hui pratiquement plus de cas; il en est de même à Goutchi, où un seul cas a été signalé depuis trois semaines”, a précisé le ministre.
 
Selon MSF, "le nombre total de patients atteints de la méningite a diminué de près de 98%, passant à Niamey de 279 admissions par jour début mai, à 4 admissions par jour début juin."
 
Pour autant, l‘organisation invite à la vigilance, afin d’éviter des rechutes.
 
Dans une note adressée à l’OMS le 11 juin, les autorités nigériennes ont fait état d’un total de 8341 cas suspects, dont 557 décès, pour le compte de l’année en cours, pour un taux de létalité de 6,57%.
 
L’épidémie a atteint son pic début mai, avec 2189 cas confirmés et 132 décès.
 
Or, à la date du 10 juin, un seul cas a été enregistré à l'échelle du pays, ce qui confirme un net recul.
 
Selon les autorités, la virulence de l'épidémie tient avant tout au fait que les services de santé ont été pour la première fois confrontés à la forme C de la méningite, réputée la plus violente.
 
Nouveau protocole
 
Pour le ministre Mano Aghali, il n’y avait "pas suffisamment de vaccins, à l'échelle mondiale. Les stocks sont très limités; ensuite, le protocole de prise en charge des personnes malades de la méningite a été changé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)."
 
L’OMS a en effet recommandé au mois de mars dernier des doses accrues d’antibiotiques pour traiter les patients souffrant de la méningite et les nouvelles recommandations impliquent d'en disposer d’une quantité suffisante et le pari n'était pas gagné d’avance.
 
Mais les autorités nigériennes avaient préparé un stock suffisant de médicaments, ce qui leur a permis de contenir la maladie avec efficacité.
 
Afin de mieux coordonner au niveau régional la riposte à de possibles futures épidémies, les autorités nigériennes assurent avoir eu un échange avec les pays voisins, au mois d’avril dernier, à Genève, en marge de l’Assemblée mondiale de la santé.
 
Elles envisagent également d’organiser une réunion-bilan au niveau local, avant une rencontre internationale rassemblant tous les pays de la ceinture de la méningite, afin de partager avec eux l’expérience du Niger dans la riposte à l'épidémie.
 
Le ministre Mano Aghali pointe également du doigt l’importance pour les entreprises pharmaceutiques de mettre à la disposition du public des vaccins susceptibles de combattre les formes C, W et Y de la méningite.
 
"Ces vaccins ne sont pas produits parce que pour l’instant, ils ne semblent pas être rentables pour l’industrie pharmaceutique. Mais à partir du moment où nous avons connu une épidémie et qu’il y a un risque d’extension aux pays voisins, peut-être bien que les machines vont se mettre enfin en marche, pour mettre ces vaccins à la disposition du public”, a déclaré le ministre.
 
Le Niger estime aussi avoir des besoins en formation de personnel de santé, ainsi que d’un renforcement des structures de santé et de communication.
 
Dans l’immédiat, alors que l'épidémie tire vers sa fin, le ministre nigérien de la santé assure que son département a déjà pré-positionné des médicaments pour la prise en charge des malades, au cas où en 2016, une nouvelle épidémie se déclarerait.
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