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  • Mise à jour sur la grippe porcine et la science : 14 juillet 2009

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Des chercheurs sont en train d’éclaircir le lien entre la grippe porcine – grippe A(H1N1) – et les animaux et les hommes.

Des chercheurs de l’Institut Friedrich-Loeffler, en Allemagne, ont découvert que les porcs peuvent attraper la grippe A(H1N1) des humains et se la transmettre. Dans le Journal of General Virology la semaine dernière (10 juillet), ils ont écrit que si le virus passait des humains aux porcs et revenait chez les humains, il pourrait muter pour devenir plus dangereux.

Deux études publiées au tout début de ce mois (2 juillet) dans le journal Science ont utilisé des furets – de bons modèles animaux de la grippe – pour étudier les différences qui existent entre les grippes saisonnière et la grippe A(H1N1). Ces deux études ont trouvé que la grippe A(H1N1) était plus grave, pouvant causer des problèmes gastro-intestinaux et des vomissements.

Elles ont également trouvé que le virus se répliquait considérablement dans les voies respiratoires alors que celui de la grippe saisonnière était plus superficiel et se répliquait dans les voies nasales des animaux.

Alors que les chercheurs aux Pays-Bas ont découvert que les deux types de grippe avaient la même capacité d’infection des personnes à travers des gouttelettes de salive, l’équipe américaine a découvert que la grippe A(H1N1) était plus difficile à transmettre.

Des chercheurs ont affirmé dans le journal Nature hier (14 juillet) que la grippe A(H1N1) cause plus de dommages aux poumons que la grippe saisonnière et que son virus est semblable à celui de la pandémie de 1918. Elle ne semble pas provoquer de maladie chez les porcs – ce qui explique peut-être que sa circulation n’y soit pas décelée– et les personnes nées avant 1920 peuvent avoir des anticorps contre l’A(H1N1).

Un article publié hier (13 juillet) dans les Actes de l’Académie Nationale des Sciences a donné un aperçu sur l’histoire complexe des virus grippaux. Les chercheurs sont arrivés à la conclusion que les virus des grandes pandémies de grippe sont nés des croisements chez les oiseaux et les mammifères – et ont circulé pendant des années avant de causer des pandémies humaines.

Hier (13 juillet), l’OMS a donné aux compagnies le feu vert pour la production à l’échelle industrielle du vaccin contre la grippe A(H1N1). Marie-Paule Kieny, directrice de l’Initiative pour la Recherche sur les Vaccins, à l’OMS, a déclaré lors d’un point de presse que le Groupe consultatif stratégique d’Experts de l’OMS avait décrit ce virus comme "impossible à stopper" et recommandé que les travailleurs de santé soient priorisés dans les campagnes de vaccination.

Trois cas de virus résistants au Tamiflu ont été recensés jusqu’ici – à Hong Kong, au Japon et aux Pays-Bas. Ils sont toujours sensibles à l’autre médicament efficace, le Relenza, et le mécanisme que cache cette résistance n’a pas encore éclairci. L’OMS affirme qu’elle continuera à surveiller tous les virus pour leur résistance aux antiviraux

La propagation du virus à travers la planète offre un tableau mitigé, c’est ce qu’a reconnu un point de presse de l’OMS la semaine dernière (7 juillet). Keiji Fukuda de l’OMS a déclaré que le virus A(H1N1) était responsable de 99 pour cent de cas de grippe au Chili alors qu’en Afrique du Sud la grippe saisonnière restait dominante.

Fukuda a également annoncé qu’ils donneraient à ce virus le nom de H1N1/09 pour éviter la stigmatisation et de l’industrie de la viande du porc et du lieu où le virus a été découvert.

Lors de la même conférence de presse, il a déclaré : "Nous avons deux nouveaux Centres nationaux de Lutte contre la Grippe en Afrique – l’un au Cameroun et l’autre en Côte d’Ivoire … la surveillance est sans aucun doute meilleure que ce qu’elle était il y a trois ou quatre ans. Nous continuerons à essayer de renforcer les capacités partout dans monde où les pays demandent de l’aide".

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