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  • Les décès des enfants drépanocytaires seraient ‘évitables’

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[NAIROBI] Certains chercheurs pensent que la vaccination pourrait enrayer les infections responsables de la mort de milliers d’enfants africains souffrant de la drépanocytose.

Près de 230 000 enfants drépanocytaires naissent chaque année en Afrique. Cette maladie génétique est responsable de la formation de globules rouges en forme de faucille qui obstruent les vaisseaux sanguins, provoquant douleur, infections et lésions d’organes.

Quatre-vingt-dix pour cent des quelque 200 000 enfants africains qui meurent chaque année de cette maladie décèdent avant qu’un diagnostic n’ait été réalisé.

Les résultats d’une nouvelle étude publiés dans The Lancet aujourd’hui (10 septembre), viennent confirmer les soupçons selon lesquels une grande proportion de ces décès serait due à des infections bactériennes.

Les chercheurs du centre KEMRI-Wellcome Trust ont fait passer des tests à 40 000 enfants admis dans un hôpital kenyan sur une période de dix ans pour des infections bactériennes. Sur les 2,000 enfants souffrant de bactériémie, plus de 100 étaient drépanocytaires – soit 26 fois le niveau dans la population en général.

Les chercheurs estiment qu’un quart des décès à Kilifi, où l’étude a été menée, serait constitué d’enfants drépanocytaires, les infections bactériennes en étant responsables d’une proportion importante.

Le chercheur principal Tom Williams, directeur de recherches auprès du Wellcome Trust centre et maître de conférences en Médecine tropicale à l’Université d’Oxford, affirme que ces décès pourraient être facilement évités avec l’immunisation.

“Tous les enfants courent le risque d’attraper une infection bactérienne, mais un enfant drépanocytaire l’est beaucoup plus qu’un autre qui ne l’est pas".

“Notre étude offre une forte impulsion pour l’introduction des programmes de vaccination pour tous les enfants en Afrique, une mesure qui améliorera de manière radicale les chances de survie des enfants nés avec la drépanocytose. Les politiques de santé doivent s’appuyer sur des preuves solides telles que cette recherche, plutôt que sur des rumeurs et des préférences personnelles".

Strepococcus pneumonia et Haemophilus influenza de type b sont responsables de plus de la moitié des infections bactériennes. Toutes deux peuvent causer la mort par méningite ou pneumonie, alors même que des vaccins existent contre ces maladies.

Williams appelle également à davantage d’examens de dépistage pour quantifier la prévalence et le taux de mortalité de la drépanocytose en Afrique.

“Les chiffres sur les enfants qui meurent de paludisme et d’autres infections sont disponibles, mais on dispose toujours de peu d’informations sur ceux qui meurent de la drépanocytose".

Lien vers l’article complet dans The Lancet*

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