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  • Le paludisme des singes pourrait être transmissible à d'autres espèces

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Un parasite du paludisme des gorilles a été identifié chez un singe africain, ce qui laisse penser qu'il est passé d'une espèce à l'autre et qu'il pourrait être transmissible aux hommes.

 Cette découverte a conduit certains experts du paludisme à émettre l'hypothèse que, s'il a pu se transmettre entre différentes espèces de singes, la transmission du paludisme des singes aux hommes pourrait déjà avoir eu lieu. Ils ont préconisé que des recherches supplémentaires soient réalisées pour quantifier les risques.

"Les preuves sont suffisantes pour que des recherches plus approfondies soient réalisées sur la possibilité que ces parasites soient également transmissibles aux hommes", a déclaré Beatrice Hahn, Professeur de médecine à l'Université d'Alabama à Birmingham, aux États-Unis. "Nous devons examiner les hommes qui vivent dans des endroits où se trouvent différents types de moustiques qui piquent également les primates, afin de déterminer s'ils sont vulnérables aux parasites des primates".

Les populations de gorilles sauvages qui vivent dans les forêts sont connues pour garder une souche du parasite du paludisme qui est très similaire à la souche humaine Plasmodium falciparum. Les macaques que l'on trouve en Asie du sud-est portent un autre parasite du paludisme, Plasmodium knowlesi, qui constitue une menace potentielle pour les hommes.

C'est cependant la première fois qu'une souche de P. falciparum semblable à celle qui cause le paludisme chez l'homme, a été découverte sur un singe, à savoir le pain à cacheter du Gabon (Cercopithecus nictitans).

Le fait que "les différences génétiques avec la souche humaine soient si minces" soulève la possibilité que le paludisme des singes pourrait se transmettre aux hommes", a déclaré François Renaud, chercheur au Centre national de la recherche à Montpellier, en France, et coauteur de l'étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences (5 juillet).

Le risque que les parasites soient transmis aux hommes s'accroît à mesure que les hommes et les singes sont de plus en plus en contact en raison de la déforestation, de la chasse commerciale et de la croissance démographique.

B. Hahn, qui n'a pas participé à cette étude, a indiqué à SciDev.Net que : "un seul cas de transmission entre espèces peut potentiellement aboutir à une pandémie humaine majeure".

David Conway, Professeur de biologie à la London School of Hygiene & Tropical Medicine , au Royaume-Uni, a cependant indiqué que le réservoir de paludisme chez les singes africains devait être très limité eu égard à la faible prévalence constatée dans cette étude.

Selon lui, "avec un peu chance, le paludisme des singes sera bientôt reconnu comme un important domaine de recherche, mais en examinant ce que cela représente pour la santé publique, il est important de replacer ce risque dans son contexte. La prévalence du paludisme des hommes est bien plus élevée, sauf dans certaines régions de l'Asie du sud-est où elle a été réduite et où l'importance du paludisme chez les singes est devenue plus visible".

Chercher des cas infections du paludisme des singes chez des hommes revient à "chercher une aiguille dans une meule de foin", a-t-il déclaré en ajoutant qu'"il y a de grandes chances que les cas d'hommes infectés se présentent exceptionnellement dans la forêt".

"Dans ce cas spécifique, l'agent vecteur du paludisme est le facteur clé permettant de déterminer tout risque relatif à la santé publique", a déclaré D. Conway. "L'identification des espèces de moustiques qui transmettent chaque souche du parasite est un domaine de recherche négligé qui a besoin de financements supplémentaires".

Lien vers un résumé de l'article publié dans PNAS (en anglais)

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