Rapprocher la science et le développement

  • Le paludisme a été transmis à l'être humain par des gorilles

Shares

Il est très probable que les gorilles aient été la première source du paludisme chez les êtres humains, et le parasite a sans doute sauté d'une espèce à l'autre il y a environ 5000 ans – telles sont les conclusions de certains chercheurs, qui s'apprêtent à effectuer des tests de dépistage aux hommes vivant à proximité des gorilles, dans le but de voir si le parasite continue encore de circuler entre ces deux populations.

Une équipe internationale de chercheurs travaillant au Cameroun, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo (RDC), a montré que le Plasmodium falciparum, parasite responsable de la plus dangereuse forme de paludisme, a probablement fait un simple saut adaptatif unique, et ce depuis les gorilles – et non des bonobos ou des chimpanzés comme on le pensait auparavant.

Cette découverte pourrait influencer la compréhension du paludisme de la même manière que les comparaisons de la biologie du VIH avec ses équivalents chez les singes ont donné aux scientifiques un meilleur aperçu sur les mécanismes de cette maladie.

L'équipe, dont les travaux ont paru dans l'édition de Nature d'aujourd'hui (23 septembre), a recueilli des milliers d'échantillons de fèces de grands singes qu'elle a examinés à la recherche des parasites du paludisme.

Pour la chercheuse principale, Béatrice Hahn, professeur à l'Université d'Alabama à Birmingham (UAB), aux Etats-Unis, " je ne peux pas imaginer qu'en étudiant le plus proche parent du P. falciparum des êtres humains chez les gorilles, celui-ci ne fournirait pas d'importants indices pour expliquer pourquoi le parasite connu chez l'humain est si pathogène".

Pour Jean-Bosco N. Ngona, co-auteur de l'étude et chercheur à l'Université de Kisangani, en RDC, des travaux plus poussés sont aujourd'hui nécessaires pour déterminer si des interactions paludiques entre les gorilles et les êtres humains persistent.

"Cela nous donnerait une orientation sur ce à quoi on pourrait s'attendre à l'avenir", poursuit Hahn. "A mesure que les efforts d'éradication à venir donnent des fruits, on risque de créer un créneau dans lequel pourrait s'insérer un nouveau parasite".

Pour Nathan Wolfe, directeur du Global Viral Forecasting Initiative (GVFI), ces travaux représentent une "grande découverte ... nous devons réfléchir sur la possibilité que certains de ces parasites puissent passer chez la population humaine".

Or de tels mouvements pourraient passer inaperçus dans le monde en développement, où le diagnostic de la présence du parasite du paludisme se fait par l'examen de sa structure et de sa forme, et non de ses gènes.

"Il est très probable que si l'un de ces autres parasites était retrouvé chez un être humain, il serait mal diagnostiqué comme étant le P. falciparum".

Link to full article in Nature.

Republier
Nous vous encourageons à reproduire cet article en ligne ou sur support papier. La reproduction est libre de droit, suivant les termes de notre licence Creative Commons. Nous vous prions cependant de suivre ces directives simples :
  1. Vous devez créditer nos auteurs.
  2. Vous devez créditer SciDev.Net — dans la mesure du possible, veuillez insérer notre logo, avec un rétrolien vers l’article originel.
  3. Vous pourriez aussi simplement publier les premières lignes de l’article et ajouter ensuite la mention: "Veuillez lire l’intégralité de l’article sur SciDev.Net", avec un lien vers l’article originel.
  4. Si vous souhaitez aussi reprendre les images publiées avec cet article, veuillez vérifier avec les détenteurs de droits d’auteur que vous êtes autorisés à les utiliser.
  5. Le moyen le plus facile de reproduire l’article sur votre site est d’intégrer le code ci-dessous. 
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre page media et nos conseils pour la reproduction.