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  • La recherche avance sur le parasite du paludisme

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Des chercheurs ont mis à jour les premiers éléments de différentiation entre le développement du parasite du paludisme dans l’environnement variable du corps humain, diffère et son développement en laboratoire, dans un contexte autrement plus stable.

Les résultats de leur étude, publiés sur le site Web de Nature aujourd’hui (29 novembre), pourraient aider à expliquer les raisons pour lesquelles les symptômes sont plus forts chez certains patients.

Les chercheurs du Sénégal et des Etats-Unis ont examiné plusieurs patients à l’hôpital de Vélingara dans l’est du Sénégal – où le paludisme est particulièrement endémique – et ont prélevé des échantillons de sang sur 43 enfants d’âges différents présentant une variété de symptômes.

Les tests génétiques subséquents sur le parasite du paludisme, Plasmodium falciparum, extraits de ces échantillons, ont révélé que chaque hôte humain avait influencé la physiologie du parasite et avait eu un impact sur sa virulence, selon le co-auteur Daouda Ndiaye, de l’hôpital Le Dantec à Dakar, au Sénégal.

Les chercheurs déclarent qu’il y aurait une "diversité physiologique jusque là insoupçonnée" dans la biologie du paludisme dans un organisme vivant.

"C’est une véritable avancée," a dit Ndiaye. "Même si seulement 43 patients ont été examinés, nous avons identifié deux nouveaux états biologiques du parasite." Ils ont constaté que les parasites pouvaient être en état de croissance, en état de manque de nourriture ou de stress – tandis que seul le premier état était apparent lors des études en milieu de culture.

Selon la co-auteur Elizabeth Winzeler, de l’Institut de génomique de la Fondation Novartis, en Californie (Etats-Unis), les scientifiques font des pronostics sur le métabolisme du parasite du paludisme fondées sur des observations faites en laboratoire, qui ne correspondent l’environnement fluctuante du corps humain.

"Cette étude démontre que nous ne devrions pas faire de tels pronostics et que la physiologie des parasites dans le corps humain pourrait être différente de leur physiologique à l’intérieur d’un flacon. Ce travail pourrait nous aider à comprendre les raisons pour lesquelles certains médicaments n’ont pas l’effet attendu dans le combat contre la maladie," a-t-elle déclaré au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net).

Cette étude contribuera au développement de médicaments antipaludiques et augmentera les chances de découvrir un vaccin contre le paludisme, a ajouté Winzeler. "Ceci pourrait permettre de mettre au point des combinaisons médicamenteuses plus efficaces, qui cibleraient simultanément l’ensemble des états physiologiques du parasite [dans le corps humain et en laboratoire]. De meilleures combinaisons médicamenteuses réduiraient le risque de voir émerger la pharmacorésistance."

Références

Nature doi 10.1038/nature06311 (2007)

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