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  • La grippe porcine et la science : qui écrit quoi sur le virus

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A mesure que la grippe porcine gagne tous les continents, les scientifiques tentent d'améliorer leur compréhension du virus – en particulier sa probabilité de mutation. De la mine d'informations disponibles dans les médias, Scidev.Net a sélectionné certains des meilleurs articles qui passent en revue le retard de la science sur le phénomène de la grippe aviaire. 

Pour Wendy  Barclay - professeur de virologie de la grippe à l'Imperial College de Londres,au Royaume-Uni – la grippe porcine connue actuellement sous le nom de virus A(H1N1) est un virus à triple segment. Il est constitué de segments des virus des grippes humaine, porcine et aviaire, a déclaré Barclay à New Scientist dans une tribune d'expert

Dans un entretien accordé à la revue Science sur la mutation de la grippe porcine, Kennedy Shortridge – un virologue à l'Université de Hong Kong – a mis en garde sur la probabilité de ce mélange de se développer à mesure que le virus se répandrait, déclarant.: « plus le virus se répand, plus les chances de le voir se mélanger ou reconstituer un assortiment avec d'autres virus de la grippe en circulation et devenir encore plus dangereux sont importantes».

Selon lui, il existe dans certaines régions des souches humaines du virus qui sont résistantes au traitement actuel à base de Tamiflu. C'est pourquoi, il conseille vivement de séquencer le plus   d'échantillons viraux possible pour permettre de prévoir les changements qui pourraient intervenir chez le virus.  

Afin de comprendre l'expansion du virus, Ira Longini et ses collègues de l'université de Washington, aux USA, essaient de réunir le plus de données possibles sur le numéro de base de reproduction du virus R0, une variable qui révèle le nombre de nouvelles infections causées par chaque personne infectée. Longini a déclaré à Science que c'est le facteur clé pour déterminer l'expansion du virus.

Pour Joseph Wu de l'Université de Hong Kong, une des stratégies pour endiguer la résistance aux médicaments consiste à "ne pas utiliser la molécule principale tant que le nombre de cas cumulatifs n'est pas suffisamment haut."  Stocker un seul médicament encourage la résistance, a-t-il dit au journal New Scientist.

Les origines du virus constituent un autre mystère.

The Guardian, le quotidien britannique, rapporte que des scientifiques des Nations unies essaient de déterminer si La Gloria, Mexique, est la source du virus. Ce village est suspecté depuis que des échantillons prélevés sur un enfant âgé de cinq ans venant de cette localité ont permis d'établir la provenance du premier cas déclaré de la maladie. D'autres théories parlent de travailleurs migrants ayant apporté la maladie au Mexique depuis la Californie ou que la première source serait une femme de 39 ans originaire de l'Etat de Oaxaca, au sud du Mexique.   

Barclay a déclaré à New Scientist que des scientifiques cherchent également à comprendre pourquoi des malades hors du Mexique ont eu des symptômes relativement faibles. Jusqu'à présent, il n' y a pas de preuve que la structure génétique des souches mexicaines diffère de celles qui sont présentes aux Etats-Unis affirme Barclay.  

BBC Online rapporte que l'analyse préliminaire du virus suggère que c'est "une souche assez bénigne". Dans un résumé des connaissances sur la grippe porcine, des scientifiques soutiennent qu'il faut qu'il y ait d'autres mutations pour provoquer des décès massifs, mais l'évolution future du virus demeure inconnue. Des scientifiques du R-U commenceront à  analyser aujourd'hui (1er mai) des échantillons du virus venant des USA. La recherche est primordiale pour déterminer la structure du virus, son origine et comprendre sa capacité à se répandre.    

Barclay a déclaré à BBC Online que "les premières indications suggèrent qu'aucun élément de la structure génétique du nouveau virus ne serait préoccupant »..

Des hypothèses préliminaires ont conclu que le H1N1 se fixe sur les voies respiratoires supérieures et se répand facilement par le canal de la toux et de l'éternuement mais ne cause que des infections bénignes. Il est différent du H5N1, le virus de la grippe aviaire, qui se fixe beaucoup plus bas sur les poumons et cause une maladie plus grave, bien que la transmission humaine soit rare.

Mais d'après "BBC Online, "il faudra des semaines voire des mois d'analyses biologiques" pour déterminer avec exactitude le potentiel du H1N1.

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