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  • La carte de l'infection à loase améliore les perspectives pour d'autres maladies

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[NAIROBI] La première cartographie ayant été réalisée de la distribution et de la prévalence de la filariose à Loa loa (loase) en Afrique pourrait aider à concevoir de meilleures stratégies pour traiter la cécité des rivières et la filariose lymphatique.

Selon une étude publiée dans PLoS Neglected Tropical Diseases (28 juin), plus de 14 millions de personnes vivent dans des zones à haut risque dans dix pays africains. Cette maladie, qui affecte la peau et les yeux, est causée par le vers Loa loa, également appelé vers africain de lʹœil, et transmise par les piqûres de chrysopes (espèces de chrysopes)*.

Honora Gustave Marie Zouré du Programme africain de lutte contre lʹonchocercose (APOC) de lʹOMS, qui a réalisé la cartographie, a indiqué que cette étude fournissait une première estimation de la distribution géographique et de la prévalence, en sʹappuyant sur des données obtenues par des enquêtes de terrain à large échelle.

La loase est lʹune des maladies tropicales négligées ; elle est considérée comme importante en Afrique car ceux qui en sont infectés peuvent souffrir des efforts supplémentaires quʹils doivent faire pour soigner dʹautres maladies.

Pendant les années 1990, par exemple, plusieurs patients fortement infectés par le vers africain développaient de graves réactions neurologiques indésirables suite au traitement à lʹivermectine, qui est également utilisé pour soigner la cécité des rivières (onchocercose) et la filariose lymphatique (elephantiasis), une autre maladie parasitaire causée par un nématode.

Dʹaprès cet article, les risques dʹeffets secondaires graves chez les personnes doublement infectées par la loase constituaient un obstacle majeur pour éliminer la filariose lymphatique et contrôler la cécité des rivières en Afrique centrale. Maintenant que les zones à faible risque ont été cartographiées, la campagne pour éliminer la filariose lymphatique peut continuer.

H. G. M. Zouré a déclaré à SciDev.Net que la principale stratégie utilisée pour éliminer la cécité des rivières est un traitement à lʹivermectine géré par la communauté. La communauté sélectionne des volontaires qui collectent lʹivermectine dans lʹétablissement de santé le plus proche, puis elle décide comment et quand administrer le médicament.

Selon lui, "cette carte aidera à informer les législateurs sur la stratégie de traitement quʹils peuvent employer : soit il est possible de distribuer lʹivermectine destinée à une administration de masse du médicament sans risque mais en prenant un minimum de précautions, soit il est nécessaire de prendre des mesures avant de commencer le traitement".

David Taylor, Professeur dʹimmunologie à lʹUniversité dʹÉdimbourg, au Royaume-Uni, a indiqué que : "les programmes de traitement gérés par les communautés ont été dʹune grande aide pour atteindre ceux qui ont besoin de soins. Au vu du travail requis pour mettre en place de tels montages, il est particulièrement important de savoir précisément où se situent les co-infections".

Selon D. Taylor, "le problème est quʹil est impossible dʹutiliser le traitement de masse à lʹivermectine dans les zones ou la loase dépasse un certain niveau de prévalence, [étant donné quʹ] un nombre considérable de personnes ont tant la loase que lʹonchocercose".

"La cartographie aidera à établir les interventions selon les inquiétudes que soulèvent les réactions secondaires indésirables et qui semblent être liées à la prévalence et à lʹintensité".

Les pays concernés par cette étude incluaient lʹAngola, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, le Gabon, le Nigeria et le Soudan.

Lien vers lʹarticle complet dans PLoS Neglected Tropical Disease (en anglais)

*mis à jour, pour clarification, le 9 août 2011

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