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L'Afrique de l'Ouest se mobilise contre le virus Ebola

Crédit image: Flickr/ Microbe World

Lecture rapide

  • L'épidémie d'Ebola qui sévit en Afrique de l'Ouest a déjà fait 67 morts, principalement en Guinée et des cas suspects ont été signalés au Liberia et en Sierra Leone

  • L'origine de l'épidémie n'est pas établie avec certitude, mais l'OMS a envoyé des équipes d'épidémiologistes et d'anthropologues en Guinée

  • Les pays de la sous-région, à l'instar du Sénégal, se mobilisent et prennent des mesures de prévention.

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C'est la première fois que la Guinée est affectée par une épidémie de fièvre hémorragique de type Ebola. La maladie s'est déclarée dans la région forestière du pays et a fait des dizaines de morts depuis le début de l'année.
 
Sur le plan scientifique, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu'il est encore trop tôt pour déterminer avec certitude les causes de l'épidémie.
 
Mais l'OMS a envoyé sur place une équipe composée d'épidémiologistes, de logisticiens et d'anthropologues pour mener une enquête approfondie.
 
"Pendant que nous essayons de prendre des mesures pour contenir l'épidémie, nous étudions aussi les conditions qui ont présidé à son avènement. Pour l'heure, on sait qu'elle s'est déclarée dans une zone éloignée, suivant un scénario similaire à celui des épidémies précédentes", a déclaré à SciDev.Net Tarik Jazarevic, porte-parole de l'Organisation Mondiale de la Santé, à Genève.
 
Les réservoirs de virus se retrouvent généralement chez les animaux et la contamination s'opère donc le plus souvent dans les zones rurales.
 
En Guinée, le gouvernement a du reste déjà interdit la vente et la consommation de la viande de chauves-souris, très prisée dans le pays et suspectée d'être à l'origine de l'épidémie.
 
Dans le contexte actuel, avec les cas suspects détectés au Liberia et en Sierra Leone, des voix s'élèvent pour s'inquiéter de la possibilité d'une extension de l'épidémie à plusieurs autres pays de la sous-région, en raison, notamment, de la porosité des frontières et, surtout, de la faiblesse des infrastructures de santé dans les pays concernés.
 
Toutefois, selon l'OMS, il n'existe pas de risque majeur d'une généralisation de l'épidémie à l'ensemble de la sous-région.
 
"Moins que les moyens financiers ou logistiques, c'est une participation communautaire à l'effort de prévention qui est requise pour faire face à l'épidémie. Il faut que la population comprenne ce qui se passe, les moyens de prévention", explique Tarik Jarazevic.
 
"Il faut savoir que Guékédou, la ville où se trouve l'épicentre de l'épidémie, se trouve à la frontière avec le Liberia et la Sierra Leone. Il existe donc une possibilité que des cas soient identifiés dans d'autres pays. Mais les personnes infectées par le virus d'Ebola développement rapidement des symptômes et ne sont pas en mesure de voyager. C'est ce qui pousse à dire que le virus ne voyage pas. Cela étant, il faut rester vigilant et mettre en place des mesures appropriées pour s'assurer que le virus sera contenu."
 
Dans la sous-région, certains pays ont déjà mis en place une batterie de mesures pour prévenir une épidémie.

Ainsi, les autorités sénégalaises ont décidé de renforcer la surveillance épidémiologique. Une série de mesures ont été prises, notamment l’envoi de la fiche technique de la maladie  à toutes les structures sanitaires, la mise en alerte des services sanitaires au niveau des frontières aériennes, maritimes et  terrestres, ainsi que l’identification au niveau de tout le pays de structures habilitées éventuellement à recevoir des malades.

"Nous ne sommes pas en situation épidémiologique", insiste le directeur de la prévention sanitaire au ministère sénégalais de la Santé, El Hadj Mamadou Ndiaye, dans une interview avec SciDev.Net.
Le responsable sénégalais demande néanmoins aux populations des zones frontalières d’être particulièrement vigilantes.

"Un numéro vert vient d’être mis en place pour nous aider à fournir toute information utile à notre population mais aussi pour en recevoir. Nous sommes en train de faire une expression des besoins pour mobiliser les ressources et les équipements adéquats. Le comité de gestion des épidémies doit adresser très rapidement des requêtes en ce sens aux partenaires clés comme l’Om et l’Unicef."

Dans la mesure où les hôpitaux sénégalais sont souvent fréquentés par les Guinéens, dans les zones frontalières comme Kédougou, Sedhiou, Kolda et Ziguinchor, mais aussi à Dakar, les fiches techniques distribuées par les autorités sanitaires doivent aider le personnel soignant à dresser l’historique de toute pathologie suspecte pouvant être en rapport avec la situation en Guinée.

Deux autres pays de la région, la Guinée-Bissau et la Côte d'Ivoire, ont renforcé leurs dispositifs de prévention. L'épidémie d'Ebola s'est rapidement déclenchée en Guinée forestière, une région du sud-est du pays. A ce jour, 86 cas, dont 59 décès, ont été enregistrés. Des cas d'Ebola ont été signalés à Guékédou, Macenta, Nzérékoré et Kissidougou.
 
Six échantillons de sang testés à l'Institut Pasteur à Lyon, en France, ont révélé la présence du virus Ebola, confirmant la première épidémie d'Ebola en Guinée. Selon les experts, il s'agit de la souche Ebola Zaïre, une variante qui a déjà affecté plusieurs pays africains.
 
Six autres cas ont été confirmés par les laboratoires de l'Institut Pasteur, à Dakar, avec l'appui de l'OMS.

Cet article est une production de la rédaction Afrique Sub-saharienne de SciDev.Net

Références


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