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Dix millions de dollars pour éradiquer Ebola en Afrique de l'Ouest

Crédit image: Flickr/Unicef

Lecture rapide

  • Onze pays africains réunis à Accra ont arrêté un plan de lutte contre le virus d'Ebola, qui affecte l'Afrique de l'Ouest depuis le début de l'année

  • Le plan d'action, estimé à 10 millions de dollars, devrait être financé par les Etats de la région, avec l'aide de la communauté internationale

  • L'épidémie a fait, à ce jour, près de 500 morts dans la région

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[ACCRA] A l'issue de la conférence d'Accra, qui s'est, pour l'essentiel, déroulée à huis-clos, les participants ont arrêté un plan en 22 points comprenant, entre autres, des campagnes de sensibilisation des populations, l'amélioration des conditions de prise en charge des personnes atteintes et la coordination transfrontalière des actions entre les partis prenantes.
 
Ils ont également recommandé la création d'un centre sous régional de veille, qui devrait être basé en Guinée-Conakry et demandé instamment aux chefs d'Etat de jouer un rôle de premier plan dans la mise en œuvre du plan.
 
L'ensemble des ressources nécessaires pour assurer la mise en œuvre des recommandations de la conférence d'Accra sont estimées à dix millions de dollars – près de 5 milliards de Franca CFA.
 
Mais les ministres de la santé du Liberia, du Ghana, de Guinée, de Sierra Leone et le directeur général adjoint en charge de la sécurité sanitaire et de l'environnement de l'OMS, Keiji Fukuda, ont fait observer que le financement du plan pourrait poser problème.
 
Un appel a donc été lancé en direction des partenaires au développement, pour aider à mobiliser des ressources financières dans un délai de six mois.
 
Sylvie Briand, directrice du département de lutte contre les pandémies et épidémies à l’OMS, a expliqué à SciDev.Net que "dans l’immédiat, les pays concernés vont devoir consacrer plus de ressources à la lutte contre l'épidémie, car il vaut mieux investir ces moyens maintenant plutôt que dans les prochaines semaines, lorsque la maladie fera plus de dégâts. Les partenaires vont aider à renforcer la réponse régionale, via la coopération  bilatérale."

Fonds spécial africain

Luis Gomes Sambo, le directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, a quant à lui évoqué la possibilité de recourir au fonds spécial pour les urgences en matière de santé publique, mis en place par les gouvernements africains, sans toutefois préciser le montant susceptible d'être alloué au plan d'urgence pour lutter contre l'épidémie d'Ebola.
 
De plus, les chefs d'Etat de la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) devraient à leur tour se réunir à Accra les 11 et 12 juillet prochains, pour se pencher sur la question.
 
Le directeur régional de l'OMS a aussi précisé que l'une des batailles que les ministères africains de la santé devront coûte que coûte remporter est celle de la sensibilisation des populations, notamment celles vivant en milieu rural où les traditions ont la peau dure.
 
L'exemple le plus cité est celui de la Guinée où, en dépit de nombreux appels, les populations, au nom de l'observance de leurs rites funéraires, continuent de manipuler sans précaution les corps des personnes décédées du virus d'Ebola, chose qu'a déploré le ministre guinéen de la Santé.
 
"En Guinée, nous avons dû prendre des mesures drastiques pour contrer l'épidémie. Par exemple, on a interdit le transport des corps lors des funérailles sans les agents de la Croix-Rouge. On a aussi construit des morgues près de chaque mosquée, pour éviter justement que les gens aient à transporter des corps", a déclaré Rémy Lamah à SciDev.Net.
 
La réunion d'Accra a également donné lieu à des échanges d'expérience en matière de lutte contre le virus Ebola.
 
Echange d'expériences

Les pays d’Afrique Centrale et orientale comme le Congo et l’Ouganda, qui ont déjà connu cette épidémie, ont ainsi prodigué des conseils en matière d'organisation et de protection des communautés. Sylvie Briand explique que cet échange était indispensable, vu l'ampleur de l'épidémie: "ce sont des épidémies très complexes, qui ne concernent pas que les acteurs de la santé, mais toutes les parties prenantes. Il était donc important pour les pays d'Afrique de l'ouest de profiter de l'expérience de ceux d'autres régions qui ont eu à y faire face."
Organisée à l'initiative de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la réunion d'Accra, qui s'est tenue les 2 et 3 juillet, avait pour objet la mise en place d'un plan de riposte contre la propagation du virus Ebola en Afrique de l'Ouest, où 750 cas ont été recensés depuis mars, dont 500 morts.
 
Quelque 550 délégués ont participé à la réunion, au premier rang desquels les ministres de la santé de la RDC, de Gambie, du Ghana, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Liberia, du Mali, du Nigeria, du Sénégal, de la Sierra Leone et de l'Ouganda.

Cet article est une partie du Dossier: Vaincre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest.

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