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  • Des preuves supplémentaires du rôle des roussettes dans la fièvre Ebola

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Certains éléments suggèrent que ce sont les roussettes qui transmettraient le virus Ebola aux humains et joueraient un rôle décisif dans le déclenchement des épidémies.

L'Ebola, un filovirus, provoque la fièvre, les vomissements, la diarrhée et parfois l'hémorragie. Il n'existe pas de traitement ou de vaccin contre cette maladie qui tue de 25 à 90 pour cent de personnes infectées. Le virus se transmet par contact direct avec du sang, des liquides ou tissus organiques infectés.

La découverte du rôle joué par les chauve-souris a émergé des données collectées dans les provinces reculées du Kasai-Occidental et du Kasai, en République démocratique du Congo (RDC), régions qui ont connu une grande épidémie d'Ebola en 2007 qui a fait 186 victimes.

Certains membres de l'équipe de recherche ont contribué en 2005 à la découverte permettant d'identifier les roussettes comme le réservoir naturel du virus Ebola (voir Les roussettes responsables des épidémies d'Ebola)

La nouvelle étude fut menée par des chercheurs sous la direction d'Eric Leroy du Centre international de Recherche médicale de Franceville, au Gabon. Les chercheurs ont interrogé la population locale sur l'origine des cas d'Ebola. Ils ont ainsi appris que la migration annuelle des roussettes Hypsignathus monstrosus a été particulièrement importante en 2007.

Les roussettes constituent une importante source de protéines dans cette région par ailleurs pauvre en animaux sauvages. Les chauve-souris y sont ainsi fréquemment abattues et vendues, couvertes de sang. 

Les chercheurs pensent que la source de l'épidémie de 2007 remonte à un homme, acheteur de roussettes au marché. Si lui a survécu, n'ayant eu qu'une fièvre légère, sa fille de quatre ans est morte après avoir développé une fièvre subite accompagnée de vomissements. Un ami de la famille qui a préparé le corps de la fillette pour l'enterrement a été infecté et a ensuite transmis l'infection a 11 membres de sa famille, qui sont tous morts.

Les chercheurs affirment que leur étude suggère ainsi que l'infection ne se transmet qu'après un contact prolongé avec une personne infectée ; il pourrait donc être plus facile de circonscrire une infection qu'on ne le pensait précédemment.

Jean-Jacques Muyembe, épidémiologiste auprès de l'Institut national de la Recherche biomédicale de RDC et co-auteur de l'étude, a déclaré au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net) que l'équipe continuera à reconstituer les évènements lors des épidémies et à effectuer des études écologiques sur les roussettes, "dans le but de prouver une fois pour toutes que ces chauve-souris sont les vecteurs transmettant directement le virus de la fièvre Ebola aux humains".

Pour Vital Mondonge, un des co-auteurs, et affilié à la section des maladies infectieuses du ministère de la santé de RDC, la migration des roussettes devrait désormais être au centre des efforts de prévention de l'infection de l'Ebola.

Les chimpanzés et les gorilles sont également connus des vecteurs d'Ebola identifiés. Or les roussettes ne meurent pas d'Ebola ; cela suggère qu'elles jouent un rôle dans la présence permanente du virus dans les forêts tropicales.

Les résultats de cette recherche ont été publiés au mois de mars dans Vector-borne and Zoonotic diseases.

Lien vers l'article complet dans Vector-borne and Zoonotic diseases

Références

Vector-Borne and Zoonotic Diseases doi 10.1089=vbz.2008.0167 (2009)

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