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Début imminent de tests de vaccins anti-Ebola en Afrique de l'Ouest

Crédit image: Flickr/NIAID

Lecture rapide

  • Un candidat vaccin contre le virus d'Ebola sera testé dans les prochains jours sur 80 volontaires, en Gambie et au Mali

  • Ces tests sont l'aboutissement d'un effort exceptionnel de la communauté scientifique internationale, pour contenir l'épidémie d'Ebola, qui a fait à ce jour plus de 2100 morts en Afrique de l'Ouest

  • Selon l'OMS, si les tests de sûreté se révèlent concluants, il est envisageable de commencer une campagne de vaccination dès le mois de novembre.

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Selon Margaret Harris, de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), deux vaccins candidats sont à l'étude. L'un d'eux, le CHad3, basé sur les adénovirus du chimpanzé, est en cours de test sur des êtres humains, aux Etats-Unis.

Deux autres essais de sûreté sont prévus en Europe et au Mali, dans le courant du mois de septembre. "En raison de la rapidité de mise en œuvre de cet essai et vu la nature des tests de sûreté - les effets de rejet se manifestent peu après l'administration de la dose d'essai -, les chercheurs espèrent avoir à disposition les données afin de pouvoir les analyser dès le mois de novembre", a déclaré à SciDev.Net Margaret Harris.

Les essais sur l'homme de ce candidat vaccin, développé conjointement par les Instituts nationaux américains de la santé (NIH) et les laboratoires GlaxoSmithKline, ont été accélérés grâce à un financement d'un consortium international constitué pour apporter une réponse immédiate à l'épidémie d'Ebola.

Une subvention £ 2,800,000 – environ 2,3 milliards de Francs CFA - de la Wellcome Trust, du Medical Research Council (MRC) et du Département britannique pour le développement international (DFID) permettra à une équipe dirigée par le professeur Adrian Hill, de l'Institut Jenner de l'Université d'Oxford, de commencer les tests de sûreté du vaccin, parallèlement aux essais similaires menés aux Etats-Unis et dirigés par l'Institut national des maladies allergiques et infectieuses (NIAID, une composante des NIH).

Le financement du consortium permettra également à GSK de commencer à fabriquer jusqu'à près de 10.000 doses supplémentaires de vaccin en même temps que les premiers essais cliniques, de sorte qu'en cas de succès des essais, des stocks de vaccins puissent être mis immédiatement à la disposition de l'OMS dans le cadre d'un programme de vaccination d'urgence pour les communautés à haut risque.

80 volontaires

L'information est corroborée par Margaret Harris, qui précise qu'il devrait être "possible, si les tests de sûreté indiquent que ce vaccin peut être utilisé, de commencer à vacciner les gens en novembre."

En Gambie comme au Mali, 80 volontaires recevront des doses du candidat vaccin. 

“Il est possible, si les tests de sûreté indiquent que ce vaccin peut être utilisé, de commencer à vacciner les gens en novembre.”

Margaret Harris, OMS

Au Mali, l'étude sera supervisée par Myron Levine, du Centre pour le développement de vaccins de l'école de médecine de l'Université du Maryland et Samba Sow, directeur du centre pour le développement des vaccins, une initiative conjointe de l'Université du Maryland et du ministère de la Santé du Mali.

"Nous sommes en train de boucler les approbations des comités d’éthique et de mettre en place l’équipe de recherche", a déclaré à SciDev.Net Mike Levine.

"Début octobre, les premiers participants recevront le vaccin. Cet essai de phase 1 portera sur 40 personnes au Mali, des adultes de 18 à 40 ans, qu'on choisira de préférence parmi le personnel sanitaire chargé de s’occuper des cas suspects et aussi les personnes les plus exposées’’, a renchéri Samba Sow, directeur du centre pour le développement des vaccins (CDV-Mali) et membre du comité d’intervention rapide mis en place pour contrer la menace d’Ebola.

Le vaccin candidat développé par le NIAID et les laboratoires GlaxoSmithKline est basé sur une souche atténuée de virus du chimpanzé appelé adénovirus de type 3 (ChAd3).

L'adénovirus est utilisé comme un support ou vecteur, pour fournir du matériel génétique bénin dérivé du virus Ebola Zaïre, à l'origine de l'épidémie actuelle d'Ebola en Afrique de l'Ouest.

Le matériel génétique contenu dans le vaccin expérimental ne peut pas provoquer l'infection d'un individu vacciné.

Le candidat vaccin distille le matériel génétique d'Ebola dans les cellules humaines, mais ne le réplique pas. Au contraire, il permet aux cellules du receveur de vaccin d'exprimer une protéine et cette protéine provoque une réponse immunitaire chez l'individu.

Début août, le comité d'éthique de l'Organisation Mondiale de la Santé avait autorisé l'utilisation du ZMapp, un traitement expérimental prometteur, mais très difficile à produire en quantité.
Des doses de ce traitement, qui a été administré au personnel médical en Afrique de l'Ouest, se sont, depuis, épuisées.

Les livraisons de doses de vaccins devraient être limitées initialement. La campagne de vaccination portera en priorité sur les personnes les plus exposées au virus d'Ebola, notamment le personnel médical.

D'autres personnes à risque, notamment les proches des personnes infectées, ainsi que les membres des services affectés aux funérailles des personnes ayant succombé au virus Ebola, sont considérées comme prioritaires.
 

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