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Les larves de moustiques rencontrent moins de concurrence lorsque la population est moins importante.
  • 10% de moustiques font échouer les initiatives pour leur éradication

Les larves de moustiques rencontrent moins de concurrence lorsque la population est moins importante.
Crédit image: Flickr/US Army Africa

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[DAR ES SALAM] D'après une étude, il pourrait être impossible d'éradiquer le paludisme en contrôlant les moustiques à moins que des programmes de contrôle tiennent compte du fait que la reproduction des moustiques s'accélère lorsque leur nombre diminue.

Selon Gerry Killeen, chercheur à l'Ifakara Health Institute, les moustiquaires imprégnées d'insecticide ont réduit le nombre de moustiques de 90 pour cent dans les pays tels que la Tanzanie.

Il a précisé qu'il est toutefois probable qu'il s'agisse du résultat maximum pouvant être obtenu avec ces moustiquaires, en ajoutant que les dix derniers pour cent pourraient être aussi difficiles à éliminer que les premiers 90 pour cent, étant donné que les moustiques sont plus vigoureux s'ils sont moins nombreux.

En menant des recherches sur le terrain en Tanzanie, avec l'aide de collègues australiens et britanniques, G. Killeen a constaté que plus le nombre de moustiques diminuait, plus leur capacité à se reproduire rapidement augmentait.

Les larves de moustiques rencontrent moins de concurrence lorsque la taille de la population est petite, ce qui permet à chaque moustique de se développer davantage et, donc, d'avoir une taille plus importante tout en devenant également plus fertile.

“Si on empêche les moustiques de se nourrir de sang sur une personne infectée ou de transmettre le parasite (...) cela permettrait de réduire considérablement les risques de transmission.”

Nick Brown, chef d'équipe au National Malaria Control Program, Tanzanie

Selon G. Killeen, ces résultats renforcent le besoin de reconnaître les limites des méthodes actuelles de contrôle.

G. Killeen a indiqué à SciDev.Net que "les chercheurs et ceux qui œuvrent sur le terrain, doivent commencer à travailler sur l'éradication des moustiques tueurs qui s'alimentent ou se reposent à l'extérieur ou mieux, sur la manière de les éliminer dans les sites de reproduction aquatique d'où ils proviennent".

La plupart de ces stratégies complémentaires visant à compléter les moustiquaires imprégnées d'insecticide pour contrôler les moustiques, ont été créées par de jeunes inventeurs africains, a-t-il déclaré en ajoutant que l'Ifakara Health Institute travaillait actuellement sur une suite de cette étude.

G. Killeen a toutefois signalé que leur article s'appliquait uniquement au dernier effort réalisé pour éliminer les moustiques ; les méthodes de contrôle conventionnelles telles que les moustiquaires imprégnées d'insecticide sont en effet essentielles pour réduire, en premier lieu, le nombre.

"Cette étude a peu d'influence sur les priorités et les stratégies de mise en œuvre immédiate de moustiquaires imprégnées d'insecticide, ou de pulvérisation permanente en intérieur ; celles-ci sont extrêmement efficaces, elles ont permis d'obtenir d'énormes résultats et elles demeureront une priorité pendant toutes les années à venir", a-t-il déclaré.

Nick Brown, chef d'équipe au National Malaria Control Program, en Tanzanie, a indiqué que l'objectif clé de la lutte contre le paludisme, et de son éradication, devrait être de réduire, puis de stopper, la transmission du parasite plutôt que d'éliminer le vecteur.

"Si on empêche les moustiques de se nourrir de sang sur une personne infectée ou de transmettre le parasite, étant donné que la plupart des personnes sont protégées par des moustiquaires, cela permettrait de réduire considérablement les risques de transmission", a-t-il déclaré.

Cette étude a été publiée au début du mois (9 mars) dans les Proceedings of the Royal Society B.

Lien vers l'article complet publié dans les Proceedings of the Royal Society B (En anglais)


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