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  • Ouganda: Les élections ont porté un coup dur aux défenseurs de la science

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[KAMPALA] Plusieurs parlementaires les plus favorables à la science ont perdu leur siège lors des élections législatives qui se sont tenues le mois dernier (18 février).

Dix parlementaires, tous scientifiques de formation, ont perdu leur siège. Ils avaient joué un véritable rôle pour influencer la politique et lʹattribution de financements à la recherche scientifique, au développement de laboratoires, ainsi quʹau renforcement de la capacité dans le domaine de la santé, de lʹagriculture, de lʹenvironnement de lʹindustrie mais aussi des technologies dʹinformation et de communication.

Certains dʹentre eux faisaient partie du projet de jumelage scientifique des parlementaires, soutenu par la Royal Society britannique et par le Bureau parlementaire britannique pour les Sciences et la technologie, géré par lʹAcadémie nationale des sciences ougandaise.

Lʹentomologiste Maurice Ogenga Latigo, qui était jusque-là président du House Committee on Science and Technology, et Charles Ngabirano, un des membres du premier comité national ougandais pour la biosécurité, font partie des pertes importantes de cette élection, qui a vu le rétablissement de celui qui occupe depuis longtemps la fonction de Président, Yoweri Museveni, et de son parti National Resistance Movement. Y Museveni est au pouvoir depuis 25 ans.

"Cʹest une perte importante pour le [développement de la science en Ouganda]", a déclaré Julius Ecuru, Secrétaire exécutif adjoint à lʹUganda National Council for Science and Development.

"Un financement de 30 millions de dollars américains (23 millions dʹeuros) pour la Millennium Science Initiative [fondée par la Banque mondiale pour soutenir le développement scientifique dans le pays] a été approuvé en 2007 par le parlement sortant, qui a également validé deux nouvelles politiques, à savoir Science, Technologie et Innovation (STI) ainsi que la Biotechnologie et la biosécurité nationales, en 2008".

"En 2009, la STI a constitué une partie importante du nouveau Plan décennal pour le développement national, et les problèmes ayant été identifiés par la STI ont représenté des domaines clés nécessitant des financements supplémentaires dans les deux derniers budgets nationaux (2008–9 et 2009–10)", a-t-il déclaré.

Le Secrétaire exécutif de lʹAcadémie, Paul Nampala, a cependant déclaré que ces pertes ne les avaient pas pris au dépourvu. "Nous maintenons que cʹest notre devoir, à nous scientifiques et à nos défenseurs, de plaider auprès de nʹimporte quel parlementaire afin quʹil défende nos intérêts", a-t-il déclaré.

Selon P. Nampala, de nombreux parlementaires étaient jumelés avec des scientifiques pour que les parlementaires puissent mieux comprendre les difficultés scientifiques et technologiques, mais dʹautres seront recrutés et un nouveau jumelage sera créé.

Arthur Makara, responsable en chef de la Science Foundation for Livelihoods and Development de lʹOuganda, a indiqué que les nouveaux parlementaires devraient être courtisés suffisamment tôt pour quʹils constituent de meilleurs ambassadeurs, tant en nombre quʹen qualité, pour la législature.

Charles Mugoya, gérant du programme pour la biodiversité agricole et les biotechnologies pour lʹAssociation for Strengthening Agricultural Research in Eastern and Central Africa (ASARECA), située en Ouganda, a déclaré à SciDev.Net : "La tendance est à peu près la même dans la région : peu de scientifiques siègent au parlement. Les partenaires de lʹOuganda à lʹASARECA, voire la Communauté dʹAfrique de lʹEst, ne sont pas mieux lotis en termes de nombre de parlementaires étant également des scientifiques".

Selon lui, si le fait dʹavoir plusieurs parlementaires scientifiques est un avantage supplémentaire pour nʹimporte quel pays, la question encore plus importante est que les gouvernements comprennent clairement le rôle puissant que la science et la technologie peuvent jouer pour propulser les sociétés bien en avant.

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